Troisième défaite en cinq matches, une attaque stérile et une défense friable: l’ESS s’enfonce dans le doute. Au-delà du résultat, les choix de Cristian Bracconi et l’incapacité de son équipe à corriger ses lacunes soulèvent de sérieuses interrogations.
La Presse — Il y a des défaites qui laissent des regrets, et d’autres qui suscitent de véritables inquiétudes.Celle concédée par l’Étoile du Sahel avant-hier appartient à cette seconde catégorie. Malgré une certaine domination territoriale et plusieurs occasions franches, les Etoilés ont manqué de réalisme, de lucidité dans le dernier geste et de maîtrise dans les moments décisifs.
Le scénario est révélateur : un but encaissé trop tôt, une réaction insuffisante et des occasions mal exploitées. Un poteau, une barre et un but refusé à juste titre pour hors-jeu et un penalty non sifflé en seconde période auraient pu modifier le cours de la rencontre, mais ils ne sauraient masquer les insuffisances. Les transmissions approximatives, les centres imprécis et la précipitation dans la finition ont considérablement réduit les chances de revenir au score.
Plus préoccupante encore, la seconde période n’a pas été celle de la révolte attendue. Loin de hausser le rythme et de désorganiser le bloc adverse, l’ESS a multiplié les initiatives prévisibles, sans parvenir à trouver la bonne combinaison ni le bon geste juste.
Des fragilités qui s’accumulent
La défaite met également en lumière les limites physiques et défensives du groupe. En fin de match, plusieurs joueurs ont paru lessivés, laissant planer des interrogations sur la capacité de l’équipe à soutenir ses efforts sur toute la durée d’une rencontre. À l’arrière, les lacunes dans le marquage et les hésitations individuelles continuent de coûter cher.
L’habitude d’encaisser le premier but, y compris à domicile, devient particulièrement préoccupante: elle oblige l’équipe à courir après le score et accentue la pression sur une attaque déjà en difficulté. Les choix de Cristian Bracconi alimentent, eux aussi, le débat.
Le technicien a reconduit pratiquement le même onze, avec Senghor comme principal changement. Cette stabilité peut favoriser les automatismes, mais elle perd de sa pertinence lorsque les résultats ne suivent pas et que les mêmes insuffisances persistent. Le moment n’est-il pas venu de bousculer la hiérarchie et d’explorer d’autres solutions ?
Bracconi face à ses responsabilités
Avec trois défaites en cinq rencontres, la position de Cristian Bracconi apparaît fragilisée. À l’issue du match, l’entraîneur n’a pas caché sa déception, reconnaissant que son équipe était passée à côté de ses objectifs : « Je suis dans la grande désillusion, l’énorme déception », a-t-il confié, allant jusqu’à admettre que ses joueurs avaient été « très mauvais ».
Il a notamment relevé les insuffisances dans la construction du jeu et la finition. Le technicien a également évoqué la malchance, avec un poteau et une barre touchés au cours de la même action. Mais si ces circonstances ont pesé sur le résultat, elles n’expliquent pas à elles seules les difficultés d’une équipe qui peine à imposer un jeu cohérent.
Où va l’Étoile ?
Le public étoilé, qui a soutenu son équipe jusqu’au coup de sifflet final, est en droit d’attendre davantage. Au-delà des résultats, c’est la capacité du club à retrouver une direction claire qui est désormais en question. L’ESS doit renouer avec ses fondamentaux : une défense mieux organisée, une circulation de balle plus fluide et une attaque capable de transformer ses temps forts en buts. Il lui faut aussi retrouver cette force de caractère qui permet de réagir lorsque le match échappe à son contrôle.
La saison est encore longue, mais le crédit s’amenuise. Les explications ne suffiront plus : des réponses concrètes sont attendues sur le terrain, et la responsabilité du staff est pleinement engagée. Pour l’Étoile, l’urgence n’est pas seulement de gagner le prochain match, mais de retrouver une identité de jeu et des raisons d’espérer.



