Changements climatiques : L’AFD et l’OSS pour une valorisation et un partage des solutions réussies
L’Agence française de développement (AFD) et l’Observatoire du Sahara et du Sahel (OSS), dont le siège est basé à Tunis, ont scellé, hier, un nouveau partenariat pour la lutte contre les effets négatifs des changements climatiques, notamment en matière de ressources hydriques et de conservation des sols.
La Presse — La convention, d’un montant de 150 mille euros couvrant une période de 18 mois, a été signée par Nabil Ben Khatra, secrétaire exécutif de l’OSS, Anne Guéguen, ambassadrice de France à Tunis, et Christophe Cottet, directeur de l’AFD Tunis.
Selon les explications données à cette occasion, de nombreuses solutions ont été développées par les populations du pourtour méditerranéen, afin de «faire face à la rareté de l’eau, aux sécheresses, à la dégradation des sols et à la fragilisation des systèmes agricoles». Aussi, des savoirs et des pratiques agricoles avaient été transférés de génération en génération, mais dont certains ont été rompus ou abandonnés avec le temps ou par l’effet de la modernité.
Or les nouveaux phénomènes climatiques qui touchent toute la planète ont motivé le besoin de trouver des solutions nouvelles, pas forcément technologiques, qui avaient montré leurs preuves dans les régions arides ou semi-arides nord-africaines.
Les différentes expériences, solutions, pratiques, etc. «seront étudiées par des experts et confrontées à la science pour les conforter ou les améliorer ou encore les corriger, afin d’inspirer les décideurs de mettre en place des politiques publiques permettant de résoudre des problèmes émergents propres à chaque région ou population…», a expliqué Nabil Ben Khatra dans une déclaration aux médias.
Plusieurs mécanismes sont alors prévus pour transmettre l’information jusqu’à l’agriculteur, notamment à travers les plateformes numériques ou des événements sectoriels organisés avec la société civile et le public cible.
La portée de cette transmission n’est pas uniquement en directions des pays d’Afrique du nord ou du Sahel, a affirmé l’ambassadrice de France à Tunis. Il est également prévu que les expériences réussies inspirent les pays de la rive nord de la Méditerranée, car les effets des changements climatiques ne concernent pas uniquement les pays du sud, mais également l’Europe qui devient de plus en plus exposée à des cycles de sécheresse et de fortes chaleurs au cours des dernières années.
Ce nouveau partenariat sera mis en œuvre par l’OSS dans le cadre du programme AdaptAction-Acamed, cofinancé par l’AFD et l’Union européenne. Il marque une nouvelle étape de coopération, selon le directeur de l’AFD-Tunis.
En effet, «il y a 20 ans d’historique de coopération entre l’AFD et l’OSS», a-t-il rappelé. Le nouveau projet, qui s’inscrit dans la continuité de l’engagement français dans la région, «traite des problématiques communes et partagées qui deviennent de plus en plus importantes à la fois au nord et au sud de la Méditerranée».
«Des enjeux d’adaptation des eaux et des sols aux changements climatiques sont vrais aujourd’hui et seront encore plus vrais demain», a-t-il expliqué, exprimant le souhait de poursuivre cette coopération à l’avenir et considérant que le fait d’avoir le siège de l’OSS à Tunis constitue une «chance rare» qui couvre l’Afrique du nord et le Sahel pour travailler sur des questions essentielles pour l’avenir commun autour de la Méditerranée.



