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Fête de l’évacuation : La mémoire d’un combat, l’exigence d’une souveraineté 

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  • 14 octobre 2026
  • 4 min de lecture
Fête de l’évacuation : La mémoire d’un combat, l’exigence d’une souveraineté 

Demain, la Tunisie fêtera le 63e anniversaire de l’Évacuation, une date historique qui marque le départ des dernières troupes françaises de la base de Bizerte et l’achèvement de la souveraineté nationale. Cette commémoration ravive le souvenir des sacrifices consentis par les martyrs de la bataille de Bizerte et rappelle l’attachement du peuple tunisien à l’indépendance et à la défense de la patrie. Plus de six décennies après, l’esprit de l’Évacuation demeure un symbole de dignité, de résistance et de fidélité à l’État national.

La Presse — Il faut raconter à nos enfants qu’il y a soixante-trois ans, très précisément le 15 octobre 1963, les derniers soldats français quittaient la base navale de Bizerte, contraints de s’en aller, mettant fin à la présence militaire étrangère sur le sol tunisien. Cette date, inscrite parmi les grandes fêtes nationales, marque l’aboutissement de la souveraineté pleine et entière de la Tunisie, sept ans après l’indépendance proclamée en 1956.

Il faut aussi leur raconter l’abnégation et la bravoure des soldats tunisiens, jeunes et moins jeunes,  de tous ceux qui ont payé de leur sang la liberté du pays. L’Histoire n’est pas qu’un souvenir. Elle sert à comprendre et à mesurer le prix de ce que l’on possède et à transmettre aux générations futures le devoir de le préserver. 

L’inscription gravée sur le monument du cimetière des martyrs de Bizerte fait état de 630 morts lors des affrontements, militaires, civils et volontaires confondus. Sans compter les milliers de blessés. Face à ce bilan, la communauté internationale s’est soulevée un jour et l’Organisation des Nations unies a été saisie, alors même que le général de Gaulle, président de la République française, s’accrochait à la base militaire de Bizerte, qu’il a jugée « indispensable à la France pour assurer la défense de la Méditerranée ». Mais la pression diplomatique, relayée par la détermination du président Habib Bourguiba, finit par ouvrir la voie à des négociations, puis au départ des troupes françaises.

L’année dernière, présidant à Bizerte la cérémonie du 62e anniversaire de la fête de l’Évacuation, le Chef de l’État, Kaïs Saïed, a assuré, dans une vidéo diffusée sur la page Facebook de la présidence, que le peuple tunisien « restera un rempart face à quiconque tente de s’attaquer à l’État ». C’est que les colons ont changé de stratégie, et leurs sbires sont prêts à brader leur pays à n’importe quel prix. 

Lors d’une rencontre avec de hauts responsables militaires, en marge des commémorations, le Chef de l’État a placé l’édification de la « nouvelle Tunisie » sous le signe de la fidélité aux sacrifices des martyrs et des blessés. Il a ajouté que “les héros qui ont versé leur sang pour le pays ne seront jamais oubliés”. 

La fête de l’Évacuation n’est pas qu’une date inscrite au calendrier, c’est une page fondatrice de l’Histoire de la Tunisie, celle où un jeune État, encore mal équipé, a tenu tête à une armée de profession et aguerrie pour obtenir la souveraineté pleine et entière de son territoire.

Nos enfants et nos jeunes doivent apprendre à l’école ce que signifie cette fête, et s’inspirer de la lutte de nos martyrs pour défendre le pays et lui exprimer fidélité et allégeance.  En 2020 déjà, le Président Kaïs Saïed appelait à enseigner de nouveau la bataille de Bizerte, en incluant les jours qui l’ont précédée et suivie.

Ibn Khaldoun l’écrivait déjà dans sa «Muqaddima» : “L’histoire, en apparence, n’est qu’un récit des événements, en profondeur, elle est réflexion et recherche de la vérité”. Derrière la date du 15 octobre 1963, il y a donc des leçons à tirer, le prix de la souveraineté, le courage de ceux qui l’ont défendue et le devoir de la préserver.

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Auteur

Samir DRIDI

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