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Transport : Le privé accélère, le public fait du surplace

  • 15 octobre 2026
  • 6 min de lecture
Transport : Le privé accélère, le public fait du surplace

Le réseau de transport du secteur privé se consolide chaque jour un peu plus. L’offre se diversifie. Tout est fait pour adapter ce secteur à la conjoncture. Le nombre de taxis individuels ou collectifs augmente sans discontinuer avec la délivrance de plusieurs nouvelles licences d’exploitation.

De son côté, le transport rural essaye de tirer son épingle du jeu malgré les contraintes administratives. Quant au transport privé par bus, il continue son petit bonhomme de chemin. En vérité, il ne s’adresse qu’à un public restreint et bien ciblé en raison des tarifs ou des destinations desservies.

De leur côté, les transporteurs clandestins évoluent dans les zones désertées par les moyens réglementaires ou qui sont très insuffisamment reliées par les transports réguliers. De même, ils profitent de la forte demande découlant de la défaillance du transport public dans de nombreuses zones.

La Presse — Toutefois, si on regarde bien la situation, le pays serait envahi par des milliers de moyens de transport privé appartenant à différents modes. Tout contribue à les encourager. 

Déjà, on compterait plus de 30.000 taxis individuels dont plus du tiers exercerait dans le Grand Tunis. Les taxis collectifs, quant à eux, seraient plus de 2.000. On parle même d’un chiffre de très loin plus élevé. 

Il n’y a qu’à voir la série interminable de ces véhicules sur nos routes pour comprendre qu’il y a une montée en flèche  fort impressionnante.

Les clandestins ne sont pas en reste. Même s’il n’y a pas de données précises les concernant, on parie qu’ils se taillent une bonne part du gâteau.

Qu’on le veuille ou non, ces moyens se sont rendus, souvent, indispensables et contribuent à aider les Tunisiens à surmonter leurs problèmes de déplacement. Et ce n’est pas sans “perdre des plumes”.

En face, nous trouvons devant nous un secteur public qui se débat dans des difficultés de plus en plus complexes dont il n’arrive pas à se sortir. 

À maintes reprises, les usagers de ce secteur ont eu de sérieux espoirs de voir le bout du tunnel mais rien n’y fait. Déçus pour la énième fois, ils ne tiennent plus pour argent comptant les multiples promesses qu’on leur fait.

Certes, ils ont noté l’arrivée massive et inédite de nouveaux bus.

On ne cesse de leur répéter que la qualité des prestations et les fréquences vont s’améliorer. D’ailleurs, une promesse officielle a été faite dans ce sens le 25 janvier 2025. Selon cette promesse, des assurances ont été données concernant, justement, les rotations des bus ou des métros.

L’attente ne dépassera plus la quinzaine de minutes ! Ceci grâce à un travail soutenu de maintenance et de réhabilitation de plusieurs rames de métro et de bus. La date de concrétisation de ces promesses a été largement dépassée. Un an après, les clients de l’opérateur de transport ne voient rien venir.

D’aucuns assurent que les conditions empirent.

Pourtant, on sait tous qu’au niveau du matériel roulant, les nouvelles acquisitions sont bien là, par centaines. Mais, malheureusement, pour des raisons inconnues, tout semble bloqué.

C’est à peine si on annonce, par-ci par-là, le lancement d’une nouvelle ligne de bus. Mais ce n’est qu’une simple formalité qui ne résout aucun problème puisqu’il ne s’agit que de lignes comprenant un nombre de rotations réduit au minimum.

Or, tout le monde n’attend qu’une chose : que les responsables de la Transtu accélèrent l’opération de recrutement pour trouver le personnel nécessaire qui devra prendre en charge les nouveaux véhicules. 

Les lourdes démarches administratives, comme chacun sait, sont à l’origine de tous les maux des citoyens. 

Manque d’effectifs 

En tout cas, nous nous sentons dans l’obligation de rappeler, encore une fois, qu’il y a d’autres issues et des voies à sonder. 

Nous avons déjà suggéré le recours aux heures supplémentaires pour les chauffeurs et receveurs en exercice. Cela se faisait auparavant. On sait, même, que les agents se bousculaient pour obtenir ce privilège. Pourquoi ne pas reconduire cette méthode en attendant de reconstituer le plein d’effectifs ? 

Il y a, aussi, les jeunes retraités qui sont prêts à reprendre du service et à redonner ce nouveau souffle dont la Société a tant besoin. Même si on reconnaît, du bout des lèvres, un sous-effectif en receveurs et en conducteurs (et dans d’autres postes), on a l’impression que rien de substantiel n’est fait pour reprendre les choses en main.

Tout fonctionne au ralenti sans qu’on prenne en compte l’urgence de sortir de l’impasse. Les usagers ne peuvent plus attendre que les innombrables promesses soient tenues et que le dépouillement des dossiers des 580 nouvelles recrues (dont 336 chauffeurs-receveurs) soit terminé. Les candidatures sont encore à l’étape des envois de dossiers ! Le dernier délai d’envoi est, d’ailleurs, fixé à ce 13 octobre 2026 ! Combien de mois faudra-t-il attendre encore pour combler le grave déficit en personnels ? Tout simplement: c’est trop lent. 

En matière de promesses, justement, nous nous permettons de rappeler les Cmr importants tenus à La Kasbah. Des mesures concrètes avaient, alors, été prises allant dans le sens d’une véritable amélioration des conditions de transport et en particulier le transport terrestre.

Être réactif et créatif 

En outre, d’autres réunions ont eu lieu entre le ministre du Transport et les directeurs régionaux du transport (veille de la rentrée scolaire).

Au cours de ces séances de travail, de nombreuses mesures ont été prises : réhabilitation et maintenance de plusieurs dizaines de rames de métro et de bus, acquisitions futures d’autres matériels roulants, etc.

À franchement parler, il faut laisser de côté ces promesses qui mettront des années à se réaliser pour nous concentrer sur ce qui est immédiat.

Car ce que nous suggérons n’est pas nouveau. Il est appliqué dans de nombreux pays et donne des résultats satisfaisants tant pour les uns que pour les autres.

Est-ce difficile d’essayer ?

Si on cherche, vraiment, à sortir de la torpeur dans laquelle notre transporteur national est plongé, il n’y a qu’une seule issue : avoir un esprit inventif et une posture réactive.

Car, actuellement, tout laisse penser que la tendance est plutôt à l’encouragement du privé même si cela ne se fait pas de façon ouverte. Les lobbies (banques, leasing et autres) sont les premiers à en bénéficier grâce aux crédits à fort taux d’intérêt accordés aux acquéreurs de véhicules à usage professionnel comme les taxis collectifs ou individuels, les louages etc.

À quand va-t-on prolonger le calvaire de centaines de milliers de Tunisiens ?

Auteur

Amor CHRAIET

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