Le PAM réduit les aides humanitaires : Des milliers de Gazaouis confrontés à la famine
La bande de Gaza entre dans une phase plus complexe de sa crise humanitaire et économique, avec la décision du Programme alimentaire mondial (PAM) de réduire l’aide fournie à environ 500.000 Palestiniens.
La Presse — La mesure prise par le PAM menace d’aggraver l’insécurité alimentaire et de diminuer le pouvoir d’achat des familles, au milieu de l’effondrement des sources de revenus et de la pression continue sur les marchés locaux. Dans ce contexte, l’économiste Palestinien Ahmed Abou Qamar a mis en garde contre les conséquences de la réduction de l’aide humanitaire, et ses répercussions sur la sécurité alimentaire, la consommation et l’activité commerciale, alors que la majorité des familles de la bande assiégée dépendent de l’aide pour subvenir à leurs besoins essentiels.
Abu Qamar a déclaré que la réduction de l’aide ne se limite pas à la diminution du soutien alimentaire, mais s’étend également aux niveaux de consommation et de demande sur les marchés locaux, ajoutant ainsi davantage de pression sur une économie déjà affaiblie par la guerre et dont les capacités de production ont été détruites.
Il a ajouté que le retrait pour un grand nombre de personnes de l’aide élargit l’écart entre les besoins fondamentaux et les ressources disponibles pour les familles palestiniennes, en particulier celles qui ont perdu leurs sources de revenus en raison de la guerre et de la destruction des activités économiques, ce qui les confronte à des choix de vie plus difficiles.
L’expert palestinien a expliqué que la dépendance d’environ 95 % des familles dans la bande de Gaza à l’aide fait que toute réduction de l’aide aura directement des impactes sur la sécurité alimentaire, poussant davantage de familles à réduire leur consommation ou à recourir à l’endettement pour assurer le minimum de leurs besoins quotidiens, dans un contexte de diminution des opportunités d’emploi et de ressources limitées.
Abou Qamar a ajouté que ces développements surviennent dans un contexte d’avertissements internationaux concernant l’aggravation de l’insécurité alimentaire si les conditions humanitaires ne s’améliorent pas et si l’approvisionnement en biens essentiels n’est pas garanti, soulignant que la répétition de la réduction des programmes d’aide sous prétexte de manque de financement soulève des questions sur la durabilité de la réponse humanitaire dans la bande de Gaza, dont les habitants dépendent en grande partie de l’aide extérieure.
L’expert en économie a souligné que la résolution de la crise ne se limite pas à augmenter le volume de l’aide, mais inclut également l’efficacité de sa gestion, la diversité des produits fournis et leur adéquation avec les besoins réels de la population, en précisant que l’injection de quantités limitées de produits, tels que la farine et les conserves, ne compense pas le manque de nourriture variée et équilibrée, et ne garantit pas la satisfaction des besoins alimentaires des familles.
Abou Qamar a souligné la nécessité de garantir le flux et la continuité de l’aide humanitaire, ainsi que de réactiver le rôle de l’Unrwa, d’améliorer la gestion des approvisionnements et d’élargir leur diversité, afin d’assurer que la nourriture parvienne à ceux qui en ont besoin et de contribuer à limiter la détérioration des conditions de vie.
(d’après le Centre Palestinien d’Information)



