Sécurité alimentaire et changements climatiques : Traduire les résultats de recherches en actions
L’Institut national des grandes cultures organise les 21 et 22 octobre à Tunis un séminaire national sur les résultats des études réalisées au cours des dernières années et lance un débat national sur les effets des changements climatiques sur la sécurité alimentaire. Comment traduire les résultats des recherches scientifiques en actions concrètes sur le terrain était la problématique centrale de l’événement associant de nombreux acteurs impliqués, dont des chercheurs, des universitaires, des agriculteurs, des représentants des autorités et des structures d’appui, etc.
La Presse — La saison céréalière écoulée a permis de récolter quelque 11 millions de quintaux, ce qui n’est pas mal comme récolte, «mais on aurait pu mieux faire», a déclaré Radhouane Nsiri, chef de département à l’Institut national des grandes cultures (Ingc), à l’occasion d’un séminaire national sur «la sécurité alimentaire et les changements climatiques» (21-22 octobre), pointant des perturbations climatiques, mais aussi des insuffisances techniques en rapport avec l’utilisation des fertilisants et des pesticides.
En termes de précipitations, la saison écoulée était relativement bonne sur l’ensemble du pays. Toutefois, des épisodes de sécheresse ont été enregistrés dans certaines zones semi-arides et semi-humides, où les récoltes étaient en deçà des prévisions. «C’est ce qui explique en partie le manque à gagner au niveau de la productivité par rapport aux prévisions», a indiqué Radhouane Nsiri, dans une déclaration aux médias, soulignant l’importance de la science dans l’exercice de l’activité agricole.
Le séminaire, qui rassemble pendant deux jours des experts, des universitaires, des agriculteurs, des décideurs, etc., a focalisé au cours de sa première journée sur l’importance de traduire les résultats de la recherche scientifique dans le domaine agricole en actions concrètes sur le terrain, afin d’atténuer les effets des changements climatiques sur la production agricole et, partant, sur la sécurité alimentaire à long termes.
«Au niveau scientifique, notre pays est très en avance (12e mondial)», s’est félicité Mondher Ben Salem, directeur de l’Institut national de la recherche agronomique de Tunisie.
Cependant, a-t-il nuancé, «ce qui nous manque, c’est de traduire la science en plans d’action bénéfiques pour le secteur agricole et l’amélioration des conditions de vie des agriculteurs, tous secteurs confondus».
«La recherche scientifique et l’innovation technologique constituent la locomotive de modernisation de l’agriculture en Tunisie (c’est également vrai pour l’industrie, le tourisme et d’autre domaines). Et c’est ce qui nous permettra également de réaliser l’autosuffisance et la souveraineté agricole», a-t-il insisté, expliquant la nuance des concepts entre «sécurité alimentaire» et «souveraineté agricole».
«Demain, même si vous avez assez d’argent, vous ne pourriez éventuellement pas acheter ce que vous voulez, compte tenu du contexte international», a-t-il prévenu, appelant à miser sur la production nationale et l’implication de tous les intervenants…
«Associer tous les intervenants pour valoriser les résultats des recherches et les traduire en actions concrètes, dans une logique de compter-sur-soi avec ses propres moyens», a-t-il conclu.
Les changements climatiques ont des effets sur la gestion et le cycle de l’eau, sur les sols, sur les semences, ainsi que sur les pratiques agricoles. Aussi, les perturbations géopolitiques ont des incidences sur le coût du transport, les matières premières et la régularité de l’approvisionnement.
Les organisateurs du séminaire national sont ainsi d’accord que les objectifs nationaux devraient être actualisés en fonction du nouveau contexte.
Un débat national sur la question démarre aujourd’hui et devrait aboutir à l’élaboration de nouvelles «orientations» et à l’identification de solutions en mesure de façonner la production agricole, la sécurité alimentaire et même la vie des humains…



