Vols, problèmes de sûreté, saletés, odeurs nauséabondes, monticules d’immondices jonchent parfois les allées, déchets dégradables à la base de la prolifération des mouches, etc. On ne compte plus les problèmes auxquels font face les riverains et les commerçants du marché municipal de Nabeul. Comment lutter efficacement contre ce phénomène ? Toute la question est là…
La Presse — Début octobre 2026, plusieurs commerçants propriétaires de locaux et d’étals fixes dans le marché municipal de Nabeul ont signalé des cambriolages et des vols visant leurs boutiques. Au dernières nouvelles, un suspect a été interpellé par la police et deux autres sont encore recherchés.
Toutefois, une ambiance d’insécurité continue de terroriser les commerçants, notamment les victimes qui attendent des dédommagements pour leurs pertes et surtout un engagements appuyé de la part de la municipalitéé de Nabeul pour renforcer la sécurité de ses bâtiments contres les intrusions nocturnes et les cambriolages.
« Jusqu’à maintenant, à part ma voisine qui a récupéré un seul flacon de miel volé, nous n’avons pas récupéré nos marchandises qui se chiffrent à des milliers de dinars », souligne Mme Samar Bayoudh-Laribi, propriétaire des locaux numéros 4-5 à l’intérieur du marché municipal. « Les autorités locales nous ont promis d’augmenter le nombre d’agents de sécurité. D’ailleurs, la secrétaire générale chargée de la gestion des affaires de la Municipalité de Nabeul nous a promis d’affecter deux agents de sécurité et quatre chiens de garde. Deux semaines après le drame, on attend toujours que sa promesse soit tenue », ajoute-t-elle.
Si ce fait divers a enflammé les réseaux socionumériques avec l’émoi et l’effarement des victimes, d’autres problèmes d’ordre environnemental, voire écologique font tache d’huile dans ce lieu de vie.
Saletés et odeurs nauséabondes
La saleté à l’extérieur et à l’intérieur du marché pose de graves problèmes sanitaires. Les accumulations de déchets, de salissures et d’écorchures du quotidien favorisent, non seulement la prolifération de vecteurs de maladies, mais aussi dégradent les denrées alimentaires et nuisent au commerce local. La décomposition des déchets organiques dégage des odeurs nauséabondes qui détériorent le cadre de vie des riverains et des usagers.
« Tout le monde est conscient, y compris les agents municipaux. Même l’opération de grand nettoyage du marché mise en place le samedi dernier — 10 octobre — était de la poudre aux yeux », fait savoir Mounir Belhamed. « À quoi sert une telle opération? Ok, ils ont invité les bénévoles de la société civile (boys scouts, associations, etc.) et les élus locaux. Et ils ont mobilisé des camions et des agents municipaux pour peindre les trottoirs et nettoyer dans un souk en pleine effervescence. Et après? Rien n’a changé. Le marché est toujours sale et infecte », renchérit-il.
Et pas que ! L’extension anarchique des étals dans le souk, en plein air, bloque les voies d’accès, complique la circulation des piétons et paralyse le travail des services de nettoyage.
Par ailleurs, la vente de denrées alimentaires à même le sol ou près des immondices souille la marchandise et accélère sa perte.
« La municipalité avec l’appui des élus locaux et des forces vives de la cité de Nabeul ont déjà effectué une opération pour lutter contre les étals anarchiques et la salenté. Malheureusement, ce genre d’action requiert des efforts réguliers impliquant non seulement la police et les agents municipaux, mais aussi une conscience citoyenne et un engagement de tous les intervenants, notamment les commerçants et les citoyens », déclare Me Ahmed Garali, élu de la circonscription « Néapolis » au sein du Conseil national des régions et des districts.
Un avis partagé par le sous-directeur à la tête du département des espaces verts dans la mairie de Nabeul, Mourad Jazi : « Nous œuvrons pour renforcer le ramassage quotidien des ordures et imposer des horaires stricts de nettoyage. »
Malgré les efforts déployés et les promesses faites par les responsables locaux, les riverains et les commerçants restent pessimistes, voire insatisfaits.
« Nous payons à la municipalité un loyer mensuel très exorbitant. Et pourtant, il n’y a ni toilettes publiques ni agents pour veiller à l’hygiène du marché », claironne Mme Fehria. « Nous sommes livrés à nous-mêmes, notamment les riverains et les commerçants dont les commerces sont proches du marché au poisson. Entre la puanteur du poisson pourri et les déchets jonchant les allées, aucun touriste ou client n’acceptera de déjeuner ou de s’attarder dans un endroit insalubre. Nous vivons l’enfer au quotidien ! », conclut-elle.



