À 21 ans seulement, le chanteur et multi‑instrumentiste Dhiaeddine Maknine s’impose comme l’une des voix les plus prometteuses du patrimoine musical tunisien. Entre distinctions nationales, engagements pédagogiques et une prestation triomphale à Bizerte, il incarne une génération qui conjugue fidélité et renouvellement.
Un parcours précoce et prometteur
Né le 12 novembre 2005 à Bizerte, Dhiaeddine Maknine s’impose déjà comme l’une des figures montantes du chant tunisien. À seulement 21 ans, il conjugue une maîtrise vocale remarquable avec une connaissance approfondie des modes et des répertoires du malouf. Sa singularité réside dans sa polyvalence : chanteur mais aussi instrumentiste accompli, il pratique l’oud (le luth) tunisien, le rabab, la kammanja (le violon) , le piano, le târ et la darbouka. Cette palette lui confère une approche globale, reliant l’interprétation vocale à une compréhension intime des structures musicales.
Distinctions et engagements
Le jeune artiste a déjà été distingué à plusieurs reprises : prix du meilleur spectacle au Festival international de Testour (septembre 2026) et prix du jury au Festival des Tbou’ de Sousse la même année. Ses prestations dépassent le cadre national, puisqu’il a représenté l’oud tunisien au Festival international de Bruxelles en 2021. En parallèle, il s’investit dans la transmission : fondateur du Club des Amis de l’Art tunisien à Bizerte, il encadre ateliers et répétitions en partenariat avec l’Association de sauvegarde de la médina de Bizerte, contribuant à former une nouvelle génération de musiciens.
Une soirée triomphale à Bizerte
Vendredi 23 octobre, sur la scène du complexe culturel Cheikh Driss, Dhiaeddine Maknine a offert un concert de chant et de malouf intitulé « chajan » dans le cadre de lka manifestation musicale « Octobre du patrimoine, octobre du malouf ». La soirée fut marquée par une intensité rare : la voix du jeune chanteur, souple et puissante, a su épouser les inflexions du répertoire arabo‑andalou avec une justesse qui a captivé l’auditoire. Chaque modulation semblait ouvrir un espace de mémoire et de modernité, reliant tradition et renouvellement. Le public, connaisseur et exigeant, a réservé un accueil triomphal, saluant une performance qui a dépassé l’attente et confirmé l’émergence d’un talent singulier.
Entre tradition et renouvellement
Dhiaeddine Maknine incarne une génération qui refuse de réduire le malouf à une simple conservation patrimoniale. Son approche conjugue fidélité aux racines et ouverture vers des formes nouvelles, dans une démarche qui vise à inscrire le patrimoine musical tunisien dans une dynamique vivante. À travers ses concerts, ses distinctions et son engagement pédagogique, il s’affirme comme l’un des jeunes artisans d’un avenir où le malouf demeure une musique de transmission et de rayonnement.



