Ligue des champions – L’EST qualifiée à la phase de groupes : Ténacité payante…
crédit photo : © Mokhtar HMIMA
Les « Sang et Or » y ont cru jusqu’au bout. Leur volonté farouche, celle de Béchir Ben Saïd en particulier, s’est avérée payante aux tirs au but.
La Presse — La soirée a été particulièrement longue, samedi, sur les gradins de l’Olympique de Radès où les supporters « sang et or » ont dû retenir leur souffle jusqu’au dernier tir au but réussi de Adem Alilet.
Sur les gradins, le suspense a été le maître mot et pour cause : sur le terrain, les joueurs ont dû cravacher dur pour se qualifier à la phase de groupes de la Ligue des champions au détriment des Libyens d’Asswehly. Après avoir concédé une courte défaite au match aller à Misrata, les « Sang et Or » ont gagné le match retour sur le score (1-0). Il fallait donc recourir à la séance des tirs au but pour se départager. Là encore, le suspense s’est poursuivi jusqu’au bout.
Des débuts pourtant prometteurs
Après la mésaventure du match aller, ponctuée par une courte défaite à Misrata, Pablo Franco et ses hommes voulaient en découdre au plus vite au match retour. Sans round d’observation, ils sont entrés dans le vif du sujet, opérant avec un pressing très haut. Le résultat ne s’est pas fait attendre : suite à un corner, Imad Faraj, revigoré, reprend face au portier d’Asswehly, Mouad Mansouri, resté figé.
Une ouverture très tôt du score, précisément à la 7’, censée faciliter énormément la tâche aux Espérantistes. Sauf que les défenseurs d’Asswehly se sont pris au joueur le plus rapide et le plus dangereux, Abdramane Konaté, qui n’a pas résisté au deuxième fauchage, pour quitter le terrain à la 27’, remplacé par Hamza Rafia.
Or, ce dernier, non seulement n’a pas le même profil, mais il est également en baisse de forme ces derniers temps. Lourd, Hamza Rafia a considérablement ralenti la transition du ballon. Du coup, l’attaque espérantiste a beaucoup perdu de sa verve.
Le ratage monstre de Mastouri
Et comme si cela ne suffisait pas, Hamza Mastouri rate une grosse opportunité de doubler la mise à la 43’ en tirant à côté alors qu’il a été royalement servi par Lucas Ribeiro qui, après avoir été servi de la gauche par Nidhal Laifi, s’infiltre rapidement dans la surface de réparation, dribble au passage les défenseurs axiaux adverses, avant de livrer un joli assist à Mastouri. Ce dernier n’avait qu’à terminer le travail d’une simple pichenette. A la place, il a tiré à côté.
Béchir Ben Saïd, l’homme du match
S’il y a un joueur auquel on doit attribuer le trophée de l’homme du match, c’est bel et bien Béchir Ben Saïd. Il a été par excellence le dernier grand rempart, tenace jusqu’au bout, lors des séances de tirs au but notamment.
Il a d’abord arrêté le premier tir de Ayoub Ayed. Sauf que Hamza Rafia, méconnaissable, rate le troisième penalty en tirant au-dessus. Heureusement que, derrière lui, Noureddine Glib a raté son tir de la même façon. Et c’est là que Ben Saïd intervient de nouveau en s’interposant au quatrième tir de Lameck Banda. Adem Alilet tranche en réussissant le quatrième penalty.
A la fin du match, l’homme du match n’a pas caché sa joie, mais sans s’attribuer tous les mérites : « Nous sommes fiers d’avoir arraché la qualification au bout de deux manches difficiles, mais nous sommes d’autant plus fiers du soutien de notre merveilleux public qui nous a poussé tout au long de cette manche retour sans relâche. Cette qualification, dans la douleur, nous permet d’apprendre de nos erreurs et de continuer à travailler dans la sérénité pour la suite de l’aventure africaine ».
Soulagé, Pablo Franco a remercié à son tour le public, tout en dévoilant l’ambiance de Radès comme il l’a ressenti : « Je tiens à remercier nos supporters. On m’avait maintes fois vanté la magie de Radès, la fidélité et la ferveur de ce public. Aujourd’hui, je l’ai éprouvée pour la première fois dans ma chair. Ils ont été déterminants dans notre performance comme dans notre qualification. Nous jouons pour eux, et les voir célébrer ainsi au coup de sifflet final est plus que suffisant pour nous tous. Félicitations à eux », et le technicien espagnol poursuit : « Nous avons affronté un adversaire véritablement coriace, tant sur le terrain qu’en dehors. Le travail accompli par les joueurs, le staff technique, l’administration et l’ensemble du club, est en train de tout transformer. L’équipe traversait une période difficile ; aujourd’hui, nous la ranimons. Cela ne relève pas seulement du footballistique, mais aussi du mental et de l’ambiance. Nous nous sommes qualifiés aux tirs au but, alors que nous aurions dû l’être bien plus tôt. Nous avons dominé de bout en bout, nous avons été les seuls à nous créer des occasions, et nous n’avons concédé aucun tir cadré de toute la rencontre.
Il nous manque encore de la continuité dans ce que nous entreprenons : nous alternons des moments de football brillants et d’autres où nous ne parvenons pas à maintenir le même rythme ni la même intensité. Cela viendra avec les semaines et le travail ».



