Tunisie : 12 millions de mots de passe exposés aux risques du dark web
Les failles de sécurité ayant affecté simultanément les langages de programmation PHP et Node.js au cours du mois d’octobre mettent en évidence les risques auxquels sont exposés les sites web et les infrastructures numériques. Selon l’expert en cybersécurité Oussama Lassissi, ces vulnérabilités peuvent permettre à des pirates informatiques de prendre le contrôle total des sites ciblés.
Intervenant lundi 26 octobre 2026 dans une émission radiophonique, l’expert a rappelé que PHP est utilisé par plus de 70 % des sites web dans le monde. Il a souligné que la correction de ces failles peut s’avérer complexe et nécessiter la mise à jour des sites concernés, voire leur désactivation temporaire.
Oussama Lassissi a également indiqué que les outils d’intelligence artificielle avaient contribué à la détection de ces vulnérabilités, illustrant le rôle croissant de ces technologies dans le domaine de la cybersécurité.
L’expert a, par ailleurs, appelé les particuliers et les entreprises à renforcer leurs pratiques de sécurité numérique. Parmi les principales mesures préconisées figurent la mise à jour régulière des ordinateurs et des sites web, l’installation de logiciels antivirus, la vérification de l’origine des courriels et la protection des données personnelles.
Il a également déconseillé l’enregistrement des mots de passe dans les navigateurs Internet. Selon ses déclarations, quelque 50 milliards de mots de passe circuleraient sur le dark web à la fin du mois d’octobre 2026, contre 32 milliards l’année précédente. Il a en outre fait état d’environ 12 millions de mots de passe associés à des utilisateurs tunisiens recensés en 2025.
Les PME parmi les cibles exposées
Les risques liés aux cyberattaques concernent notamment les particuliers, les sites vitrines des entreprises, les plateformes de commerce électronique ainsi que les petites et moyennes entreprises (PME), a précisé l’expert.
Il a rappelé que les conflits contemporains comportent désormais une dimension cybernétique importante, évoquant notamment le virus Stuxnet, associé aux attaques informatiques contre le programme nucléaire iranien révélées en 2010, ainsi que des incidents liés à des perturbations de réseaux électriques et à des systèmes industriels.
Enfin, Oussama Lassissi a salué la rapidité d’intervention et les mesures prises par l’Agence nationale de la cybersécurité en Tunisie. Il a réaffirmé sa disponibilité à accompagner les entreprises tunisiennes dans la sécurisation de leurs infrastructures numériques et le renforcement de leur protection contre les cybermenaces.



