Nouvelle session parlementaire 2026-2027 : Quelle marge de manœuvre ?
La nouvelle session parlementaire 2026-2027, qui s’ouvre aujourd’hui au Palais du Bardo, est particulièrement chargée de défis et de contraintes, au regard du contexte international doublement affecté par les bouleversements géostratégiques et les aléas climatiques, mais aussi compte tenu des fragilités intérieures au niveau économique et social, qu’il s’agisse de la maîtrise du déficit budgétaire et commercial, de la réduction de l’inflation et du chômage ou encore des ambitions de résilience et de relance, en vue de retrouver les niveaux d’antan de croissance et de prospérité.
La Presse — L’ordre du jour de la plénière de ce mardi ne comprend que trois points, selon une publication sur son site de l’Assemblée des représentants du peuple (ARP), à savoir l’ouverture de la session 2026-2027, la prestation de serment d’un nouveau député et l’examen d’un projet de loi portant régularisation de puits agricoles creusés sans autorisation.
Toutefois, les commissions parlementaires ont déjà commencé leur marathon budgétaire avec l’examen de la mouture soumise par l’exécutif et dont les grandes lignes ont déjà commencé à émettre des échos dans les médias et sur les réseaux sociaux. Deux réunions importantes sont programmées courant cette semaine : mercredi avec le ministre de l’Economie et de la Planification pour discuter du budget économique de 2027 et jeudi avec la ministre des Finances pour débattre du budget de l’Etat.
Une première réunion, mercredi 21 octobre, avait déjà permis d’annoncer la couleur des attentes évoquées par les représentants du peuple. Selon un communiqué officiel, disponible en ligne sur le site de l’ARP, l’autorité législative ainsi que la « fonction exécutive » consentent de ne pas exercer une pression fiscale supplémentaire en 2027 aussi bien sur les personnes physiques que sur les personnes morales. Les députés et le gouvernement conviennent aussi de la nécessité de mobiliser les ressources requises pour booster l’investissement, améliorer le climat des affaires et encourager l’initiative économique…
Ce sont au fait des vœux pieux répétés à chaque discussion budgétaire, indépendamment des contraintes propres à chaque exercice.
Sinon, pour ce qui est du budget 2027, beaucoup d’interrogations tournent autour de la stratégie de l’Etat à atteindre les objectifs économiques et sociaux dans un contexte de flambée des prix de l’énergie, actuellement aux alentours de 110 dollars le baril. L’on s’interroge également sur le taux de réalisation et le bouclage de l’exercice 2026 qui avait été établi sur la base d’un baril à 63 dollars, alors que les cours ont rapidement augmenté dès le mois de mars dernier, suite au déclenchement de la guerre en Iran. Pourquoi n’a-t-on pas procédé jusqu’ici à l’adoption d’un budget et d’une loi de finances complémentaires ? Jusqu’où le contribuable serait-il en mesure de couvrir le déficit énergétique ? Jusqu’où l’Etat pourrait-il continuer dans la politique de subventions ?
Ce sont, entre autres, des questions fréquemment posées…
Pour 2027 également, une grande attente est exprimée çà et là sur la stratégie du gouvernement pour éviter les pénuries des denrées de consommation, le délestage électrique, les coupures d’eau potable, etc. Ce, aux côtés, évidemment, des objectifs relatifs à la souveraineté agricole, à l’emploi des jeunes et à l’amélioration des prestations sociales en termes de santé et d’éducation…
D’autres chantiers en souffrance pendant plusieurs années devraient refaire surface à l’occasion des débats budgétaires et même après, à l’instar de la réforme du Code de change, des réformes structurelles et de la restructuration des entreprises publiques. Les caisses sociales en particulier devraient susciter l’intérêt dans la mesure où elles avaient fait l’objet d’une promesse d’un projet de refonte en fonction de l’évolution économique et sociale du pays, mais aussi en fonction de leurs difficultés financières et des changements démographiques observés en Tunisie. Or 2026 se termine et toujours pas de projet dans ce sens.
Cela étant, peut-on s’attendre à des miracles en 2027 ? Même si les guerres en Ukraine et au Moyen-Orient prennent fin, une inflation importée semble inévitable pour retrouver la stabilité d’avant-guerre et l’on ne serait pas exempt, selon plusieurs avis, de redoubler d’effort et d’espérer !



