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Tunisie–ONU : Le nouveau cadre de coopération 2027-2031 s’aligne sur les priorités de développement national

  • 27 octobre 2026
  • 6 min de lecture
Tunisie–ONU : Le nouveau cadre de coopération 2027-2031 s’aligne sur les priorités de développement national

La coopération entre la Tunisie et les différents programmes et organismes onusiens sous le système des Nations unies entre dans une nouvelle étape, alors que les défis mondiaux, notamment sur les plans social et économique, revêtent des dimensions différentes par rapport aux décennies précédentes et nécessitent de nouvelles réponses aux nouveaux besoins locaux de développement. En effet, les deux parties s’apprêtent à signer un nouveau cadre de coopération pour la période 2027-2031. Cette future coopération sera centrée sur le capital humain et l’inclusion sociale, la transformation économique et l’emploi décent, outre la transition écologique et la sécurité des ressources, et ce, en corrélation avec les priorités du Plan de développement national 2026-2030.

La Presse — Le ministère des Affaires étrangères, de la Migration et des Tunisiens à l’étranger a organisé hier à l’Académie diplomatique internationale de Tunis et à l’occasion de la célébration de l’UN Day en Tunisie, une Journée de travail dédiée à la présentation de ce cadre et à la mobilisation des partenariats et des financements nécessaires à sa mise en œuvre. La réunion a vu la présence d’une pléiade de représentants des pays donateurs et des institutions financières internationales. La commémoration de la Journée des Nations unies coïncide, cette année, avec le 81e anniversaire de la création de l’ONU et le 70e anniversaire de l’adhésion de la Tunisie à l’organisation.

Le ministre des Affaires étrangères, de la Migration et des Tunisiens à l’étranger, Mohamed Ali Nafti, a, lors de son discours, réaffirmé l’attachement indéfectible de la Tunisie à l’ONU, aux principes de sa Charte ainsi que son engagement en faveur du multilatéralisme, du dialogue et de la coopération entre les nations, à un moment où le monde est confronté à des défis de plus en plus complexes, qui appellent des réponses collectives, concertées et fondées sur la solidarité internationale et la responsabilité partagée.

Le chef de la diplomatie tunisienne a, également, souligné que la Tunisie est convaincue que l’efficacité et la pertinence des Nations unies passent par une réforme globale et équilibrée de ses organes, et plus généralement du système multilatéral. Cette réforme doit mieux refléter les réalités du monde contemporain et, surtout, restaurer la confiance des nations et des peuples dans le multilatéralisme. « Le rétablissement de cette confiance se mesure aussi dans la capacité de l’ONU à apporter des réponses concrètes aux aspirations des peuples, réduire les inégalités, préserver la dignité humaine et créer les conditions d’un développement plus juste, plus inclusif et plus durable », a-t-il indiqué.

Les concertations entre les parties tunisienne et onusienne ont, d’après Nafti, permis de définir trois priorités stratégiques majeures pour le nouveau cadre de coopération, à savoir le capital humain et l’inclusion sociale, la transformation économique inclusive et la création d’emplois décents ainsi que la transition écologique, la résilience et la sécurité des ressources.

Pour mettre en œuvre ces orientations, la Tunisie préconise, selon Nafti, une mise en œuvre intégrée afin de dépasser la fragmentation sectorielle au profit d’interventions coordonnées garantissant un impact durable.

La Tunisie appelle aussi à repenser les mécanismes de mobilisation et d’optimisation des ressources, face à un contexte international marqué par le resserrement des ressources concessionnelles et l’exacerbation des contraintes économiques et climatiques, a-t-il encore affirmé.

Nafti a, par ailleurs, mis l’accent sur l’importance de l’initiative née des concertations entre les deux parties et visant à mettre en place un pôle de financement du développement, placé sous pilotage national, en partenariat avec le système des Nations unies. Ce pôle aura pour objectif de rapprocher les priorités nationales des opportunités de financement publiques et privées, tout en favorisant le montage de projets structurants à grande échelle.

Pour sa part, la coordonnatrice résidente des Nations unies en Tunisie, Rana Taha, a réitéré l’engagement de l’ONU à renforcer la cohérence, l’efficacité et la transparence de ses programmes afin de catalyser un changement transformateur. La réussite de cette ambition repose toutefois, selon elle, sur des partenariats solides réunissant soutien politique, plaidoyer, financements et investissements collectifs.

Priorités nationales en matière de développement

Le nouveau cadre de coopération entre la Tunisie et l’Organisation des Nations unies, pour la période 2027-2031, repose sur une parfaite concordance avec les priorités stratégiques du pays, a déclaré, hier, le ministre de l’Economie et de la Planification, Samir Abdelhafidh.

Il a indiqué que le nouveau cadre est conçu pour confirmer la position du système onusien comme partenaire stratégique du développement économique et social du pays. Ce dispositif, qui sera prochainement signé, s’aligne étroitement sur les orientations du plan de développement national 2026-2030, qui a été élaboré pour la première fois selon une approche ascendante, a encore rappelé le ministre.

Ce plan s’articule autour de cinq axes fondamentaux. Il s’agit du développement social équitable et inclusif (renforcement du capital humain, promotion du travail décent, autonomisation des jeunes, cohésion familiale et accès au logement), du développement territorial équilibré (capacité renforcée des territoires à dynamiser leur développement, justice sociale et résilience face aux défis climatiques) et de la modernisation du tissu économique et des infrastructures (réhabilitation des secteurs productifs, soutien aux filières d’avenir et impulsion de l’investissement via l’amélioration du climat des affaires). Il s’agit, également, de la sécurité alimentaire, hydrique et énergétique (gestion durable des ressources et respect du droit constitutionnel à un environnement sain) et de la modernisation institutionnelle et administrative (réformes législatives, gouvernance des entreprises publiques et amélioration de la performance administrative).

Abdelhafidh a, en outre, souligné que le nouveau cadre de coopération avec les Nations unies s’inscrit dans la continuité de 7 décennies de partenariat et fait suite aux interventions menées dans des secteurs clés directement liés au quotidien des citoyens, tels que l’éducation, la santé, l’emploi, la protection sociale et l’autonomisation de la femme, tout en répondant aux enjeux environnementaux et climatiques émergents.

Plaidant pour la mise en place d’un dispositif de suivi et d’évaluation de la mise en œuvre de ce cadre, le ministre a aussi souligné l’importance des partenariats multilatéraux et bilatéraux dans la concrétisation de ses orientations.

Auteur

Nizar Hajbi

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