Valorisation agricole
A chaque fois qu’on parle d’agriculture et de sécurité alimentaire, notamment dans les discours conventionnels, on a droit, généralement, aux mêmes exigences : productivité, diversification de l’offre, commercialisation intelligente et prospection. Rarement la recherche scientifique, le développement ou encore les technologies de pointe. On dirait que ces éléments sont de simples options ou encore des pistes tout à fait ordinaires, alors qu’ils sont les socles mêmes de toute performance durable.
On a tendance à oublier, en effet, que sans la science et la recherche, tous les paramètres traditionnels s’essoufflent rapidement face aux changements climatiques, de plus en plus fréquents, à l’effondrement spectaculaire de la biodiversité et à l’épuisement des ressources, réellement menaçant.
Tous les agronomes et les structures internationales spécialisées conviennent que « face aux nouvelles transformations, le modèle agricole productiviste a atteint ses limites structurelles et environnementales». D’où le besoin d’un nouveau système, car il n’est plus question de produire toujours plus, mais plutôt de produire mieux et durablement. Et tous les pays sont désormais concernés par cette nouvelle réalité.
Nos agronomes reconnaissent, justement, que « l’usage intensif des intrants chimiques a fini par dégrader la qualité des sols, détruire le microbiome terrestre, pour rendre, ainsi, les terres moins fertiles».
En outre, la dépendance hydrique excessive avec des moyennes de consommation dépassant les 70% des prélèvements mondiaux d’eau douce est devenue une pratique totalement insoutenable si l’on veut réellement éviter le stress hydrique.
Ainsi, pour mieux s’adapter à cette situation, notre agriculture doit opérer une réinvention en profondeur en passant d’une logique de quantité à une logique de résilience.
Cette réinvention devrait miser, d’abord, sur l’agro-écologie et la régénération des sols, qui se positionnent comme des approches fondamentales pour la restauration de la vie biologique et l’amélioration de la structure de la terre.
Cette transformation doit reposer, ensuite, sur l’efficience technologique, essentielle pour mesure les besoins réels de notre agriculture en eau, notamment ce qui permettrait d’éviter les gaspillages.
Et notre pays est en mesure de relever un tel défi, surtout qu’il est, de l’avis de tous les observateurs, très avancé en matière scientifique. L’essentiel serait, donc, de valoriser les différents résultats de nos recherches, traduire l’effort scientifique national en actions concrètes et en pratiques agricoles stratégiques.
Un défi qui repose, lui-même, sur l’instauration d’un système national de vulgarisation efficace et la mobilisation de structures d’appui bien outillées en moyens logistiques pour pouvoir diffuser efficacement les nouvelles pratiques scientifiques.
Ce qui est encore important, également, c’est de soutenir encore plus le partenariat public-privé pour disposer des moyens financiers nécessaires à la transformation des résultats de la recherche en produits commercialisables. Autant, donc, de dispositions fondamentales pour la valorisation de notre offre agricole et l’élargissement du niveau de sécurité alimentaire.



