Culture

Halim Karabibene  à la Galerie A. Gorgi:  « Cosmose », le retour d’un imaginaire en mouvement

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  • 29 octobre 2026
  • 2 min de lecture
Halim Karabibene  à la Galerie A. Gorgi:  « Cosmose », le retour  d’un imaginaire en mouvement

Dix ans après sa dernière exposition personnelle en Tunisie, Halim Karabibene retrouve la scène artistique tunisienne avec «Cosmose», un ensemble d’œuvres réalisées à Berlin, où l’artiste vit et travaille depuis 2015 entre la capitale allemande et Bizerte. Un retour qui prend la forme d’une traversée entre mémoire, identité et invention.

La Presse — Loin de sa terre natale, mais toujours relié à ses paysages, à ses mythes et à ses héritages, Karabibene construit un univers où les références à la culture tunisienne se mêlent aux imaginaires contemporains. Des mosaïques romaines du musée du Bardo à la peinture populaire sous verre, des vestiges carthaginois aux figures de Tanit et aux éléphants d’Hannibal, le passé resurgit par fragments, non comme un patrimoine figé, mais comme une matière vivante, capable d’interroger le présent. Peintures, gravures et gouaches composent ainsi un monde foisonnant, à la frontière du surréalisme, de la satire politique et du théâtre de l’absurde. Figures masquées, architectures impossibles, escaliers, roues et personnages hybrides peuplent des scènes instables, où le grotesque côtoie le merveilleux et où l’ironie révèle les tensions souterraines de la société.

La couleur apporte à cet univers une dimension ludique, sans dissiper l’inquiétude qui le traverse. Chez Karabibene, le chaos n’est jamais gratuit. Il devient un langage plastique pour dire le désordre du monde, la fragilité des repères et les contradictions de l’existence. Nourrie aussi bien par les héritages modernistes et surréalistes que par des références à Gouider Triki, Bosch, Magritte, Chagall ou Bacon, son œuvre fait dialoguer les cultures et brouille les frontières entre rêve et cauchemar, intime et politique. Présenté dans plusieurs foires, musées et institutions internationales, notamment à l’Institut du monde arabe à Paris, à la Fondation Barjeel à Sharjah et dans le cadre de la Biennale de Dakar, le travail de l’artiste revient aujourd’hui en Tunisie avec une nouvelle cartographie imaginaire. Avec «Cosmose», Halim Karabibene ne cherche pas à renouer simplement avec ses origines : il les déplace, les transforme et les réinvente, faisant de la distance un espace de création et de la mémoire un territoire en perpétuel mouvement.

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Auteur

Asma DRISSI

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