Billet | Biennale des arts contemporains de Tunis: Malla Jaou !
La Presse —Ils sont venus, ils sont tous là, membres d’une communauté brillante, atypique, créative, exubérante et joyeuse. Venus des quatre coins du monde pour assister à la grande messe des arts que leur offre Lina Lazaar et son festival des arts contemporains, Jaou auquel elle a associé cette année le Centre d’Art Contemporain de Genève. Ils sont artistes visuels, performeurs, musiciens, danseurs, chercheurs, cinéastes, critiques d’art, ne ressemblent à personne, mais ont tous une étonnante familiarité pour un regard extérieur.
On avait choisi de les immerger au sein de la cité antique pour un baptême du feu, d’ouvrir les festivités à la caserne El Attarine, haut lieu de mémoire et de savoir, et de leur offrir un parcours initiatique dans la Médina.
Et puis, bien sûr, nous sommes en Tunisie, les inviter à partager le pain et le sel. Le monde entier, du moins celui des arts, et certainement celui des cinq continents, était réuni autour d’un dîner de bienvenue, convivial, bruyant, animé et joyeux.
A ma table, table Milliane, car ne l’oublions pas, le thème de ce festival étant «Becoming the ocean», la métaphore liquide s’imposait. A ma table donc, parfaite illustration géographique de cette universalité artistique, Cheb Mimo, jeune musicien tuniso-algérien, qui s’attache à remettre au goût et aux sonorités actuelles des musiques des années 70-80, un temps où il n’était pas né. Et qui rêve de pouvoir consulter les archives de la radio nationale. Puissent Dieu et la direction de notre radio exaucer ses vœux. Toujours à cette table, Elyas, Palestinien de Bethléem, fondateur d’une radio pirate suivie par des milliers d’auditeurs, dont particulièrement et curieusement de nombreux sud-Américains. Et puis Walter, critique d’art britannique, vivant à cheval entre Londres et Los Angeles, s’intéressant très exclusivement aux artistes ayant peint des couchers de soleil. On ne peut résister au désir de lui demander pourquoi les levers de soleil ne l’intéresseraient pas. Un deuxième Walter à notre table, allemand et calme, dirigeant un musée à Munich.
Et tant d’autres qui tous ont une histoire, un projet, des curiosités…
Mais la fête ne fait que commencer.
Quand je vous disais : Malla jaou !



