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Sommet Russie-Afrique : la Tunisie appelle à renforcer la paix et la sécurité pour garantir un développement durable du continent africain

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  • 29 octobre 2026
  • 12 min de lecture
Sommet Russie-Afrique : la Tunisie appelle à renforcer la paix et la sécurité pour garantir un développement durable du continent africain

La Cheffe du gouvernement, Sarra Zaafrani Zenzri, a affirmé, jeudi 29 octobre 2026, que la consolidation de la paix et de la sécurité constituait une condition fondamentale pour assurer le développement du continent africain.

La Cheffe du gouvernement a prononcé, ce jeudi 29 octobre 2026, l’allocution de la Tunisie à l’occasion de l’ouverture du troisième Sommet Russie-Afrique, organisé au Kremlin, à Moscou, sous la présidence du président de la Fédération de Russie, Vladimir Poutine, en présence du ministre des Affaires étrangères, de la Migration et des Tunisiens à l’étranger, Mohamed Ali Nafti, ainsi que de la délégation qui l’accompagne.

Au début de son intervention, Sarra Zaafrani Zenzri a transmis les salutations du président de la République, Kaïs Saïed, ainsi que ses vœux de réussite aux travaux du sommet. Elle a également remercié le président russe, Vladimir Poutine, pour l’organisation de cette rencontre et les efforts déployés afin d’en assurer le bon déroulement.

À cette occasion, elle a félicité la Fédération de Russie, ses dirigeants, son gouvernement et son peuple, à l’occasion du 70e anniversaire de l’établissement des relations diplomatiques entre la Tunisie et la Russie.

Elle a souligné que ces relations anciennes et profondément enracinées reposent sur des liens historiques, culturels et humains entre les deux peuples. Parmi les événements marquants de cette histoire commune, elle a notamment évoqué la commémoration, en octobre 1924 à Bizerte, du centenaire de la descente du pavillon de la flotte russe.

Depuis l’établissement des relations diplomatiques entre les deux pays, le 11 juillet 1956, quelques mois seulement après l’indépendance de la Tunisie, l’Union soviétique a joué un rôle important dans le soutien aux efforts de développement du pays, à travers la réalisation de nombreux projets scientifiques et économiques.

Cette coopération s’est notamment traduite par la formation de compétences tunisiennes dans le domaine de l’ingénierie, ainsi que par des partenariats fructueux dans le secteur de la santé et d’autres domaines stratégiques.

La Cheffe du gouvernement s’est félicitée du niveau atteint par les relations tuniso-russes, réaffirmant la volonté de la Tunisie de poursuivre leur développement sur la base des intérêts communs et du respect mutuel.

Une coopération renforcée face aux défis internationaux

Sarra Zaafrani Zenzri a estimé que ce sommet intervenait dans un contexte international particulièrement complexe, marqué par une accélération des crises, des tensions géopolitiques, des conflits armés et des perturbations économiques et énergétiques.

À ces défis s’ajoutent les menaces sanitaires et les risques liés aux changements climatiques, qui démontrent que les difficultés actuelles ne se limitent plus à des espaces géographiques déterminés, mais revêtent désormais une dimension internationale interdépendante.

Cette situation exige, selon elle, des approches globales et une solidarité internationale effective.

Elle a considéré que la volonté des parties africaine et russe d’organiser ce sommet témoignait de leur détermination renouvelée à renforcer la coopération, à consolider les acquis et à élargir les perspectives du partenariat.

La Cheffe du gouvernement a insisté sur la nécessité de traduire les engagements et les accords en réalisations concrètes, dans le cadre d’une vision commune de l’avenir et de mécanismes opérationnels efficaces.

Elle a précisé que la conception tunisienne de ce partenariat reposait sur la conviction que les défis auxquels l’Afrique est confrontée, du nord au sud, nécessitent un renforcement de la solidarité entre les États, une intensification des consultations et une amélioration des mécanismes de coopération.

L’objectif est de développer des partenariats pratiques et durables, capables de répondre aux priorités économiques, sociales et sécuritaires du continent.

Paix et sécurité : des conditions indispensables au développement africain

La Cheffe du gouvernement a affirmé que la consolidation de la paix et de la sécurité représentait une condition essentielle au développement de l’Afrique.

Elle a souligné que la prévention des conflits demeurait plus efficace et moins coûteuse que la gestion de leurs conséquences.

Dans cette perspective, elle a appelé à renforcer la diplomatie préventive et à soutenir les mécanismes de l’Union africaine consacrés à l’alerte précoce, à la médiation et au règlement pacifique des différends.

Elle a également mis l’accent sur l’importance de traiter les causes profondes des tensions, notamment la fragilité économique et sociale, la marginalisation et les déséquilibres de développement.

La Tunisie accorde, selon elle, une attention particulière au renforcement du rôle des institutions nationales et régionales dans la prévention et la gestion des crises avant leur aggravation.

Sarra Zaafrani Zenzri a réaffirmé sa conviction que les solutions africaines, fondées sur le dialogue, le consensus et le respect de la souveraineté et de l’intégrité territoriale des États, constituaient un fondement indispensable à l’instauration d’une paix durable.

Une telle approche permettrait au continent de consacrer davantage de ressources et d’efforts à la réalisation des aspirations de ses populations en matière de sécurité, de stabilité et de développement.

Sécurité alimentaire : renforcer les investissements agricoles et la gestion de l’eau

Abordant la question de la sécurité alimentaire, la Cheffe du gouvernement a indiqué qu’elle représentait l’un des principaux défis stratégiques auxquels l’Afrique devait faire face.

Cette situation résulte notamment des effets des changements climatiques, des fluctuations des marchés internationaux, des perturbations des chaînes d’approvisionnement et des pressions croissantes exercées sur les ressources naturelles.

Elle a appelé à développer la coopération dans les secteurs de l’agriculture et des industries agroalimentaires, à encourager les investissements dans la production agricole et à améliorer la gestion des ressources hydriques.

Elle a également insisté sur la nécessité de favoriser le transfert des connaissances et des technologies modernes, tout en développant les systèmes de stockage, de transformation et de distribution des produits alimentaires.

Santé : renforcer la souveraineté sanitaire africaine face aux épidémies

Concernant la sécurité sanitaire, considérée comme une composante essentielle de la sécurité humaine et du développement économique et social, la Cheffe du gouvernement a souligné l’importance de renforcer les capacités des systèmes de santé africains en matière de prévention et de réponse aux crises.

Elle a plaidé pour une coopération régionale plus étroite afin de faire face aux menaces sanitaires et de limiter les conséquences des épidémies transfrontalières, notamment celle d’Ebola, qu’elle a présentée comme une menace pour l’Afrique et le reste du monde.

Dans ce cadre, elle a appelé à intensifier les échanges d’expertises et de compétences, à développer la coopération scientifique et la formation médicale, ainsi qu’à renforcer les capacités africaines de production de médicaments, de vaccins et de dispositifs médicaux.

Elle a également insisté sur l’importance des systèmes de surveillance épidémiologique et d’alerte précoce, afin de consolider la souveraineté sanitaire du continent et de permettre aux pays africains de répondre collectivement aux urgences sanitaires.

Énergie et climat : pour une transition juste et adaptée aux réalités africaines

La Cheffe du gouvernement a renouvelé l’appel de la Tunisie à renforcer la coopération dans le secteur énergétique, notamment à travers la promotion des investissements conjoints dans les infrastructures, l’échange d’expertises technologiques et l’amélioration de l’efficacité énergétique.

Elle a également plaidé pour le soutien à l’innovation et la facilitation du financement des projets énergétiques, afin d’élargir l’accès à une énergie moderne, fiable et financièrement accessible à tous.

Cette démarche doit, selon elle, reposer sur les principes de justice et d’équité, sans lesquels aucune stabilité durable ne peut être garantie à l’échelle internationale.

Elle a souligné l’importance d’une transition énergétique juste, tenant compte des spécificités des pays africains et de leurs priorités de développement.

La Cheffe du gouvernement a ainsi appelé à doter l’Afrique des moyens et des ressources nécessaires pour développer des modèles énergétiques plus durables, capables de répondre aux besoins de ses populations.

S’agissant des changements climatiques, elle a rappelé qu’ils constituaient un défi commun à l’humanité, alors même que les pays africains contribuent relativement peu aux émissions mondiales de gaz à effet de serre.

Elle a appelé à renforcer les capacités d’adaptation du continent, à mobiliser les financements nécessaires et à faciliter l’accès aux technologies et au transfert des connaissances.

La coopération climatique doit ainsi devenir un levier de développement, un moyen de renforcer la résilience des sociétés africaines et un instrument de protection des droits des générations futures.

Jeunesse africaine : investir dans l’éducation, la formation et l’emploi

Sarra Zaafrani Zenzri a affirmé que la jeunesse africaine représentait, grâce à son potentiel et à ses compétences, le principal moteur du changement positif.

Cette dynamique suppose toutefois de garantir aux jeunes un accès à une éducation de qualité, à une formation adaptée, à l’intégration économique et à des perspectives d’emploi leur permettant de vivre dignement.

Elle a insisté sur la nécessité d’investir dans la réforme des systèmes éducatifs, d’accompagner les évolutions technologiques rapides, d’en garantir l’accessibilité et de promouvoir la justice sociale ainsi qu’un développement inclusif.

Dans ce contexte, elle a salué le contenu du Plan d’action du partenariat Russie-Afrique pour la période 2027-2029.

Ce programme définit des objectifs concrets et réalisables dans plusieurs domaines, notamment le commerce, l’économie, les investissements, la santé, l’énergie, les ressources naturelles, les technologies, l’économie numérique, l’éducation et la culture.

La Cheffe du gouvernement a souligné que la réalisation de ces objectifs nécessitait l’adoption de programmes opérationnels précis.

Elle a rappelé que les pays africains disposaient des compétences humaines nécessaires pour assurer la mise en œuvre de ces programmes au cours de la période concernée.

Elle a, à cet égard, confirmé la disponibilité de la Tunisie à contribuer activement à l’exécution des différents axes du plan, en mobilisant ses expertises et ses ressources humaines.

Elle s’est déclarée convaincue que les potentialités du partenariat russo-africain, associées à la volonté politique et à l’engagement des deux parties, permettraient de réussir ce programme et de porter la coopération à des niveaux plus efficaces et durables.

La Tunisie appelle à une réforme profonde des Nations unies

Dans un autre volet de son intervention, la Cheffe du gouvernement a affirmé que l’attachement de la Tunisie à la coopération internationale et au multilatéralisme ne constituait pas un choix circonstanciel, mais s’inscrivait dans la continuité de son combat historique pour la libération nationale et la pleine souveraineté.

Elle a estimé que le monde traversait aujourd’hui une période charnière, marquée par une crise de confiance et un recul sans précédent de l’efficacité et de la crédibilité du système international de paix et de sécurité.

Selon elle, les décisions internationales sont désormais entravées par des calculs géopolitiques étroits, tandis que les règles du droit international font l’objet d’une application sélective, fondée sur une politique de deux poids, deux mesures.

Elle a dénoncé, à cet égard, l’incapacité des Nations unies à mettre fin à ce qu’elle a qualifié d’injustice historique et de génocide subi par le peuple palestinien, ainsi qu’à faire cesser les politiques de colonisation et de privation alimentaire.

La Cheffe du gouvernement a considéré que cette situation constituait une violation flagrante de la légalité internationale et révélait un dysfonctionnement structurel menaçant les fondements mêmes du système de sécurité collective.

Elle a affirmé que la paix et la sécurité ne pouvaient être instaurées par l’imposition de rapports de force, mais exigeaient un véritable rétablissement de la justice et de l’équité, ainsi qu’un engagement sincère en faveur des principes et objectifs inscrits dans la Charte des Nations unies.

Dans cette perspective, elle a réaffirmé la nécessité d’engager rapidement une réforme globale et profonde de l’Organisation des Nations unies.

Cette réforme devrait tenir compte des transformations du monde contemporain, restaurer la crédibilité de l’action collective et favoriser l’émergence d’un ordre international plus juste, plus équitable et plus équilibré.

Elle devrait également garantir une représentation équitable du continent africain et des pays en développement au sein des instances internationales.

« Des solutions africaines aux problèmes africains »

La Cheffe du gouvernement a réaffirmé l’attachement constant de la Tunisie au principe des « solutions africaines aux problèmes africains ».

Ce principe vise à permettre aux États et aux peuples du continent de s’approprier pleinement les processus de règlement de leurs crises, dans le cadre de partenariats internationaux équilibrés.

Ces partenariats doivent être fondés sur l’égalité, le respect mutuel, la préservation de l’indépendance des décisions nationales et la complémentarité entre les impératifs de sécurité et de développement.

En conclusion de son intervention, Sarra Zaafrani Zenzri a souhaité plein succès aux travaux du troisième Sommet Russie-Afrique.

Elle a exprimé l’espoir que les résultats de cette rencontre contribuent à instaurer un partenariat efficace, équilibré et durable, répondant aux besoins et aux priorités du continent africain.

Elle a également appelé à la mise en place des cadres et des mécanismes nécessaires pour consolider la coopération entre la Russie et l’Afrique, à court comme à long terme.

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La Presse

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