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Forum international sur la finance climatique pour une agriculture tunisienne résiliente au climat : Transformer les défis environnementaux en opportunités économiques

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  • 30 octobre 2026
  • 6 min de lecture
Forum international sur la finance climatique pour une agriculture tunisienne résiliente au climat : Transformer les défis environnementaux en opportunités économiques

La Presse — Le financement climatique et l’investissement durable constituent des leviers essentiels pour renforcer la résilience de l’agriculture tunisienne. C’est dans ce contexte que s’inscrit le présent forum organisé dans le cadre de la seizième édition du Salon international de l’investissement agricole et de la technologie (Siat 2026), à l’initiative de l’Agence de promotion des investissements agricoles (Apia), sous le slogan : « Investissons dans une agriculture adaptée et intelligente pour construire notre souveraineté alimentaire ».

Ce slogan traduit la volonté de la Tunisie de promouvoir un secteur agricole plus résilient face aux changements climatiques, plus efficace dans la gestion et l’utilisation des ressources naturelles, et mieux à même de garantir la sécurité alimentaire et de consolider la souveraineté alimentaire nationale.

Lors de son intervention, Ezzeddine Ben Cheikh, ministre de l’Agriculture, des Ressources hydriques et de la Pêche maritime, a souligné l’importance stratégique du financement climatique pour la Tunisie, confrontée à des défis croissants liés aux sécheresses, à la raréfaction des ressources en eau, à la hausse des températures et à la dégradation des sols. Ces phénomènes affectent directement la productivité agricole, les revenus des agriculteurs et la sécurité alimentaire. Selon les estimations de la Banque mondiale, la pénurie d’eau pourrait entraîner une baisse du PIB tunisien pouvant atteindre 6,4 % à l’horizon 2050, en l’absence de mesures d’adaptation adéquates.

Face à ces enjeux, le ministre a insisté sur la nécessité de promouvoir un nouveau modèle d’investissement agricole fondé sur l’adaptation au changement climatique, la gestion durable des ressources naturelles, l’innovation technologique et la viabilité économique. Il a notamment mis l’accent sur l’économie d’eau, le recours aux énergies renouvelables, la valorisation des eaux non conventionnelles, l’amélioration de la fertilité des sols, le développement de l’agriculture intelligente et la modernisation des chaînes de valeur agricoles.

Le ministre a également souligné le rôle essentiel du financement climatique dans la mobilisation des ressources nécessaires à cette transition. Selon la contribution déterminée au niveau national, les besoins de financement de la Tunisie sont estimés à environ 55 milliards de dollars pour la période 2026-2035, dont près de 29 milliards destinés à l’adaptation, comprenant 8 milliards pour l’agriculture et les systèmes alimentaires et 10,7 milliards pour le secteur de l’eau. Environ 74 % de ces financements devraient provenir de sources internationales, d’où l’importance de renforcer la coopération avec les fonds climatiques, les institutions financières internationales et les partenaires au développement, tout en encourageant l’investissement privé.

À cet égard, il a insisté sur la nécessité de faciliter l’accès aux financements et de transformer les ressources mobilisées en projets viables, réalisables et présentant un impact climatique mesurable. Cela implique notamment de diversifier les mécanismes de financement, de renforcer les partenariats public-privé et d’accompagner les agriculteurs et les investisseurs dans la préparation de projets répondant aux exigences des bailleurs de fonds.

Le ministre a par ailleurs mis en avant le rôle stratégique de l’Agence de promotion des investissements agricoles (Apia), dont l’accréditation auprès du Fonds vert pour le climat constitue, selon son intervention, un acquis important pour renforcer les capacités nationales de mobilisation des financements climatiques et soutenir les investissements agricoles durables. Cette avancée ouvre des perspectives pour développer des projets prioritaires, améliorer la gestion des ressources naturelles et élargir l’accès au financement au profit des agriculteurs, des jeunes, des femmes et des petits investisseurs, notamment dans les zones rurales.

Enfin, il a appelé à renforcer la coordination entre les institutions nationales, le secteur privé, les banques et les partenaires internationaux afin de développer un portefeuille de projets prioritaires et d’orienter les ressources vers les investissements à fort impact économique, social et environnemental.

En conclusion, Ezzeddine Ben Cheikh a affirmé que le financement climatique et l’investissement durable constituent des leviers essentiels pour renforcer la résilience de l’agriculture tunisienne, consolider la souveraineté alimentaire et promouvoir un développement équilibré et inclusif dans toutes les régions du pays.

L’Apia au service d’une agriculture résiliente et durable

De son côté, Mme Inji Doggui Hanini, directrice générale de l’Agence de promotion des investissements agricoles (Apia), a souligné que l’agriculture tunisienne est confrontée à des défis croissants liés aux changements climatiques et à la pression sur les ressources naturelles. Elle a mis en avant l’importance de ce forum, qui vise à mobiliser les acteurs de l’investissement agricole, du financement et de l’action climatique afin de transformer les défis climatiques en opportunités d’investissement durable. Elle a notamment insisté sur la nécessité de développer des projets agricoles résilients, fondés sur une gestion durable des ressources naturelles, l’innovation et la création de valeur ajoutée, en vue de renforcer la sécurité et la souveraineté alimentaires.

Mme Doggui Hanini a également souligné l’importance stratégique de l’accréditation de l’Apia auprès du Fonds vert pour le climat, qui ouvre de nouvelles perspectives pour mobiliser des financements climatiques internationaux et soutenir des projets en répondant aux priorités nationales, avec des résultats mesurables et un impact économique, environnemental et social positif.

Elle a rappelé que l’accès à ces financements nécessite une meilleure préparation des projets, des études techniques et économiques de qualité, ainsi qu’un accompagnement adapté des investisseurs. Dans ce cadre, l’Apia joue un rôle essentiel en matière d’information, d’orientation et d’assistance aux porteurs de projets, tout en favorisant la coopération avec les institutions financières, les centres de recherche, les structures techniques et les partenaires internationaux.

Enfin, elle a insisté sur la nécessité de renforcer la coordination entre les acteurs publics et privés, de rapprocher les mécanismes de financement des besoins des investisseurs et de faciliter l’accès aux financements et à l’accompagnement technique, notamment pour les petites et moyennes entreprises, les jeunes, les femmes et les petits producteurs dans les régions de l’intérieur et les zones rurales.

Elle a exprimé l’espoir que les travaux du forum déboucheront sur des recommandations concrètes et des partenariats efficaces, permettant de faire du financement climatique un levier majeur de l’investissement agricole durable, du renforcement de la résilience des territoires et de la consolidation de la souveraineté alimentaire de la Tunisie.

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Auteur

Sabrine AHMED

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