Lutte contre le décrochage scolaire : De la nécessité d’un travail en réseau
Le Président de la République a placé la lutte contre le décrochage scolaire au rang des priorités stratégiques. Il est, même, un fondement de sécurité nationale qui a besoin d’une action coordonnée et d’une implication élargie de tous les acteurs. Il s’agit, en plus clair, de tout un travail en réseau qui valorise aussi bien la prévention et la prise en charge que la réinsertion.
La Presse — La refonte du système éducatif national s’est érigée, au cours de ces dernières années, comme une priorité absolue. Et tous les regards se sont orientés, bien entendu, vers l’école, étant le fondement de tout parcours éducatif.
Et le souci était, donc, de doter rapidement notre école de tous les attributs de l’efficacité, de la flexibilité et de la modernisation. Des enjeux fondamentaux qui reposent, eux-mêmes, sur certains leviers prioritaires.
Il s’agit, surtout, de la valorisation de la qualité de la formation professionnelle en misant sur la relance des filières en bonne connexion avec les besoins du marché de l’emploi, l’amélioration du niveau d’attractivité auprès des élèves et la garantie d’un environnement scolaire saint, transparent et sécurisant.
Autant de défis que le Chef de l’Etat ne cesse de qualifier de stratégiques pour lutter contre le décrochage scolaire qui constitue une menace sérieuse avec des taux toujours assez élevés.
Pourtant, de multiples et importantes dispositions ont été entreprises à cet effet. On pense, en particulier, au lancement de l’école de la deuxième chance dédiée aux jeunes de 12 à 18 ans pour les aider à bénéficier, dans de bonnes conditions, d’une mise à niveau scolaire et de projets professionnels sur mesure.
Prévention précoce
D’autres passerelles ont été instaurées pour permettre aux jeunes ayant décroché de regagner rapidement le système d’éducation national sans contraintes administratives rigides ni blocage.
N’oublions pas que l’année scolaire 2026-2027, et comme on l’a déjà souligné dans ces mêmes colonnes, a été placée sous le signe de virage stratégique pour la garantie d’une sécurisation scolaire totale, à travers l’engagement d’une transformation profonde en mesure d’assurer une gouvernance éducative inclusive qui « défend les valeurs de la diversité et lutte contre toutes les formes de l’exclusion et milite pour l’adaptation de l’école, ses outils et ses programmes aux besoins spécifiques de chaque élève et de chaque catégorie » (La Presse du 18 août 2026).
D’ailleurs l’objectif prévu par nos premiers décideurs est de ramener, au terme de 2027, le taux de décrochage à 7%, pour le situer aux alentours de 5,8% en 2030.
Pour réussir cette transformation éducative ambitieuse, une enveloppe d’environ 717 millions de dinars serait mobilisée à cet effet.
Ce qui crédibilise encore plus ce projet de transformation, c’est le souci manifeste de tout mettre en œuvre pour prévenir le phénomène d’abandon scolaire et préparer des scénarios alternatifs bien à l’avance. Une disposition incontournable pour non seulement accélérer l’insertion, mais aussi la faciliter.
Une approche proactive qui suppose la consolidation des systèmes d’alerte précoce pour intervenir à temps, l’identification de pistes flexibles pour assurer rapidement des réorientations fluides vers des filières ou des parcours professionnels bien adaptés, la garantie d’un mécanisme d’accompagnement individualisé pour les profils à risque et l’instauration de partenariats économiques pour mieux s’adapter à la réalité du marché.
Cette approche proactive suppose également d’approfondir la culture de la coéducation en créant des liens solides entre les équipes éducatives et les parents pour améliorer le niveau de communication et la création d’une véritable culture d’échange. Il s’agit, somme toute, de tout un travail en réseau qui, une fois bien maîtrisé, ne manquerait pas de multiplier les chances aussi bien de prévention que de prise en charge.



