Economie

Tourisme : la Tunisie recule à la 82e place d’un classement mondial, son score restant stable

  • 30 octobre 2026
  • 3 min de lecture
Tourisme : la Tunisie recule à la 82e place d’un classement mondial, son score restant stable

Selon le Travel & Tourism Development Index 2026 du Forum économique mondial, le profil tunisien n’a pas progressé quand 101 des 110 économies couvertes ont amélioré le leur. Dans une note stratégique, l’IACE y voit un contraste entre des atouts touristiques réels et des conditions d’accès et de pilotage en retrait.

La Tunisie se classe 82e sur 110 économies dans l’édition 2026 du Travel & Tourism Development Index (TTDI), avec un score de 3,62 sur 7. Elle occupait la 78e place en 2024 et la 77e en 2019. Le score, lui, a peu bougé : 3,58 en 2019, 3,62 en 2024 puis 3,62 en 2026, soit une baisse de 0,2 % sur les deux dernières années. Le recul tient donc moins à une dégradation qu’à une progression insuffisante face aux autres pays, selon l’IACE.

L’indice ne mesure ni les arrivées, ni les recettes, ni les dépenses des touristes. Il évalue les facteurs et politiques qui conditionnent un développement durable et résilient du secteur. Le 82e rang ne signifie donc pas que la Tunisie occupe cette place en matière de fréquentation. Les séries historiques ont par ailleurs été recalculées selon la méthodologie 2026, et certains indicateurs reposent sur des données antérieures à mai 2026.

Entre 2024 et 2026, 92 % des économies ont amélioré leur score, au rythme moyen le plus rapide depuis 2019. La Tunisie figure parmi les neuf qui n’ont pas progressé.

Dans la région, elle se classe 10e sur 12 économies de la zone MENA, à 0,36 point de la moyenne régionale (3,98), comme en 2024. Parmi les quatre pays d’Afrique du Nord, elle reste troisième, derrière l’Égypte (3,97) et le Maroc (3,84), devant l’Algérie (3,52). C’est la dynamique qui la distingue : la moyenne MENA a progressé de 2,5 %. Le Maroc a gagné 5,5 % et sept places, l’Algérie 3,6 % et quatre places, l’Égypte 2,1 %, avec un recul de deux rangs. La Jordanie, plus proche de la trajectoire tunisienne, affiche +0,5 %. Sur 2019-2026, la hausse tunisienne (+1,1 %) est inférieure à celle de chacune des sept économies de comparaison retenues, de +3,4 % pour la Jordanie à +7,8 % pour l’Arabie saoudite. L’IACE appelle toutefois à la prudence : 0,45 point sépare le 63e rang du 89e, si bien que de faibles écarts de score déplacent sensiblement les places.

Le profil par pilier est contrasté. Les meilleurs scores concernent la compétitivité-prix (5,2), la sûreté et la sécurité (4,8) et la santé et l’hygiène (4,2), mais seule la compétitivité-prix dépasse la moyenne mondiale de son pilier. Les plus faibles touchent les infrastructures de transport aérien (2,2), les infrastructures terrestres et portuaires (2,5) et les ressources autres que de loisirs (2,5).

Face aux moyennes régionales, la Tunisie devance l’Afrique du Nord et la MENA sur les ressources culturelles (3,4 contre 2,76 et 2,25), les ressources naturelles (3,1 contre 2,42 et 2,03) et les services touristiques (3,3 contre 2,62 et 2,92). Elle est en retrait sur le transport aérien (2,2 contre 3,83 et 4,62), la préparation aux technologies de l’information (3,8 contre 4,47 et 5,33) et la priorisation du secteur (3,4 contre 4,82 et 4,47). Sa note de sécurité reste inférieure aux moyennes nord-africaine (5,87) et MENA (6,09).

Le score tunisien en transport aérien contraste avec la tendance mondiale : le pilier a progressé de 7,2 % en moyenne entre 2024 et 2026, avec une amélioration dans 92 % des économies. La Tunisie est passée de 2,3 à 2,2.

 

Auteur

S. M.

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