La manière dont les villes peuvent renouveler leurs espaces urbains existants tout en veillant à ce que cette transformation profite également aux populations qui y vivent déjà a été au centre de la Journée mondiale des villes, célébrée samedi dans la ville de Fuzhou, dans le sud-est de la Chine.
« La régénération a toujours fait partie de la dynamique qui permet à une ville de rester vivante. Mais elle ne consiste pas à remplacer l’ancien par le nouveau. La véritable question est de savoir si les conditions de vie des habitants s’améliorent », a déclaré Anacláudia Rossbach, directrice exécutive du Programme des Nations unies pour les établissements humains (ONU-Habitat).
« Plus d’un milliard de personnes vivent encore dans des quartiers informels et des bidonvilles, tandis que beaucoup d’autres subissent le poids du coût du logement, de la faiblesse des services publics et des effets grandissants du changement climatique », a-t-elle ajouté. « Notre mission n’est pas de tout réinventer, mais d’écouter, d’apprendre, d’investir dans les solutions qui fonctionnent et de placer les habitants de ces quartiers au cœur des décisions. »
Anacláudia Rossbach figurait parmi les nombreux participants à cette célébration organisée dans la capitale de la province du Fujian, autour du thème : « Régénérer la ville : un logement adéquat pour tous ».
L’événement a réuni des responsables gouvernementaux et différents acteurs du développement urbain afin d’examiner comment les villes peuvent s’appuyer sur la régénération urbaine pour améliorer les conditions de vie, répondre aux besoins en matière de logement et construire des communautés plus inclusives, résilientes et durables.
« Le renouvellement urbain ne doit jamais se réduire à un processus de gentrification qui entraîne le déplacement des populations vulnérables. Une véritable transformation urbaine doit être résolument centrée sur les personnes. Aucun individu, aucune famille, aucun enfant ni aucune personne âgée ne doit être laissé pour compte dans ce processus », a souligné Nga Kor Ming, ministre malaisien du Logement et des Collectivités locales et président de l’Assemblée d’ONU-Habitat.
Dans son message à l’occasion de cette journée, le secrétaire général des Nations unies, António Guterres, a estimé que « la régénération urbaine offre une voie à suivre ». Il a notamment souligné que la revitalisation des espaces urbains existants pouvait permettre de créer davantage de logements, de moderniser les infrastructures et d’améliorer les espaces publics, contribuant ainsi à rendre les villes plus résilientes, inclusives et connectées.
« Pour concrétiser cette vision, la planification et les partenariats sont indispensables », a-t-il poursuivi. Les gouvernements nationaux et locaux, les institutions financières, le secteur privé et les communautés doivent unir leurs efforts pour construire des villes répondant aux besoins de tous les habitants. Il a appelé les villes du monde entier à investir dans la régénération urbaine et à garantir un logement adéquat pour tous.
Des pressions croissantes sur les villes
Le défi consistant à faire bénéficier l’ensemble des habitants des opérations de régénération urbaine demeure considérable. À l’échelle mondiale, jusqu’à 3,4 milliards de personnes vivent dans des conditions de logement inadéquates, dont plus de 1,1 milliard dans des quartiers informels et des bidonvilles.
Parallèlement, le vieillissement des quartiers et des infrastructures, la hausse des coûts du logement et l’intensification des risques climatiques exercent des pressions supplémentaires sur les villes.
La régénération urbaine peut contribuer à une meilleure utilisation des espaces urbains existants. Toutefois, en l’absence de garanties concernant l’accessibilité financière des logements et le respect des droits des habitants, les améliorations apportées peuvent également rendre leur maintien dans leurs propres quartiers de plus en plus difficile.
Dans son dernier Rapport mondial sur les villes (World Cities Report), ONU-Habitat souligne que l’accès à un logement adéquat constitue un pilier fondamental du développement urbain durable et du bien-être humain, dépassant largement la simple mise à disposition d’un toit.
Le rapport relève également que le logement conditionne l’accès à l’emploi, aux services publics, à la santé et aux opportunités économiques. Il occupe ainsi une place centrale dans la réalisation des Objectifs de développement durable (ODD), au cœur de l’Agenda 2030 pour le développement durable. Adopté en 2015 par l’ensemble des États membres des Nations unies, cet agenda constitue une feuille de route commune pour la paix et la prospérité des populations et de la planète.
Des échanges autour des politiques urbaines et du logement
La célébration organisée à Fuzhou a notamment été marquée par une réunion de haut niveau réunissant des ministres chargés du logement, du développement urbain et des travaux publics, ainsi que de hauts responsables des Nations unies, dont Armida Salsiah Alisjahbana, secrétaire exécutive de la Commission économique et sociale des Nations unies pour l’Asie et le Pacifique (CESAP).
Les discussions ont porté sur les avancées et les différentes approches en matière de logement et de développement urbain. Elles ont permis de mettre en relation le défi mondial de l’accès à un logement adéquat avec les politiques et les décisions nécessaires pour façonner les villes et améliorer les conditions de vie de leurs habitants.
Le programme général, qui se déroule du 31 octobre au 2 novembre au Centre international de conférences et d’expositions du détroit de Fuzhou, comprend des sessions thématiques, des événements parallèles, des expositions et des visites de villes. Ces activités offrent aux participants l’occasion d’échanger leurs expériences et d’explorer différentes approches en faveur d’un développement urbain durable.
La cérémonie d’ouverture a également été marquée par la remise de la quatrième édition du Prix mondial pour le développement durable des villes, connu sous le nom de « Prix de Shanghai ».
Créé par ONU-Habitat et le gouvernement municipal de Shanghai, ce prix vise à promouvoir la mise en œuvre locale des Objectifs de développement durable, en particulier l’ODD 11 consacré aux villes et communautés durables. Il récompense les progrès réalisés par les villes dans la concrétisation de l’Agenda 2030 pour le développement durable et du Nouvel Agenda urbain.
Cette année, cinq villes ont été distinguées : Katowice, en Pologne ; Jingdezhen, en Chine ; Istanbul, en Türkiye ; Santiago de Cali, en Colombie ; et Addis-Abeba, en Éthiopie.
La Journée mondiale des villes a ainsi clôturé le programme « Octobre urbain » d’ONU-Habitat, une campagne annuelle d’un mois consacrée à la promotion de l’urbanisation durable, à la recherche de solutions aux défis urbains et au
partage d’idées pour construire de meilleures villes.
Cette campagne avait officiellement débuté avec la Journée mondiale de l’habitat, célébrée le 5 octobre à Mascate, au Sultanat d’Oman. Les deux rendez-vous ont mis l’accent sur la question du logement adéquat, soulignant son importance tant pour l’avenir des villes que pour la vie quotidienne de ceux qui les habitent.



