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Perturbations fréquentes de l’approvisionnement en eau et en électricité : Steg et Sonede, deux faces d’une même pièce !

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  • 2 novembre 2026
  • 5 min de lecture
Perturbations fréquentes de l’approvisionnement en eau et en électricité : Steg et Sonede, deux faces d’une même pièce !
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Il ne se passe pas un jour ou presque sans qu’une région, un quartier ou une localité ne connaisse des coupures fréquentes d’eau ou d’électricité. C’est devenu leur pain quotidien, de quoi se plaindre plus souvent ! Du côté de la Sonede et de la Steg, deux entreprises étatiques détenant le monopole de ces secteurs vitaux et stratégiques, l’information a du mal à circuler, laissant leur clientèle sur sa faim.

La Presse — En France ou ailleurs, plus jamais de coupures même en cas de factures impayées, une décision, depuis longtemps, en vigueur. Sous nos cieux, c’est bien le contraire. Beaucoup de régions font face à ce problème, sans en venir à bout. Ce qui s’est passé en été dernier restera dans les annales de la Steg, marqué d’une pierre noire dans l’esprit des Tunisiens : en pleine canicule, des régions entières, voire tout un pays, ont été plongées dans l’obscurité totale des heures durant. Alors que le PDG de la société est sorti de son silence pour dire que ces interruptions soudaines d’électricité ne sont qu’une technique de délestage électrique volontaire et périodique à laquelle la Steg a recours, à titre préventif, pour éviter un éventuel risque de blackout. Sans qu’il soit conscient qu’on avait, déjà, subi ce risque de blackout.

Un fiasco pur et simple

Même impéritie dont fait preuve la Sonede. Les perturbations dans la distribution de l’eau ne sont plus des cas isolés, et encore moins un phénomène saisonnier. Eté comme hiver, les causes sont les mêmes et personne ne sait vraiment à quel saint se vouer. Un déficit de communication qui règne! S’ensuivirent, maintes fois, des manifestations citoyennes ayant suscité des tensions sociales et bloqué des axes routiers, en signe de protestation contre un tel constat aussi fréquent vécu dans bien des régions du pays. « Environ 227 alertes citoyennes liées à des problèmes d’accès à l’eau ont été signalées, en septembre dernier », recense l’Observatoire tunisien de l’eau (OTE), dans sa Carte de la soif récemment publiée. Soit, dénombre-t-il, 197 alertes pour coupures d’eau non annoncées, 10 liées à des mouvements réclamant le droit à l’eau, 18 autres dénonçant des fuites d’eau et 2 alertes sur la qualité de l’eau distribuée.

Bien que cette rupture d’approvisionnement en eau ou en électricité soit reconnue comme un fiasco pur et simple, la Sonede et la Steg, toutes deux, n’en font qu’à leur tête, et chacune semble avoir failli à ses responsabilités envers ses abonnés. On n’en finit pas avec leurs formalités administratives si lourdes et une bureaucratie handicapante, obligeant le citoyen de faire un va-et-vient incessant, sans qu’il ait gain de cause. Au guichet, les agents sont pressés par le temps, sous l’effet du nombre croissant de clients en attente, ce qui pèse sur la qualité des prestations fournies. Digitalisation, loin s’en faut ! A moins que des messages « SMS » sur des factures impayées soient, parfois, communiqués aux abonnés.

Volet facturation, le flou des chiffres persiste, sans pour autant refléter les quantités réellement consommées. Les factures estimatives sont toujours loin du compte, faute de releveurs  des compteurs qui n’arrivent plus périodiquement. Pas de déplacements, peu de contact avec les clients, et encore moins de porte-à-porte, comme c’était le cas auparavant. Et là, l’on doit rappeler que l’image de marque de l’entreprise dépend de la qualité des services qu’elle rend et de ses rapports avec la clientèle.

Pertes techniques et commerciales !

Cela étant, il n’est pas étonnant de voir éclater, à chaque fois, des mouvements de protestation contre un tel dysfonctionnement en matière d’approvisionnement en eau ou en électricité. Alors que la Sonede et la Steg n’agissent pas à temps, sans aucune explication de leur part. Et dans le meilleur des cas, elles font part de certaines pannes survenues sur leurs réseaux, dues essentiellement à des interventions d’entretien ou de réparation. Et il est rare qu’elles ouvre des chantiers de rénovation qui, eux aussi, ne manquent pas de causer coupures et perturbations.

Selon des experts en la matière, ces pannes sont, en grande partie, liées à des pertes d’ordre technique et commercial. Et si le premier survient en raison de la vétusté des équipements et des installations, le second est dû essentiellement à des actes de fraude, de tromperie et à des dysfonctionnements de compteurs.

Du reste, la Sonede et la Steg devraient, toutes deux, réviser leurs comptes, en vue de penser à une nouvelle stratégie de gestion et de communication, à l’aune des nouveaux enjeux de la transition digitale et énergétique. Elles devraient également s’aligner sur les objectifs du plan national de développement 2026-2030.

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Auteur

Kamel FERCHICHI

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