Kairouan – Établissements éducatifs : beaucoup reste à faire
Dans le gouvernorat de Kairouan, beaucoup d’établissements éducatifs ont été construits dans les années 50-60 et présentent aujourd’hui des fissures aux plafonds, des murs écaillés, des canalisations bouchées et rouillées et des vitres cassées. Cette vétusté, qui constitue un grand danger, est due au poids des années, à l’humidité et au manque de rénovation. D’ailleurs, on enregistre chaque année des incidents fâcheux (des briques qui tombent, des pans de plafonds qui s’écroulent dans les salles de classe), ce qui aurait pu porter atteinte à l’intégrité physique des élèves et des enseignants.
La Presse — C’est ainsi que, chaque année, les responsables se trouvent obligés de fermer des salles de classe par précaution, en attendant leur restauration.
Et parmi les écoles qui nécessitent une intervention rapide, on citerait les écoles «Plaine de Kairouan» et «Abida» (délégation de Chbika) dont les murs présentent des fissures, les vitres sont brisées et les carrelages des salles troués. En outre, les tables et les chaises, qui datent des années 80, sont en très mauvais état, outre les placards infestés de cafards.
D’ailleurs, des expertises techniques ont été menées il y a plusieurs années, mais rien n’a été réalisé jusqu’à présent.
Même chose dans les écoles «Aouled Ameur» et Dhgima (Hajeb El Ayoun), l’école Brahmya (El Ala), «Aouled Zaghdoud», «Tawssa», «Ras El Itha», «Oued El Gssab» et «Bir Chorfa» (Bochagla).
A côté de cela, 57% des écoles primaires ont des problèmes d’approvisionnement en eau potable. D’autres souffrent du délabrement de leur infrastructure et n’ont ni blocs sanitaires, ni cantine, ni clôture, ce qui oblige des centaines d’élèves à faire leurs besoins en pleine nature avec tout ce que cela comporte comme risques. Cela sans oublier le transport scolaire qui fait défaut dans plusieurs localités.
D’où le désarroi de centaines d’élèves et de leurs instituteurs dont la vie est constamment menacée par les gros serpents, les chiens errants et les sangliers. C’est pourquoi beaucoup d’enfants ont abandonné les études, encouragés en cela par leurs parents nécessiteux et qui n’ont pas les moyens de les faire inscrire dans d’autres écoles mieux loties.
Des classes surchargées
A côté de ce tableau peu reluisant, beaucoup de professeurs se plaignent des classes trop chargées, ce qui oblige, à chaque séance, les élèves à aller chercher des tables supplémentaires, et fait perdre beaucoup de temps. On citerait, à titre d’exemple, les lycées Okba, Ibn-El Jzzar, Ibn-Charaf et le lycée de Bouhajla, dont le nombre d’élèves par classe varie de 38 à 42. Cela a obligé certains parents à inscrire leurs enfants dans des lycées privés.
Le calvaire des cours particuliers
Enfin, n’oublions pas d’évoquer le phénomène des cours particuliers qui grèvent le budget de beaucoup de familles, si bien que certaines ont recours à des crédits et des dettes. En outre, beaucoup d’enseignants obligent leurs élèves à suivre leurs cours particuliers à des prix de plus en plus chers, et même à des élèves inscrits en 2e année primaire. Et gare à ceux qui ne s’inscrivent pas à ces cours car on les met dans les dernières places et on les menace de ne pas occuper les premiers rangs, même si ces élèves ont de très bonnes moyennes.
D’ailleurs, les témoignages récents de deux parents d’élèves sur une radio régionale nous laissent perplexes. Une mère de famille a confié que juste à la veille des vacances d’octobre, l’institutrice de sa fille lui a téléphoné au travail pour lui demander de lui apporter, immédiatement 50D dus au cours de sa fille inscrite en 3e année primaire, ce qui a obligé la maman à quitter son travail afin de s’acquitter de cette dette !
Autre exemple, un parent d’élève a confié que le professeur de technologie a obligé ses élèves à payer d’avance 400 D pour les cours que chacun va suivre tout au long de l’année scolaire…Et ce père déçu n’a pas les moyens de payer cette somme, de surcroît d’avance !



