Voitures électriques : Une tendance qui fait son chemin
2026 s’annonce comme un bon cru pour le marché des voitures électriques en Tunisie. Sur les routes, les conducteurs peuvent bien le constater : ces véhicules y sont de plus en plus présents. Selon Ibrahim Debache, président de la Chambre syndicale des concessionnaires et fabricants automobiles, ces derniers ont représenté 10,8 % du marché des véhicules neufs au cours des huit premiers mois de l’année.
La Presse — Intervenant lors d’un panel consacré à la mobilité électrique, organisé récemment dans le cadre de la quatrième édition du Salon international de la transition énergétique (Site 2026), Debache a souligné l’accélération du marché tunisien des véhicules électriques. Observée depuis le début de l’année, cette progression a atteint un pic en août dernier. « Aujourd’hui, on peut véritablement parler d’un grand basculement vers l’électrique», a-t-il déclaré. Rappelant que la réglementation tunisienne englobe dans cette catégorie les véhicules 100 % électriques, les hybrides rechargeables ainsi que les modèles dotés de la technologie « REEV », il a indiqué que les immatriculations de véhicules électrifiés neufs avaient été multipliées par 7,5 entre janvier et fin août, par rapport à la même période de l’année précédente. Ces véhicules ont ainsi représenté 10,8 % du marché sur les huit premiers mois de l’année. En août, leur part de marché a atteint 22,6 %, soit environ un véhicule neuf immatriculé sur cinq. D’ici à la fin de l’année, les projections tablent sur 8.500 à 10.000 immatriculations de véhicules électrifiés, soit un volume sept à neuf fois supérieur à celui de 2025. Pour le président de la Chambre syndicale, cette accélération soulève plusieurs enjeux, notamment en matière d’infrastructures de recharge, de marché de l’occasion et de développement des services après-vente.
Un cadre fiscal favorable
Selon Debache, la progression sans précédent que connaît le marché des véhicules électriques s’explique en grande partie par les ajustements fiscaux opérés, notamment l’extension aux véhicules hybrides rechargeables des incitations fiscales, introduite par la loi de finances 2026. Ces véhicules sont désormais exonérés des droits de consommation et soumis à un taux de TVA réduit à 7 %, et ils bénéficient d’une réduction de 50 % des frais d’immatriculation. « Il s’agit d’avantages considérables qui ont forcément suscité cet engouement pour les véhicules électrifiés », a-t-il affirmé. Les hybrides rechargeables constituent aujourd’hui, selon lui, le cœur du marché des véhicules électrifiés. Leur succès s’explique notamment par leur double motorisation, thermique et électrique, qui rassure les consommateurs en leur permettant de bénéficier des avantages de l’électrique sans renoncer à l’autonomie offerte par le moteur thermique. Cette technologie n’est toutefois pas nécessairement la plus économe en énergie, relève-t-il. « Le moteur électrique ne fonctionne que sur de courtes distances, avec une autonomie limitée, généralement inférieure à 100 kilomètres. Finalement, c’est le carburant qui reste la principale source d’énergie utilisée. Mais pour le consommateur, l’hybride rechargeable constitue un premier pas vers l’électrique. D’où l’engouement que nous observons», a expliqué Debache.
Une offre plus diversifiée et des prix en baisse
Outre les incitations fiscales, l’accélération observée en 2026 a également bénéficié d’une diversification de l’offre, marquée par une augmentation du nombre de modèles disponibles. Combinée aux avantages fiscaux, cette évolution a contribué à faire baisser les prix et à élargir l’accès à ces véhicules. « En 2026, nous avons constaté que deux véhicules électrifiés sur trois étaient achetés directement par leurs propriétaires, c’est-à-dire par des particuliers. Jusqu’à présent, les flottes et les entreprises étaient les principales clientes de ce type de technologie», a précisé Ibrahim Debache.
S’agissant des infrastructures, le président de la Chambre syndicale a rappelé que la mise en application du cahier des charges encadrant les services de recharge électrique, actuellement en cours de préparation, devrait favoriser un déploiement plus large des bornes de recharge. Selon Debache, la transition vers la mobilité électrique soulève, par ailleurs, plusieurs questions, notamment celles de la structuration du marché de l’occasion et du développement de services après-vente adaptés à ces nouvelles technologies. Il a, en outre, estimé qu’une stabilité du cadre fiscal applicable aux véhicules électriques est nécessaire pour que cette dynamique s’inscrive dans la durée.



