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Accord Tunisie-UE : la France soutient la demande de révision portée par Tunis

  • 5 novembre 2026
  • 6 min de lecture
Accord Tunisie-UE : la France soutient la demande de révision portée par Tunis
5 min de lecture

La France a apporté, mercredi, son soutien à la Tunisie dans sa démarche visant à réviser l’accord d’association avec l’Union européenne (UE), en faveur d’un partenariat plus équilibré et équitable, adapté aux nouvelles réalités économiques.

Cette position a été exprimée lors d’un entretien téléphonique, mercredi, entre le ministre des Affaires étrangères, de la Migration et des Tunisiens à l’étranger, Mohamed Ali Nafti et son homologue français, Jean-Noël Barrot.

Les échanges ont porté sur les relations de coopération entre les deux pays, les perspectives de leur développement et sur les prochaines échéances bilatérales et multilatérales.

Selon un communiqué du ministère des Affaires étrangères, de la Migration et des Tunisiens à l’étranger, les deux ministres ont souligné l’importance de poursuivre les efforts visant à consolider la coopération tuniso-française dans différents domaines, sur la base du respect mutuel et des intérêts communs.

Ils ont, également, insisté sur la nécessité de bien préparer les prochaines échéances, dans le respect de la souveraineté de la Tunisie, des choix de ses institutions nationales et des intérêts réciproques.

Cette position française intervient dans un contexte marqué par des démarches tunisiennes soutenues en faveur d’une révision de l’accord d’association avec l’UE, signé le 17 mai 1995 et entré en vigueur en 1998. Tunis entend ainsi adapter ce cadre aux mutations économiques et géopolitiques et rééquilibrer les relations commerciales et économiques entre les deux parties.

La révision de l’accord, une priorité réaffirmée par Tunis

Le président de la République, Kaïs Saïed, avait réitéré cet appel lors de sa rencontre, fin août dernier, au Palais de Carthage, avec le ministre allemand des Affaires étrangères, Johann David Wadephul. Il avait alors plaidé pour la révision de plusieurs accords, dont celui liant la Tunisie à l’UE, afin de les rendre « plus équilibrés et plus équitables », selon un communiqué de la présidence de la République.

Le chef de l’Etat avait également soulevé cette question lors d’un entretien téléphonique avec son homologue français, Emmanuel Macron, le 20 mars dernier, soulignant la nécessité de revoir les dispositions de l’accord d’association pour les rendre davantage conformes aux exigences d’équité et d’équilibre.

De son côté, le ministre des Affaires étrangères, Mohamed Ali Nafti, avait insisté sur cette nécessité lors de sa rencontre, en septembre, à New York, avec la commissaire européenne à la Méditerranée, Dubravka Šuica, en marge de la 81e session de l’Assemblée générale des Nations unies.

Il avait appelé à conférer davantage de réalisme et d’équité à l’accord, en tenant compte des intérêts et des priorités des deux parties, tout en respectant la souveraineté de la Tunisie et ses institutions nationales.

La rencontre avait également porté sur les échanges commerciaux, la coopération financière, les programmes scientifiques conjoints ainsi que les questions migratoires et de mobilité.

A cette occasion, le ministre des Affaires étrangères avait réaffirmé la nécessité d’adopter une approche globale et équilibrée de la migration, fondée sur le respect des droits humains, le traitement des causes profondes de la migration irrégulière et la lutte contre les réseaux de passeurs et de traite des êtres humains.

Faciliter l’accès au marché européen et promouvoir les investissements

Lors de sa participation, début mai dernier, à la célébration de la Journée de l’Europe en Tunisie, Mohamed Ali Nafti avait déjà relevé que l’accord d’association, conclu il y a plus de trois décennies, ne répondait plus aux profondes mutations de l’économie mondiale ni aux répercussions actuelles et futures des conflits en Europe et au Moyen-Orient.

Dans son allocution, il avait plaidé pour une évolution de cet accord vers un partenariat plus équilibré et équitable, respectueux des priorités nationales et des choix souverains des deux parties.

Parmi les principales priorités tunisiennes figurent en particulier la facilitation de l’accès des produits nationaux au marché européen, la promotion des investissements à forte valeur ajoutée et l’accompagnement des transitions énergétique et numérique.

La Tunisie appelle, en outre, à développer la coopération financière et scientifique et à mieux valoriser les compétences et les ressources humaines tunisiennes, afin de renforcer la contribution du partenariat au développement économique, au transfert de technologies et à l’innovation.

L’UE favorable à une révision des règles commerciales

De son côté, l’Union européenne, par l’intermédiaire de ses représentants en Tunisie, a fait part de son ouverture au dialogue sur une éventuelle révision des règles commerciales prévues par l’accord d’association, dans le cadre de discussions constructives et globales entre les deux parties.

Dans ce contexte, l’ambassadeur de l’UE en Tunisie, Giuseppe Perrone, avait fait état de la disposition de l’Union à poursuivre son soutien à la Tunisie et à consolider le partenariat bilatéral, tout en soulignant l’ouverture de la partie européenne aux propositions visant à actualiser l’accord et à développer la coopération, selon des déclarations rapportées par les médias tunisiens.

Mercredi, l’UE a réaffirmé, sur sa page sur les réseaux sociaux, son engagement à poursuivre son partenariat avec la Tunisie et à renforcer la coopération bilatérale, à travers des inititatives répondant aux défis communs et soutenant le développement, l’investissement et la coopération économique.

L’Union européenne a précisé que le partenariat entre les deux parties ne se limite pas aux accords et aux projets, mais couvre également le dialogue continu, les échanges entre les peuples et le renforcement des liens entre Tunisiens et Européens.

La délégation de l’UE en Tunisie avait, par ailleurs, annoncé, en octobre dernier, la conclusion d’un nouvel accord financier de 80 millions d’euros au profit du budget de l’Etat tunisien, dans le cadre d’un programme d’appui à l’inclusion sociale.

D’autre part et à travers sa campagne de communication « EU with YOU » (L’Union européenne avec vous), l’UE réaffirme son engagement à poursuivre son partenariat avec la Tunisie et à renforcer la coopération dans les domaines du développement, de l’investissement, de l’énergie, des échanges commerciaux, de l’éducation, de la formation et de la recherche scientifique.

Les relations entre la Tunisie et l’Europe remontent à 1969, année de la signature du premier accord commercial entre la Tunisie et la Communauté économique européenne (CEE) et ce, avant l’ouverture de la délégation de la Commission européenne à Tunis en 1979. La signature de l’accord d’association, le 17 mai 1995, a constitué une étape majeure dans cette relation, faisant de la Tunisie le premier pays de la rive sud de la Méditerranée à conclure un accord de ce type avec l’UE.

Le 16 juillet 2023, les deux parties ont signé un mémorandum d’entente sur le « partenariat stratégique et global », destiné à élargir les domaines de coopération à l’économie, au commerce, à l’énergie, à la migration et à la mobilité, à la stabilité macroéconomique et aux échanges entre les peuples.

Auteur

La Presse avec TAP

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