A la une Economie

Budget 2027 : Habib Abid annonce l’octroi de 18 millions de dinars pour la gestion des déchets et la dépollution

Avatar photo
  • 5 novembre 2026
  • 5 min de lecture
Budget 2027 : Habib Abid annonce l’octroi de 18 millions de dinars pour la gestion des déchets et la dépollution
4 min de lecture

« Des allocations financières d’un montant de 12 millions de dinars ont été réservées au profit de l’Agence nationale de gestion des déchets au sein du projet de budget pour l’année prochaine. Et ce, parallèlement à une enveloppe complémentaire de 6 millions de dinars affectée au titre du Fonds de dépollution ». C’est ce qu’a annoncé le ministre de l’Environnement, Habib Abid, lors de ses réponses apportées hier aux interrogations formulées par les parlementaires concernant le financement des interventions écologiques, la gestion des déchets, le traitement des décharges anarchiques et le déploiement des infrastructures d’assainissement.
Les députés et les membres de la commission de l’industrie, du commerce, des ressources naturelles, de l’énergie et de l’environnement du Conseil national des régions et des districts (CNRD), réunie conjointement avec la commission des secteurs productifs de l’Assemblée des représentants du peuple (ARP) pour auditionner le ministre sur le projet de budget de la mission de l’Environnement pour l’exercice 2027, avaient appelé à mobiliser des lignes de financement exceptionnelles.
Les représentants des deux chambres ont estimé que les crédits budgétaires alloués s’avéraient disproportionnés face à l’ampleur des défis environnementaux et ne permettaient pas l’exécution de plusieurs projets d’infrastructure vitaux. Selon le compte-rendu officiel des travaux publiés ce jeudi 5 novembre 2026 par l’ARP, les élus ont insisté sur l’urgence de redresser la situation écologique critique dans les régions intérieures, de concrétiser le principe de justice environnementale et d’identifier les causes techniques bloquant les chantiers.
Ils ont soulevé les problématiques d’interruption des travaux de plusieurs stations d’épuration, le retard d’interconnexion de certains quartiers, délégations et zones industrielles aux réseaux d’assainissement publics, ainsi que la vétusté des infrastructures de collecte provoquant des infiltrations et des inondations de zones résidentielles lors des intempéries.
Les parlementaires ont préconisé de doter les directions de l’Office national de l’assainissement de ressources logistiques accrues, de compresser les délais de maintenance et d’accélérer l’exploitation des eaux usées traitées pour l’irrigation agricole et l’aménagement des espaces verts, certains suggérant d’orienter ces flux hydriques alternatifs vers le secteur du bâtiment et les activités industrielles fortement consommatrices d’eau afin de prémunir la filière agricole de tout risque sanitaire.
Les élus ont en outre exprimé leurs vives inquiétudes face à la multiplication des décharges sauvages, à l’incinération anarchique des déchets, à la saturation des sites contrôlés arrivés en fin d’exploitation, au non-respect des décisions administratives et de justice ordonnant leur fermeture. Ils ont également évoqué le détournement de certains bâtiments désaffectés en dépôts d’ordures.
Les députés ont, par ailleurs, interrogé le ministre sur la stratégie de recyclage, de généralisation de la valorisation des déchets, les perspectives d’exportation des matières traitées, exigeant la réalisation d’études d’impact environnemental, la fourniture de bennes de tri sélectif et l’application stricte de sanctions financières contre les contrevenants.
En guise de réponses, le ministre de l’Environnement a clarifié que les projets présentés pour chaque gouvernorat ne constituent qu’un volet du plan de développement national et que le volume des demandes locales excède structurellement les capacités budgétaires du département, précisant que l’inscription définitive d’un projet au budget de l’État reste tributaire de la finalisation préalable des études de faisabilité et de l’obtention de l’accord du ministère de l’Économie et de la Planification.
Concernant les eaux usées traitées, le responsable a indiqué que ces volumes sont rejetés dans les oueds, les sebkhas ou en mer lorsqu’ils ne font pas l’objet d’une exploitation directe, rappelant qu’ils approvisionnent actuellement plusieurs unités hôtelières, complexes sportifs et infrastructures aéroportuaires, alors que des divergences d’approches scientifiques subsistent quant à leur généralisation dans le secteur de l’agriculture. Le ministre a affirmé que ses services s’emploient à débloquer les chantiers d’assainissement en arrêt, dont les causes découlent majoritairement de litiges fonciers et du refus de certaines populations locales de voir transiter les collecteurs principaux à proximité de leurs agglomérations, assurant que des erreurs de planification antérieures sont en cours de régularisation.
Il a également rappelé que les réseaux d’évacuation des eaux pluviales sont structurellement indépendants des réseaux d’assainissement, l’intervention des équipes de l’ONAS lors des inondations s’effectuant uniquement au titre de l’entraide logistique pour des compétences qui relèvent légalement des municipalités.
Au sujet de la protection du littoral, le ministre a fait part de l’exécution d’un programme d’aménagement mené en partenariat avec les coopérations allemande et néerlandaise, soulignant que les changements climatiques accentuent la vulnérabilité de la ligne côtière nationale.
Il a enfin précisé que l’occupation temporaire du domaine public maritime est encadrée par des durées strictes et que le décret numéro 1847 de l’année 2014 fait actuellement l’objet d’une révision réglementaire, notamment pour les dispositions liées à l’obligation d’enlèvement des installations légères avant tout renouvellement de concession.
Le ministère de l’Environnement et l’Agence de protection et d’aménagement du littoral continuent de dresser les procès-verbaux et de notifier les arrêtés de démolition concernant l’occupation illégale du domaine maritime, bien que l’exécution matérielle de ces décisions n’entre pas dans le champ de leurs prérogatives juridiques.

Avatar photo
Auteur

La Presse

You cannot copy content of this page