Elections américaines : Réactions internationales à la déroute des Républicains
Le guide suprême iranien, Mojtaba Khamenei, a déclaré que ceux qui s’attendent à un changement de politique des États-Unis «se trompent lourdement». «Je voudrais souligner le triomphe de deux personnes d’origine mexicaine, le gouverneur élu de Californie et la gouverneure élue du Texas», a déclaré pour sa part la présidente mexicaine.
La Presse — Les démocrates américains ont infligé à Donald Trump et au Parti républicain une déroute d’une ampleur historique en reprenant le contrôle à la fois de la Chambre des représentants et du Sénat aux élections de mi-mandat.
Voici les principales réactions internationales.
Europe
La large victoire des démocrates est «une excellente nouvelle pour la démocratie américaine», a déclaré hier le chef de la diplomatie française, Jean-Noël Barrot. «C’est encore une démonstration qu’en démocratie, c’est le peuple qui écrit sa propre histoire et que personne, ni les algorithmes, ni les intérêts privés, ne peuvent le faire à sa place», a-t-il souligné.
Le ministre français a néanmoins mis en garde contre la tentation de se détourner «de la nécessité urgente et vitale, pour garantir notre indépendance nationale, de construire une Europe plus forte, plus prospère et plus démocratique, indépendamment des choix qui sont faits outre-Atlantique».
Le ministre allemand des Affaires étrangères, Johann Wadephul, s’est félicité du «changement» après la victoire des démocrates aux élections américaines, exprimant l’espoir de nouvelles initiatives pour résoudre les conflits au Moyen-Orient et en Ukraine.
«Le président Trump a accepté les résultats et je crois que le monde a désormais l’occasion de s’unir autour d’un enjeu qui nous concerne tous : le coût de la vie», a estimé le Premier ministre britannique travailliste Andy Burnham.
Cela sera «impossible (…) tant que le conflit au Moyen-Orient ne sera pas résolu, tout comme celui en Ukraine, déclenché par la Russie», a-t-il ajouté.
La cheffe de la diplomatie européenne Kaja Kallas a dit de son côté espérer que le prochain Congrès américain «exercera davantage de pression sur la Russie» sur la question de l’Ukraine.
«Comme vous le savez, l’Europe et les États-Unis sont bien plus forts ensemble», a-t-elle souligné lors d’une conférence de presse.
«La vague ultra» s’écroule, a estimé de son côté le Premier ministre socialiste espagnol Pedro Sánchez.
«Hier, la société américaine a voté contre les politiques qui ne font qu’appauvrir. Contre la haine. Contre le machisme. Contre le négationnisme climatique et contre les privilèges des élites. Cela s’est produit au Brésil. Cela vient de se produire aux États-Unis. Et cela se produira bientôt en Espagne», a écrit hier le dirigeant socialiste sur le réseau social X, en campagne pour les élections législatives anticipées du 29 novembre.
Iran
Le guide suprême iranien, Mojtaba Khamenei, a déclaré que ceux qui s’attendent à un changement de politique des États-Unis «se trompent lourdement». «Ceux qui nourrissent encore le moindre espoir de voir le comportement du système hégémonique changer à la faveur de changements partisans (…) se trompent lourdement», a-t-il déclaré dans un communiqué publié sur son site internet.
«La nation iranienne a infligé à Trump une défaite stratégique sur le champ de bataille et dans le détroit d’Ormuz – et une défaite politique à Washington», a écrit sur X Mohsen Rezaei, le chef de la sécurité du pays.
Le négociateur en chef iranien dans les pourparlers avec les États-Unis, Mohammad Bagher Ghalibaf, a déclaré hier que les Américains avaient dit «non à la guerre» aux élections américaines de mi-mandat après la déroute du Parti républicain de Donald Trump face aux démocrates. Le vice président américain JD Vance abonde dans son sens.
«Par conscience ou à cause du coût de la vie, les Américains ont dit non à la guerre, et nous approuvons ce message», a écrit Ghalibaf dans un message sur son compte X.
Russie
Le Kremlin a dit espérer que le président américain Donald Trump poursuivrait ses efforts de médiation pour un règlement du conflit en Ukraine.
«Le président Trump reste en fonction et nous espérons sincèrement qu’il poursuivra également ses efforts en faveur de la paix», a déclaré Dmitri Peskov, le porte-parole de la présidence russe, cité par un média pro-Kremlin.
Chine
«Les élections de mi-mandat relèvent des affaires intérieures des États-Unis», a dit lors d’un point presse régulier une porte-parole des Affaires étrangères chinoises, Mao Ning.
«La Chine est disposée à continuer à travailler avec les États-Unis afin de préserver et d’appliquer l’important consensus dégagé par les deux chefs d’État, de renforcer la communication, de gérer les divergences comme il convient», a-t-elle déclaré.
Afrique
Le président sud-africain Cyril Ramaphosa a dit hier s’attendre à une «nouvelle ère des relations internationales» après la victoire démocrate. «Je pense que cette nouvelle majorité va ouvrir le début d’une nouvelle ère dans les relations internationales,» a-t-il dit.
«Nous espérons que, sur le plan bilatéral, il y aura un rapprochement des points de vue qui nous permettra de trouver la bonne voie à suivre tant sur le plan géopolitique que sur les questions commerciales et d’investissement», a-t-il ajouté.
Amérique Latine
«Je voudrais souligner le triomphe de deux personnes d’origine mexicaine, le gouverneur élu de Californie et la gouverneure élue du Texas», a déclaré la présidente mexicaine de gauche Claudia Sheinbaum en référence aux démocrates Xavier Becerra et Gina Hinojosa.
«Nous sommes ravis que des mexico-américains qui vivent là-bas aient cette reconnaissance», a fait valoir la présidente mexicaine lors de sa conférence de presse quotidienne, ajoutant : «Nous recherchons toujours la meilleure relation possible avec les États-Unis, en garantissant le respect de notre souveraineté, de notre intégrité territoriale et d’une coopération sans subordination».
(Synthèse de médias)



