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ONU-Habitat et l’ICPAC lancent un nouveau guide pour aider les villes de la Corne de l’Afrique à se préparer à El Niño

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  • 5 novembre 2026
  • 6 min de lecture
ONU-Habitat et l’ICPAC lancent un nouveau guide pour aider les villes de la Corne de l’Afrique à se préparer à El Niño
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Le Programme des Nations unies pour les établissements humains (ONU-Habitat) et le Centre de prévisions climatiques et d’applications de l’Autorité intergouvernementale pour le développement (ICPAC-IGAD) ont lancé conjointement, jeudi, un nouveau guide intitulé « Préparation à El Niño : un cadre d’action anticipatoire à l’intention des dirigeants des villes ». Ce document pratique vise à aider les autorités municipales et les responsables des villes à mieux se préparer, sur le terrain, avant la saison des pluies d’octobre à décembre 2026.

« La préparation des villes relève de la gouvernance. Les villes qui définissent à l’avance qui coordonne les opérations, qui prend les décisions et qui mobilise les ressources, et qui mettent en place des mécanismes de financement avant les pluies, protègent les vies humaines, les infrastructures essentielles et les services publics, tout en accélérant leur rétablissement », a déclaré Oumar Sylla, directeur du Bureau régional d’ONU-Habitat pour l’Afrique.

En associant les prévisions climatiques régionales de l’ICPAC à l’expérience d’ONU-Habitat dans la gestion des urgences urbaines et des établissements informels, les deux organisations entendent fournir aux maires et aux gestionnaires municipaux un outil concret leur permettant d’agir avant les inondations, plutôt que d’intervenir une fois les dégâts survenus, a-t-il ajouté.

De son côté, le directeur de l’ICPAC, Abdi Fidar, a souligné qu’une prévision climatique ne prend toute sa valeur que lorsqu’elle permet de déclencher des mesures concrètes. Les perspectives climatiques élaborées par le centre offrent à la région plusieurs mois de préavis avant les pluies liées à El Niño. Le nouveau guide doit permettre aux villes de transformer ces informations en décisions opérationnelles et de faire parvenir les alertes jusqu’aux populations les plus éloignées, afin de déclencher des interventions anticipées.

Ce lancement intervient alors que le phénomène El Niño s’est installé et devrait s’intensifier davantage au cours du reste de l’année 2026.

Selon les prévisions publiées par l’ICPAC en août dernier, de fortes précipitations sont attendues dans le sud de l’Éthiopie, du centre au sud de la Somalie et dans le nord-est du Kenya. Des conditions plus humides sont également prévues dans le bassin du lac Victoria, au Burundi, dans l’ouest du Rwanda et dans l’ouest de la Tanzanie.

Pour les villes de la région, dont la croissance démographique est rapide, ces fortes précipitations peuvent rapidement provoquer des situations d’urgence. L’insuffisance des systèmes de drainage, le déficit d’infrastructures ainsi que les lacunes en matière de planification et de coordination urbaines accentuent les risques d’inondations, de déplacements de populations et de propagation de maladies hydriques, notamment le choléra. Elles peuvent également perturber les services essentiels, tels que l’électricité, l’approvisionnement en eau et les transports.

Les populations vivant dans les quartiers informels et les bidonvilles sont particulièrement exposées. Les ménages à faibles revenus, les femmes, les enfants et les personnes en situation de handicap figurent parmi les catégories les plus vulnérables.

Un dispositif fondé sur l’anticipation et l’action coordonnée

Le guide « Préparation à El Niño » souligne l’importance d’une préparation précoce et d’une action coordonnée pour limiter les conséquences du phénomène climatique dans les zones urbaines. Il établit un lien entre les prévisions climatiques régionales et les décisions prises à l’échelle locale, à travers une approche fondée sur trois étapes : prévision, déclenchement et action.

Dans ce cadre, les prévisions sont traduites en informations localisées sur les risques. Des seuils définis à l’avance permettent ensuite de déclencher le déblocage des financements et la mise en œuvre de mesures préventives, avant même la survenue des inondations. Celles-ci comprennent notamment le nettoyage des systèmes de drainage, le prépositionnement des stocks de secours et l’alerte des ménages exposés.

S’appuyant sur l’expérience d’ONU-Habitat dans la gestion des urgences urbaines dans plus de 40 pays, le guide présente trois scénarios de risque : modéré, grave et extrême. Chacun est associé à un seuil de déclenchement quantifié, à un ensemble de mesures anticipatoires et à un profil des conséquences potentielles sur les zones urbaines. Une liste de contrôle, définie au préalable, permet également aux responsables municipaux d’évaluer leur niveau de préparation avant le début de la saison des pluies.

Le document propose aux villes de la Grande Corne de l’Afrique un cadre d’intervention articulé autour de six axes fondamentaux :

– L’alerte précoce et l’exploitation des prévisions climatiques, grâce au partage formalisé des données avec les services météorologiques nationaux et à la mise en place de dispositifs municipaux capables de traduire les prévisions probabilistes en informations adaptées à chaque quartier.

– La planification selon les impacts, en privilégiant les conséquences concrètes, telles que les déplacements de ménages, les inondations dans les quartiers informels et les épidémies, plutôt que les seules variations des précipitations.

– La définition préalable de seuils de déclenchement et de mécanismes de financement anticipatif, notamment les fonds de contingence, les financements fondés sur les prévisions et les assurances paramétriques, permettant de mobiliser les ressources avant la survenue des catastrophes.

– La planification des interventions d’urgence, avec une répartition claire des responsabilités institutionnelles, précisant les acteurs chargés de coordonner les opérations, de prendre les décisions et d’autoriser les dépenses. Ces dispositifs doivent être testés au moyen d’exercices de simulation.

– La préparation sectorielle, couvrant notamment le drainage et la gestion des déchets solides, le logement et les quartiers informels, la santé, l’eau, l’assainissement et l’hygiène, l’agriculture urbaine, les moyens de subsistance, l’éducation et les infrastructures essentielles.

– L’aménagement de refuges sécurisés et la mobilisation communautaire, à travers l’identification et la réhabilitation de lieux d’accueil sûrs, l’implication des jeunes et des associations sportives, ainsi que la diffusion d’alertes de proximité par les radios communautaires et les réseaux de messagerie.

Cette initiative conjointe s’inscrit dans le prolongement du mémorandum d’entente signé entre ONU-Habitat et l’IGAD en juillet 2026. Elle réaffirme l’engagement des deux organisations en faveur de l’Objectif de développement durable n° 11 relatif aux villes et communautés durables, du Nouvel Agenda urbain, de l’Accord de Paris sur le climat, du Cadre de Sendai pour la réduction des risques de catastrophe, de l’initiative du Secrétaire général des Nations unies « Alertes précoces pour tous » ainsi que de l’Agenda 2063 de l’Union africaine.

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Auteur

La Presse

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