Quand le Stade Tunisien renverse la table : Les vertus de la résilience
Photo : © Mokhtar HMIMA
Ténacité, relance intelligente et coaching décisif furent les axes majeurs de l’organisation mise en place par Tozé Marreco pour venir à bout du Club Africain.
La Presse — Le Stade Tunisien a donc renversé le Club Africain dans son antre du Hedi Ennaifer, arrachant la victoire au bout du temps additionnel. Menés assez tôt au score, les Bardolais ont fait preuve d’esprit de corps et d’une force de caractère exceptionnelle pour forcer la décision au finish. En l’état, quelle analyse tactique et mentale des moyens mis en œuvre pour construire ce précieux succès ? De prime abord, le Stade a su tout au long du match garder la tête froide et le cœur chaud. Preuve en est, cette détermination stadiste après le coup de massue initial. Alors que la rencontre avait mal débuté pour les hommes de Tozé Marreco suite au but de Kadida, le Stade s’est armé de résilience pour en reprendre le contrôle. En clair, les coéquipiers de Youssef Saâfi ne se sont pas rués aveuglément et de manière désordonnée vers l’attaque, mais ils ont plutôt repris pied en retrouvant de la maîtrise et en imposant un pressing progressif pour faire reculer le bloc clubiste et finalement braver le destin lors du money time du premier half.
En effet, la clé tactique de ce match réside dans la fin de la première période avec ce précieux but psychologique juste avant la pause. Alors que le onze à Maher Kanzari pensait rentrer aux vestiaires avec l’avantage, l’abnégation des Bardolais en a décidé autrement. Le but de l’égalisation est d’ailleurs à l’image de cette ténacité des locaux avec l’arrière Skander Sghaier qui est monté pour marquer. Et ce but a eu pour effet de redonner davantage de confiance au Stade en prévision du second acte.
Choix fructueux
Quel apport du coach portugais à présent ? Outre les consignes de forte animation des couloirs et de relance rapide, son flair a été couronné de succès. Avec l’impact du banc bardolais et le coaching gagnant de Tozé Marreco, le ST s’est donc imposé. Ainsi, en 2e mi-temps, le technicien stadiste a insufflé du sang frais au moment opportun. Et ce fut payant avec les entrées du buteur Fakhreddine Ben Youssef, du milieu Rafaeddine Riahi, de l’attaquant Amine Khemissi et du piston Papa Diop. A ce titre, le but de la délivrance en est la parfaite illustration avec Ben Youssef qui perce et marque suite à une action débutée par Riahi qui prolonge vers Khemissi. L’impact physique de Ben Youssef, son sens du placement et sa maîtrise des « ficelles du métier » pour déjouer Simpara, même si l’action fut litigieuse, ont offert au ST ce supplément d’âme et de nouvelles solutions verticales dans les 25 derniers mètres. Au final, pour le Stade, cette victoire est loin d’être seulement symbolique, car, en construisant ce succès au mental, l’équipe réalise surtout une opération comptable magistrale. Vraisemblablement, le ST possède en ce début de saison les armes tactiques et la profondeur de banc pour enfiler les habits d’équipe-frisson de la L1…
Khaled KHOUINI


