France – Grève et manifestations : Près de 1,6 million de manifestants selon la CGT, 600 000 d’après les autorités
Plus de 250 rassemblements ont été organisés partout en France hier, selon la CGT, durant une grande journée de grève nationale. Les syndicats du public, du privé, mais aussi des lycéens et des étudiants, ont appelé à la mobilisation.
La Presse — Alors que les autorités ont annoncé 600 000 personnes dans les rues hier, la CGT a revendiqué 1,6 million de manifestants. La CGT publie dans un communiqué le détail de ses chiffres. Le syndicat a recensé plus de 250 manifestations et rassemblements qui ont mobilisé 1 573 000 manifestants.
Toujours selon la CGT, ils étaient 350 000 à Paris, 150 000 à Marseille, 120 000 à Bordeaux, 100 000 à Lille, 80 000 à Toulouse, 55 000 à Lyon, 35 000 à Nantes et Rennes, 30 000 à Rouen, 28 600 à Grenoble, 26 000 à Caen et Strasbourg, 25 000 à Brest, 22 000 à Tours et 20 000 à Orléans. Le syndicat ajoute que « la lutte sera poursuivie autant que nécessaire pour faire plier le gouvernement et le patronat ».
Dans un communiqué, Matignon a annoncé hier que le Premier ministre réunira « les organisations représentatives des salariés et des employeurs pour une conférence sociale » lundi 9 novembre. Elle doit permettre « d’apporter des réponses aux questions de pouvoir d’achat et de salaires », ajoute Matignon.
Cette conférence vise à « apporter des réponses aux questions de pouvoir d’achat et de salaires », tandis que Sébastien Lecornu a demandé au ministre du Travail Jean-Pierre Farandou « de finaliser d’ici dimanche les concertations qu’il mène depuis plusieurs jours » sur ces sujets, ajoute Matignon dans un communiqué.
Ces nouvelles manifestations ont été marquées par des actes de violence et des arrestations à l’image des précédentes manifestations contre la vie est chère en France. Quelque 70 000 policiers et gendarmes ont été mobilisés, les autorités promettant «une réponse d’une extrême fermeté» aux éventuels «débordements».
Cette journée pourrait constituer le point d’orgue d’un automne social très chaud dans un pays, deuxième économie de la zone euro, qui est surendetté et sous la surveillance étroite des marchés pour assainir ses finances. Entre envol des prix des carburants et projet de budget d’austérité, le pouvoir d’achat est au cœur de la grogne sociale, qui n’a cessé de prendre de l’ampleur depuis la fin de l’été.
Les syndicats demandent une revalorisation du salaire minimum (Smic), qui n’a pas connu de coup de pouce depuis 2012, une augmentation de l’ensemble des salaires, davantage de justice fiscale, une préservation des services publics, et toujours de meilleures conditions d’études pour les jeunes.
La France comptait 9,8 millions de personnes sous le seuil de pauvreté en 2024 selon l’Insee. Environ 15,5 % de la population française vit chaque mois avec moins de 60 % du revenu médian, soit moins de 1 337 euros pour une personne seule.
(Synthèse de médias)



