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Lancement officiel du 1er recensement agricole général numérique en Tunisie-2026-2027 : Et si le secteur faisait sa révolution verte ?

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  • 6 novembre 2026
  • 6 min de lecture
Lancement officiel du 1er recensement agricole général numérique en Tunisie-2026-2027 : Et si le secteur faisait sa révolution verte ?
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Le 1er recensement agricole général numérique en Tunisie 2026-2027 vient d’être lancé, avec en toile de fond la création d’une base de données exhaustive et précise sur l’état des lieux d’un secteur jusqu’ici incapable de parvenir à réaliser son autosuffisance. Une première dans l’histoire qui devrait, si volonté il y a, inverser les tendances négatives des décennies précédentes, améliorer le pouvoir d’achat et rassurer le Tunisien sur son pain quotidien. Mais, pourquoi est-ce maintenant qu’on y pense, soit des décennies plus tard ?

La Presse — Depuis l’échec cuisant du modèle coopératif forcé au cours des années 60, l’agriculture tunisienne n’a pas fait son mea culpa et continue sa fuite en avant, sans se rendre compte des défis du temps évolutif et des enjeux de production et de consommation à bien des égards. Bien que stratégique, notre agriculture, toutes filières confondues, n’a jamais été parfaitement fondée sur des politiques anticipatives et de bonne gestion. Elle ne colle pas à la réalité du terrain et ne répond plus aux attentes des agriculteurs, premiers créateurs de la valeur ajoutée.

Le corollaire des choix arbitraires !

Faute de synergies professionnelles et inter-secteurs, le potentiel agricole sous-estimé semble toujours mal exploité, avec des crises persistantes assimilées à « des épidémies » incurables. Cet état des lieux est si récurrent et immuable qu’il a mis tout un secteur devant le fait accompli, faisant croire que toute récession ou pénurie n’est qu’une fatalité. L’époque où l’on croyait que seule la manne céleste pouvait générer l’abondance est révolue. Les stratégies de planification sont fondées sur l’improvisation et les mesures d’urgence, d’autant plus que toute politique sans vision ne saura être suivie d’action.

Cela étant, outre l’huile d’olive et le secteur des dattes, aucune autre filière agricole n’a pu faire recette: l’élevage et la céréaliculture sont, du moins, les deux activités qui en ont payé les frais, sous l’empire des lobbies du bétail et du blé, nourris par laxisme de l’administration. Ce qui a pesé lourd sur les filières des viandes rouges, de l’agroalimentaire et la qualité du pain commercialisé. A cela s’ajoute l’érosion du pouvoir d’achat du citoyen qui a du mal à joindre les deux bouts.

Tout cela est le corolaire des choix arbitraires qui ne tiennent pas compte de la réalité de la chose agricole, mais aussi la cause principale des erreurs du passé. Certes, des hommes et des femmes ont beaucoup donné au secteur et contribué à son développement. Mais les projets d’investissement et de réalisation n’ont pas été inscrits dans la durée, et d’autres ont fini par aller à vau-l’eau, en l’absence de vrais plans de gestion et d’orientation décisifs et proactifs.

D’ailleurs, on se vantait d’avoir construit des ouvrages hydrauliques, mis en valeur des terres arables et exploité à bon escient tout un potentiel maritime et forestier, pour se retrouver, aujourd’hui, dans une situation peu enviable : barrages à faible taux de remplissage, ressources hydriques insuffisantes, grandes cultures en manque de semences et d’engrais, produits céréaliers en deçà de nos besoins (blé dur), pénuries fréquentes d’eau et de plusieurs denrées alimentaires de base (pain, huile végétale subventionnée..), moutons de sacrifice non disponibles ou commercialisés à prix excessif..

Alors, de quelle agriculture parle-t-on dans un pays censé être agricole par excellence, si aucun des secteurs qui lui sont liés n’a, jusqu’ici, réalisé son autosuffisance ? Car, il n’y a plus de vision futuriste qui aurait présidé à tout plan d’action et projet de développement. Voilà, pourquoi on en est arrivés là.

Un outil d’aide à la décision

Et si notre politique agricole, engagée depuis l’indépendance, était conçue dans un esprit de durabilité, sur des études prospectives préétablies et outillées de statistiques et données chiffrées quantitatives et qualitatives? Il a fallu attendre 70 ans pour se rendre compte qu’un recensement agricole général, aussi numérique soit-il, est plus qu’impératif, voire un outil d’aide à la prise de décision dans les meilleurs délais. On entend, ici, par recensement agricole la collecte des données actualisées et exhaustives sur nos exploitations agricoles, leur répartition géographique, activités, ressources, ainsi que leurs caractéristiques structurelles et productives, ce qui est en mesure de fournir des indicateurs précis sur le secteur agricole, la diversité des filières de production et leurs spécificités de développement, tant au niveau national que régional. Soit un document de référence dont on peut se servir pour traduire les stratégies en programmes de développement concrets, avec des projets d’investissement à engagement de résultats et une maîtrise de risques.

Pour ce faire, le ministère de l’Agriculture a fait appel aux médias publics, en tant que partenaire associé à cette opération, afin de pouvoir bien communiquer les objectifs de ce recensement et sensibiliser les agriculteurs sur leur rôle dans cette démarche et la portée des informations qu’ils vont divulguer en toute transparence et précision. Cela pour leur intérêt et pour celui du secteur en général. Tout en les rassurant que leurs données sont protégées et ne feront l’objet d’aucun contrôle fiscal.

A l’échelle des régions, ce recensement est déjà lancé, sous l’égide des gouverneurs, avec le concours des Crda et des autorités locales compétentes. Tous les moyens humains et logistiques nécessaires à l’accomplissement de cette mission semblent être mobilisés. De même, les équipes de recenseurs, déjà formées, sont prêtes à entamer, au cours de ce mois, la collecte des données sur le terrain. Espérons que ce recensement portera ses fruits d’ici les années à venir.

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Auteur

Kamel FERCHICHI

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