Budget 2027 : l’Éducation franchit pour la première fois le cap des 9 milliards de dinars
Le budget du ministère de l’Éducation franchira pour la première fois le seuil des 9 milliards de dinars en 2027. Les ressources allouées à la mission du département sont fixées à 9 184 millions de dinars, contre 8 700 millions de dinars en 2026, soit une hausse de 484,5 millions de dinars, correspondant à une progression de 5,56 %.
Cette enveloppe représente 19,1 % du budget de l’État pour 2027, estimé à environ 68,9 milliards de dinars, selon le document relatif à la mission du ministère de l’Éducation pour l’année prochaine. Sur la période 2020-2027, le budget du département a ainsi progressé de 41 %.
Présentant les grandes orientations du projet de budget, le ministre de l’Éducation, Noureddine Nouri, a indiqué que les crédits alloués à son département reflètent la place accordée à l’éducation et à l’enseignement parmi les priorités de l’État, ainsi que son engagement à poursuivre les investissements dans ce secteur.
Le ministre s’exprimait vendredi lors d’une séance conjointe de la commission de l’Éducation, de la Formation professionnelle, de la Recherche scientifique, de la Jeunesse et des Sports à l’Assemblée des représentants du peuple (ARP) et de la commission du Développement et des Services sociaux au Conseil national des régions et des districts, consacrée à l’examen de la mission du ministère dans le cadre du projet de budget de l’État pour 2027.
La masse salariale absorbe près de 90 % du budget
Les dépenses salariales représentent près de 90 % du budget du ministère pour 2027. Les effectifs du département s’élèvent à 215 503 agents, dont 4 588 mis à disposition dans le cadre de la coopération technique. Quelque 75 % de l’ensemble des ressources humaines du ministère exercent dans le domaine de l’enseignement.
L’augmentation de la masse salariale dépassera 585 millions de dinars en 2027. Elle comprend 348 millions de dinars au titre des augmentations salariales et 150 millions de dinars destinés à couvrir le coût des recrutements programmés pour la même année, qui portent sur 5 855 postes. Le reste concerne notamment les dépenses liées aux promotions et à la régularisation de la situation des ouvriers des chantiers.
Dans sa présentation, Noureddine Nouri a également réaffirmé la volonté de l’État de garantir l’égalité des chances, de réduire les disparités régionales et d’assurer un environnement éducatif attractif et sécurisé. Il a notamment insisté sur la protection des établissements scolaires et la lutte contre le décrochage.
Le ministère entend, par ailleurs, poursuivre ses efforts en faveur de la transition numérique dans le secteur éducatif et renforcer la vie scolaire à travers des activités éducatives, culturelles, récréatives et sportives. Le développement du système de formation et le renforcement des compétences figurent également parmi les priorités, avec des programmes destinés aux cadres pédagogiques et aux enseignants.
Un nouvel établissement du programme de la deuxième chance à Mahdia
Concernant la lutte contre le décrochage scolaire, le ministre a annoncé la poursuite du programme de la deuxième chance, avec la création d’une nouvelle antenne dans le gouvernorat de Mahdia. Le département prévoit également de renforcer le repérage précoce des élèves exposés à l’échec scolaire, afin de leur apporter un accompagnement et de limiter les abandons.
Pour l’enseignement primaire, le programme prévoit la généralisation de l’année préparatoire et l’amélioration de sa qualité au profit de tous les élèves. Il vise également à consolider leurs acquis et à rendre la vie scolaire plus attractive.
S’agissant de l’enseignement préparatoire et secondaire, les efforts porteront principalement sur l’amélioration des acquis des élèves et le renforcement de leur niveau scolaire.
La mission du ministère de l’Éducation pour 2027 s’articule autour de trois programmes : l’enseignement primaire, l’enseignement préparatoire et secondaire, ainsi que le pilotage et l’appui. Dans la répartition des crédits, l’enseignement préparatoire et secondaire absorbe plus de la moitié du budget, avec près de 4 898 millions de dinars, contre 3 437 millions de dinars consacrés à l’enseignement primaire.
Les dépenses liées à la rentrée scolaire constituent le poste le plus important des dépenses de fonctionnement du ministère, avec une enveloppe de 485,5 millions de dinars.
Les investissements reculent de 70 millions de dinars
Au titre des dépenses d’investissement, le ministère prévoit une enveloppe de 410 millions de dinars pour l’aménagement et l’entretien des écoles primaires, des collèges et des lycées, contre 480 millions de dinars en 2026. Cette enveloppe accuse ainsi une baisse de 70 millions de dinars et couvre aussi bien les projets en cours que les nouvelles opérations.
Le nombre d’écoles primaires devrait atteindre 4 604 au cours de la prochaine année scolaire, contre 4 596 durant l’année scolaire actuelle. Les collèges et les lycées devraient, quant à eux, être au nombre de 1 576 environ et accueillir 1 146 109 élèves.
Neuf nouveaux établissements scolaires sont prévus pour la prochaine rentrée. Il s’agit de six collèges à Zaghouan, Tabarka, Bouarada (gouvernorat de Siliana), Rouadhi (gouvernorat de Mahdia) et Kseïba (gouvernorat de Sousse), ainsi que de trois lycées à Nabeul, Béja et Bizerte.
Le ministre a enfin reconnu la persistance de plusieurs difficultés dans le secteur, notamment la surcharge des classes, les disparités régionales et le manque de certaines spécialités. Il a assuré que son département poursuivra ses efforts pour remédier à ces problèmes et concrétiser les objectifs fixés, en particulier l’amélioration de la qualité de l’enseignement, le développement des infrastructures scolaires, la réduction des inégalités régionales et le renforcement des mécanismes d’évaluation et de suivi.



