Economie

Investissements étrangers en Tunisie – La sécurité : Le secret d’un bon rendement économique

  • 7 novembre 2026
  • 7 min de lecture
Investissements étrangers en Tunisie – La sécurité : Le secret d’un bon rendement économique
6 min de lecture

La sécurité est généralement abordée sous l’angle de l’ordre public et de la stabilité sociale. Elle constitue pourtant également une composante importante de l’environnement économique et du climat des affaires. La possibilité de circuler librement, de travailler dans des conditions sereines, de protéger les biens et d’assurer la continuité des activités commerciales participe directement à la confiance des acteurs économiques. Pour les investisseurs, notamment étrangers, la qualité de l’environnement sécuritaire figure ainsi parmi les éléments pris en considération dans l’évaluation des risques et la prise de décision.

La Presse —Au-delà de sa dimension sociale, la sécurité présente des enjeux économiques multiples. Elle contribue à la préservation de l’activité, à la protection du tissu entrepreneurial et au renforcement de l’attractivité des territoires. Dans un contexte de concurrence accrue entre les destinations d’investissement, cette dimension mérite une attention particulière.

Un élément déterminant du climat des affaires

Pour les petites entreprises, les commerçants, les artisans et les professionnels indépendants, mais aussi pour les investisseurs étrangers, la protection des personnes et des biens représente une préoccupation permanente. Les dépenses consacrées à la sécurisation des locaux, des équipements et des marchandises peuvent peser sur les charges d’exploitation, particulièrement pour les structures disposant de moyens financiers limités. À ces coûts directs s’ajoutent des considérations moins visibles, mais tout aussi importantes. Les risques de vols, d’actes de vandalisme ou de perturbations de l’activité peuvent conduire les entreprises à adapter leurs horaires, à renforcer leurs dispositifs de protection ou à revoir certaines modalités de fonctionnement. Ces ajustements ont des répercussions sur les coûts, l’organisation du travail et, dans certains cas, les perspectives de développement.

La question de la sécurité intervient également dans les décisions des investisseurs étrangers. Avant de s’engager sur un nouveau marché, ces derniers évaluent différents paramètres: la stabilité macroéconomique, la qualité des infrastructures, la disponibilité des compétences, la prévisibilité du cadre réglementaire, mais aussi les conditions générales d’exploitation et de protection de leurs investissements. Consciente de l’importance de cet enjeu, la Tunisie accorde une attention particulière à la préservation de la sécurité des citoyens et à la protection des personnes et des biens. Les efforts déployés par les différentes institutions concernées visent à contribuer à un environnement favorable à la vie quotidienne, à la continuité des activités économiques et à la confiance des opérateurs. Cette exigence concerne aussi bien les hommes d’affaires tunisiens que les investisseurs et les partenaires étrangers, dont la confiance repose également sur la possibilité d’exercer leurs activités dans des conditions de sécurité et de stabilité. Ces efforts se traduisent notamment par des actions concrètes en matière de prévention et de protection. Le 27 mars 2026, le Groupe chimique tunisien (GCT) et l’Office national de la protection civile (Onpc) ont signé un accord-cadre de coopération couvrant la période 2026-2028. Celui-ci prévoit des visites préventives périodiques, des exercices pratiques ainsi que des sessions de formation destinées aux cadres et aux agents du groupe, afin de renforcer la sécurité au sein de ses différents sites industriels. Par ailleurs, l’ONPC a engagé, en août 2026, une procédure d’acquisition d’un système de vidéosurveillance à Tunis. Ces initiatives illustrent le rôle des équipements, de la prévention et de la coordination institutionnelle dans la protection des personnes, des biens et des installations. La sécurité s’inscrit ainsi parmi les facteurs qui contribuent à la perception du risque-pays. Si elle ne constitue pas, à elle seule, un déterminant de la décision d’investissement, elle participe à l’appréciation globale de l’environnement dans lequel les entreprises sont appelées à évoluer. Cette dimension concerne également l’attractivité des territoires. La qualité des espaces publics, l’éclairage, l’accessibilité et le sentiment de sécurité influencent les habitudes de déplacement, la fréquentation des commerces et le développement des activités de proximité. Les centres urbains et les zones commerciales peuvent ainsi tirer profit d’un environnement favorable à la mobilité et à la fréquentation, y compris en soirée. À Tunis, Sousse, Sfax et dans les autres pôles urbains du pays, la dynamisation des espaces commerciaux et des activités nocturnes représente, à cet égard, un enjeu économique et territorial. Un environnement urbain accueillant et bien aménagé contribue à renforcer l’attractivité des quartiers, à encourager la consommation et à favoriser l’émergence de nouvelles activités de services.

Pour une approche intégrée de la sécurité économique

La sécurité économique ne repose pas uniquement sur la protection des personnes et des biens. Elle suppose également un environnement urbain et institutionnel favorable à la continuité des activités et à la confiance des opérateurs. Dans cette perspective, la prévention, l’aménagement urbain, l’éclairage public, la qualité des espaces collectifs et la coordination entre les différents intervenants constituent autant de leviers complémentaires. La prévention occupe notamment une place importante. L’amélioration de l’environnement urbain, la valorisation des espaces publics, le renforcement de l’éclairage et le développement d’activités économiques de proximité peuvent contribuer à rendre les quartiers plus attractifs et à favoriser leur fréquentation. Ces interventions gagnent à s’inscrire dans une démarche concertée associant les collectivités locales, les acteurs économiques et les différentes structures concernées. La question des moyens et de leur allocation mérite également d’être prise en considération. Les investissements dans les infrastructures urbaines, les équipements de protection et les dispositifs de prévention peuvent produire des retombées qui dépassent leur objectif immédiat. En contribuant à améliorer les conditions d’exploitation des entreprises et la qualité de vie des citoyens, ils participent aussi au renforcement de l’attractivité économique des territoires. Il serait, par ailleurs, pertinent de développer des indicateurs permettant de mieux appréhender les liens entre environnement sécuritaire et activité économique. Les dépenses de protection supportées par les entreprises, les pertes d’exploitation déclarées, l’évolution de la fréquentation des espaces commerciaux ou encore la perception des risques par les investisseurs constituent autant de données susceptibles d’éclairer les décisions et d’orienter les politiques d’accompagnement. Pour la Tunisie, qui cherche à consolider son positionnement en tant que destination d’investissement, l’amélioration continue de l’environnement des affaires passe par une approche globale intégrant les dimensions économiques, sociales, territoriales et sécuritaires. La compétitivité d’un pays ne dépend pas uniquement des avantages fiscaux, des coûts de production ou de la qualité de ses infrastructures. Elle repose également sur les conditions dans lesquelles les entreprises peuvent exercer leurs activités, développer leurs projets et inscrire leurs investissements dans la durée. La confiance économique se construit à travers un ensemble de facteurs complémentaires. La stabilité, la prévisibilité, la qualité des services et la protection des personnes et des biens contribuent à créer un environnement propice à l’initiative privée et à l’investissement. En définitive, la sécurité dépasse le seul cadre de l’ordre public pour devenir une composante à part entière de la performance économique. Sa prise en compte dans les stratégies de développement territorial et d’amélioration du climat des affaires peut contribuer à renforcer la confiance des opérateurs, à soutenir le dynamisme commercial et à consolider l’attractivité de la Tunisie auprès des investisseurs.

Auteur

Mohamed Hedi ABDELLAOUI

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