Tinja-Menzel Bourguiba : les feux rouges de l’indifférence
Image d’illustration
Aux passages à niveau de Tinja et de Menzel Bourguiba, la panne semble être devenue la norme. Une situation qui interroge gravement la responsabilité des gestionnaires de l’infrastructure ferroviaire.
Des feux rouges que plus personne ne respecte
Sur la route rapide reliant Bizerte à Menzel Bourguiba, les trois passages à niveau de Tinja et de la Cité maritime présentent le même spectacle : des feux rouges clignotant en permanence.
Face à une alerte devenue continue, les conducteurs ont fini par s’habituer. Ceux qui s’arrêtent encore sont accueillis par des coups de klaxon. Les autres traversent les rails sans précaution particulière. Le signal de danger est toujours là, mais il ne signifie plus rien. Et c’est précisément ce qui le rend dangereux.
Un dispositif de sécurité n’est efficace que lorsqu’il est crédible. Lorsqu’un feu rouge clignote sans interruption pendant des semaines, des mois ou des années, il ne prévient plus du danger : il le banalise.
Le jour où un train se présentera réellement, combien d’automobilistes croiront encore à l’alerte ?
À cela s’ajoute l’état déplorable de la chaussée au niveau des traversées, dont les déformations mettent quotidiennement à rude épreuve les véhicules et leurs occupants.
De longues années de laxisme
Le plus troublant est que cette situation n’a rien de nouveau. De nombreux usagers se souviennent des mêmes dysfonctionnements il y a plus de vingt ans.
Une question s’impose alors : comment une défaillance aussi ancienne peut-elle continuer à affecter des équipements aussi essentiels à la sécurité publique ?
Lorsqu’une panne devient permanente, elle cesse d’être un incident. Elle révèle un défaut d’entretien et de suivi dont les responsables ne peuvent se décharger.
Avant qu’il ne soit trop tard
Il appartient désormais à la SNCFT, au ministère du Transport et aux autorités régionales de sortir de leur silence et d’agir.
Les citoyens sont en droit d’exiger des explications, mais surtout des résultats. La sécurité publique ne peut être abandonnée au hasard ni sacrifiée sur l’autel de la négligence administrative. Car le véritable scandale n’est pas la panne.
Le véritable scandale est qu’elle dure depuis si longtemps que tout le monde a fini par la considérer comme normale.
Et lorsqu’une société cesse de s’étonner de ce qui menace sa sécurité, c’est qu’elle est déjà en train d’accepter l’inacceptable.
Le jour où un drame surviendra, personne ne pourra invoquer la fatalité. La fatalité est imprévisible. Ici, le danger est signalé depuis des années. Ce ne sera pas l’échec d’un feu rouge. Ce sera l’échec de ceux qui ont choisi de ne pas le réparer.



