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Alexandre zolotov, Ambassadeur de Russie à Tunis : La Tunisie, partenaire traditionnel, fiable et hautement apprécié

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  • 11 mai 2026
  • 7 min de lecture
Alexandre zolotov, Ambassadeur de Russie à Tunis : La Tunisie, partenaire traditionnel, fiable et hautement apprécié

L’ambassadeur de Russie à Tunis, Alexandre Zolotov, a déclaré que « la Tunisie est un partenaire traditionnel, fiable et hautement apprécié par la Russie dans la région du Moyen-Orient et de l’Afrique du Nord (Mena) », soulignant l’évolution de la coopération bilatérale entre les deux pays dans les domaines politique, économique, commercial et culturel.

Dans une interview accordée à l’agence Tunis-Afrique Presse (TAP), à l’occasion du 17e Forum économique international « Russie – Monde islamique », qui se tiendra du 12 au 17 mai à Kazan, le diplomate russe a mis en avant « la croissance des échanges commerciaux entre la Tunisie et la Russie », laquelle a-t-il dit, « a franchi la barre de 1,8 milliard de dollars ».

Il a également noté la présence croissante de produits tunisiens sur le marché russe, en particulier l’huile d’olive, ainsi que le regain d’intérêt des touristes russes pour la destination Tunisie, en dépit de l’absence de vols directs.

Le responsable russe a, par ailleurs, abordé les enjeux économiques et géopolitiques du Forum de Kazan, ainsi que les relations de Moscou avec le monde islamique et l’Afrique. Il a réaffirmé l’attachement de son pays à ce qu’il a qualifié de « partenariat gagnant-gagnant » avec la Tunisie.

Voici l’intégralité de l’interview:

Comment évaluez-vous aujourd’hui la coopération entre la Tunisie et la Russie, surtout au niveau des échanges commerciaux ? Et peut-on espérer davantage d’exportations tunisiennes vers la Russie, notamment les produits agricoles ?

La Tunisie est un de nos partenaires traditionnels au Moyen-Orient et en Afrique du Nord. Elle est aussi un partenaire fiable et  beaucoup apprécié. Nous coopérons avec succès dans les domaines politique, économique, culturel et autres, en démontrant un modèle de dialogue équitable et respectueux où chaque partie est attentive aux préoccupations de l’autre. Nous souhaitons à nos amis tunisiens du succès sur la voie du développement socioéconomique durable et du renforcement de la souveraineté nationale.

Le mécanisme principal en charge de notre coopération est la Commission mixte intergouvernementale. Nous préparons sa 9e session, qui sera accompagnée par un forum d’affaires. Entretemps, nous avons réussi à augmenter nos échanges commerciaux, qui ont dépassé la barre de 1,8 milliard de dollars.

Avec cet indicateur, la Tunisie se positionne en  tête de nos partenaires commerciaux en Afrique. S’agissant des exportations tunisiennes vers la Russie, l’huile d’olive figure en première place, et notre consommateur prend de plus en plus goût aux qualités alimentaires de ce produit.

La Tunisie reste une destination privilégiée pour les touristes russes. Quelles sont les solutions envisagées pour développer davantage ce secteur, notamment pour le transport aérien ?

Nos touristes reviennent progressivement malgré le manque évident de vols directs. Le gage de leur retour en masse, c’est l’image de marque de la Tunisie en Russie, grâce à l’héritage civilisationnel du pays, ses sites historiques, l’hospitalité et la qualité des services.

Je vous assure que la demande pour passer des vacances en Tunisie est grande. Cela pousse les tour-opérateurs à faire preuve de créativité pour satisfaire cette demande croissante des touristes russes.  

Le Forum économique de Kazan est devenu un rendez-vous important entre la Russie et le monde islamique. Quelles opportunités peut-il offrir aux entreprises tunisiennes publiques ou privées?

Une de nos priorités en politique étrangère consiste à dynamiser les relations avec le monde islamique. Nous avons obtenu le statut d’observateur auprès de l’Organisation de la coopération islamique (OCI) et formé le Groupe de vision stratégique « Russie-Monde islamique », qui fête cette année son 20e anniversaire. 

Il existe des régions en Russie où les musulmans sont majoritaires. Il est donc tout à fait logique que nous ayons pris l’initiative d’instituer un espace dédié spécialement à nos partenaires islamiques qui sera une plateforme de rencontres et d’interaction.

L’année précédente, le Forum de Kazan a rassemblé un nombre record de participants — personnalités publiques, hommes d’affaires, représentants des médias et de la société civile — venant de près d’une centaine de pays. Un événement d’une telle ampleur suscite naturellement un intérêt accru, notamment pour explorer les créneaux de coopération dans différents domaines. 

Bref, c’est une occasion à saisir pour ceux qui cherchent à tisser des liens productifs et contractuels.

Je tiens également à rappeler que cette année la ville de Kazan a été proclamée « Capitale culturelle du monde islamique », ce qui donnera une dimension encore plus spectaculaire à ce forum.

Kazan s’intéresse de plus en plus à la finance islamique et aux produits halal. Voyez-vous des possibilités de coopération avec la Tunisie dans ces domaines ?

Évidemment, il est dans notre intérêt d’exploiter ce terrain propice à une « valeur ajoutée » partagée. Des contacts préliminaires dans ce sens ont déjà été engagés. J’espère qu’ils se concrétiseront dans les meilleurs délais.

Comment ce forum peut-il aider les jeunes entrepreneurs tunisiens et les startups à accéder au marché russe ?

L’essentiel pour les débutants dans le monde des affaires est de trouver un interlocuteur responsable et prêt à prendre des risques calculés. Grâce à son statut international, le Forum de Kazan jouit à juste titre d’une haute réputation dans les milieux des investisseurs et des entrepreneurs crédibles. Il suffit de s’y rendre pour constater que mes propos concordent entièrement avec la réalité.

Plusieurs pays souhaitent aujourd’hui se rapprocher des BRICS. Comment voyez-vous les relations possibles entre la Tunisie et ce groupe ?

Il est notoire que ce groupement attire plusieurs pays. C’est un indicateur de son succès et de son poids croissant sur la scène internationale. Le groupement est ouvert à la coopération avec tous ceux qui le souhaitent. Toutefois, puisqu’il s’agit d’un cadre multilatéral, ses décisions sont prises de manière collective. 

Par ailleurs, je n’ai entendu personne se plaindre d’être repoussée par les BRICS. Les perspectives de coopération existent donc bel et bien mais pour les concrétiser, il faut manifester un intérêt officiel et engager des concertations afin de définir les axes et les mécanismes pertinents.

Après le Forum de partenariat Russie-Afrique organisé au Caire en décembre dernier, comment voyez-vous l’avenir de la coopération entre la Russie et les pays africains, notamment la Tunisie ?

Ce forum se positionne en tant que prélude au troisième Sommet Russie-Afrique, prévu au mois d’octobre à Moscou. Un nouveau plan d’action commun y sera adopté. Depuis le premier sommet, il y a sept ans, la présence russe en Afrique s’est considérablement renforcée dans les domaines économique, commercial, culturel, médiatique et autres. 

Nous comptons poursuivre sur cette lancée en apportant notre contribution au développement de ce continent qui, pendant des siècles, a été une source de prospérité pour les autres, sans que cela profite véritablement à sa propre population.

Les choses changent radicalement aujourd’hui et l’Afrique se propulse progressivement sur le devant de la scène globale et réclame son droit à la place qui est la sienne dans le concert des nations. Nous saluons ces changements, tout en étant confiants dans la capacité de la communauté africaine d’apporter des réponses constructives aux défis universels contemporains.

Interview réalisée par Basma Chettaoui (Tap)

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Auteur

La Presse

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