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Société

Gestion des mosquées : Le ministère des Affaires religieuses précise les mécanismes de contrôle et de sanction

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  • 18 mai 2026
  • 3 min de lecture
Gestion des mosquées : Le ministère des Affaires religieuses précise les mécanismes de contrôle et de sanction

Le ministère des Affaires religieuses vient de lever le voile sur les procédures qui encadrent désormais la gestion des mosquées en Tunisie.

En réponse à une question écrite formulée par plusieurs députés et publiée sur le site officiel de l’Assemblée des représentants du peuple, le département ministériel a, en effet, affirmé que le traitement des irrégularités constatées dans la gestion des mosquées se fait à deux niveaux d’intervention. Les alertes proviennent soit du suivi direct assuré sur le terrain par les structures locales, soit à travers des pétitions et des plaintes citoyennes qui dénoncent des manquements ou, à l’inverse, pour soutenir certains cadres religieux.

Au cœur de ce dispositif de contrôle se trouve le prédicateur local, une figure administrative présente dans chaque délégation du pays. Ce responsable est chargé de superviser le bon déroulement des affaires religieuses dans les mosquées relevant de sa circonscription. Face aux plaintes ou autres anomalies, il mène une première évaluation et rédige un rapport officiel à l’intention de la direction régionale. Cette dernière procède à des vérifications complémentaires avant de remonter le dossier à l’administration centrale. En cas de situation complexe exigeant des investigations approfondies, le ministre des Affaires religieuses peut ordonner une enquête administrative sur le terrain, confiée à des équipes spécialisées de l’Inspection générale des affaires religieuses ou de l’Inspection générale des affaires administratives et financières.

Pour ce qui est des requêtes et pétitions déposées directement au bureau d’ordre central du ministère, elles sont prises en charge par le Bureau des affaires régionales et par des institutions sous tutelle. Ce service assure une coordination étroite entre les différents acteurs régionaux et centraux afin d’étudier la situation avant de soumettre un rapport d’arbitrage au ministre. Ce dernier décide alors des mesures correctives ou des inspections à diligenter.

Le ministère a également rappelé que le statut, l’activité ou le licenciement des cadres des mosquées, (qu’il s’agisse des imams prédicateurs, des imams des cinq prières, des muezzins ou des préposés à l’entretien), restent strictement régis par le décret gouvernemental n° 1228 du 24 décembre 2019. Et comme leur nomination relève d’une décision ministérielle basée sur les propositions d’une commission d’évaluation des candidatures, toute révocation ou fin de mission pour non-respect des obligations professionnelles doit par conséquent obligatoirement s’appuyer sur les rapports factuels transmis par les représentants régionaux du ministère.

En ce qui concerne le recrutement des muezzins, le ministère a indiqué que les capacités à lancer l’appel à la prière de manière correcte et harmonieuse sont rigoureusement testées avant leur intégration. Une fois en poste, ils sont encadrés par le prédicateur local. Le ministère insiste dans ce cadre sur le fait qu’aucune sanction ou révocation n’est prononcée de manière arbitraire. Les procédures disciplinaires à cet égard, sont proportionnelles à la gravité de la faute commise, le décret de 2019 soumettant les cadres des mosquées aux mêmes sanctions que celles applicables aux agents temporaires de la fonction publique, conformément à la loi n° 112 de l’année 1983.

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Auteur

Abir Chemli

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