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Cannes 2026 : Une présence africaine en demi-teinte

  • 18 mai 2026
  • 3 min de lecture
Cannes 2026 : Une présence africaine en demi-teinte

La 79e édition du Festival de Cannes confirme la présence du cinéma africain, mais celle-ci reste limitée et principalement concentrée dans la section « Un Certain Regard ».

Aucun film du continent ne figure en compétition pour la Palme d’or, ce qui cantonne sa visibilité aux autres sections de la sélection officielle.

La Presse — Dans « Un Certain Regard », trois longs métrages incarnent cette présence. « Ben’Imana », de la réalisatrice rwandaise Marie-Clémentine Dusabejambo, coproduction réunissant plusieurs pays d’Afrique, Rwanda, Gabon, Côte d’Ivoire, et d’Europe tels la Norvège et la France, explore les enjeux de mémoire et de reconstruction au Rwanda. « Congo Boy », du cinéaste centrafricain Rafiki Fariala, suit le parcours d’un jeune homme confronté à la précarité et à ses aspirations artistiques.

Enfin, « Strawberries (La Más Dulce) », de la réalisatrice marocaine Laïla Marrakchi, s’inscrit dans un registre intime et social. Ces trois films concentrent l’essentiel de la présence africaine dans la sélection officielle. Tous sont réunis dans « Un Certain Regard », section officielle à part entière, reconnue comme un espace de découverte et de reconnaissance pour des cinématographies émergentes ou singulières.

En parallèle, d’autres sections du festival offrent une visibilité complémentaire. A la Quinzaine des cinéastes, « Clarissa », réalisé par les jumeaux nigérians Arie et Chuko Esiri, revisite «Mrs Dalloway» de Virginia Woolf dans le Lagos contemporain, avec Sophie Okonedo et David Oyelowo.

A la croisée du drame social et du conte, « Man’mi» tisse un lien entre la légende de la reine baoulé Abla Pokou et les souvenirs intimes et douloureux de la réalisatrice Aude N’Guessan Forget. Le festival consacre également une place à la mémoire du cinéma africain.

Dans la section Cannes Classics, un hommage est rendu au cinéaste burkinabè Idrissa Ouédraogo avec la projection restaurée en 4K de «Tilaï», Grand Prix du jury en 1990. Cette version restaurée, présentée en présence de sa fille Nora Ouédraogo et de la productrice Silvia Voser, intègre une séquence inédite de douze minutes, disparue depuis la sortie du film.

Malgré cette diversité de présences, le cinéma africain continue d’exister en demi-teinte à Cannes, principalement à travers les sections parallèles et de découverte. Cette situation s’explique notamment par les difficultés structurelles de financement et de production, qui limitent encore l’accès aux grandes compétitions.

Toutefois, l’essor de coproductions plus solides, comme « Ben’Imana », financé en partie depuis le continent, laisse entrevoir une dynamique importante tout en ouvrant la voie à une production plus autonome. Reste à savoir si cette évolution permettra, à terme, au cinéma africain de s’imposer durablement dans la compétition officielle, au fil des années.

Auteur

Samira DAMI

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