L’assemblée générale ordinaire de la SFBT du 19 mai 2026 a réservé plusieurs surprises majeures. La première concerne un contrôle douanier rétroactif portant sur vingt ans d’exportations, soldé par un redressement de 11,5 millions de dinars. La seconde est une politique environnementale, sociale et éthique, allant des énergies renouvelables à la titularisation massive de près de 1500 salariés, en passant par des actions de mécénat, de formation, de soutien sportif et culturel, ainsi que des mécanismes d’intéressement et de financement pour les employés.
Le redressement douanier, qui aurait pu être interprété comme un signal négatif, a été rigoureusement contextualisé par le directeur général Elyes Fakhfakh. Rapporté au total des exportations sur vingt ans, le montant ne représente que 1,35 %. En excluant les affaires sous procédure judiciaire contre des fournisseurs défaillants, ce ratio tombe à 0,75 %. Après déduction des factures réglées mais non encore apurées documentairement, il descend à 0,47 %. Autrement dit, 99,53 % des exportations de la SFBT sur deux décennies ont été dûment réglées. Un accord de paiement échelonné a été conclu avec la douane, et le groupe a provisionné les sommes correspondantes.
Parallèlement, la SFBT déploie une stratégie environnementale concrète, bien loin des déclarations d’intention. La centrale photovoltaïque de Médenine couvre désormais 31 % des besoins énergétiques du site. Une station biologique de traitement des eaux a été installée à la SGBIA. Le groupe valorise les radicelles d’orge, sous-produits de la fabrication de bière, pour l’alimentation animale, bouclant ainsi une chaîne de valeur circulaire.
Sur le plan social, les actions sont multiples et structurantes. En application du décret de 2025 sur l’interdiction de la sous-traitance de main-d’œuvre, la SFBT a procédé à la titularisation de 1 444 collaborateurs, incluant 852 employés sous contrat à durée déterminée ainsi que 269 agents de sécurité et de nettoyage précédemment employés par des prestataires externes, pour un coût total de près de 5 millions de dinars. L’effectif du groupe est ainsi passé de 5702 à 5914 salariés, dont 1 507 cadres et agents de maîtrise, avec une répartition de 43 % de femmes et 57 % d’hommes parmi les cadres, pour un âge moyen de 43 ans.
En matière de formation, 4260 collaborateurs ont été formés au cours de l’année 2025, soit un taux d’accès de 96,3 %, en hausse de 24 % par rapport à 2024. Le modèle pédagogique équilibre ressources internes, formation certifiée et expertise externe.
Pour 2026, le groupe ambitionne de déployer des parcours structurés par filières métiers et d’accélérer la digitalisation des dispositifs pédagogiques.
Sur le volet éthique et conformité, plus de 1362 salariés ont été formés aux thématiques de conformité, notamment au code de conduite, au triangle de la fraude, au droit de la concurrence, à la lutte contre la corruption et au blanchiment d’argent. Le groupe a recueilli 906 déclarations de conflits d’intérêts potentiels et affiche un taux de conformité global supérieur à 82 %. Une plateforme digitale de reporting et d’évaluation de la conformité a été déployée, et le groupe a organisé la Journée internationale de lutte contre la corruption.
Le dispositif d’intéressement des salariés repose sur deux mécanismes. Une prime de bilan a été distribuée au titre de l’exercice 2025, bien qu’en baisse de 54 % par rapport à celle versée en 2024 pour l’exercice 2023. Surtout, une prime de productivité permet aux employés de bénéficier de 50 % des économies réalisées en matière de consommation d’eau, d’électricité, de casse bouteilles et de rendement global. Les 50 % revenant à la société sont utilisés pour financer des crédits à taux zéro destinés à la construction pour les salariés.
En matière d’engagement citoyen et de mécénat, la SFBT mène plusieurs initiatives notables. Le groupe a réhabilité l’école Mahmoud Messadi à Kasserine, bénéficiant à 700 élèves. Il a soutenu un autre festival régional, relancé après cinq ans d’interruption, dans une logique de dynamisation de l’économie locale. Il accompagne par ailleurs 17 festivals nationaux et soutient 38 équipes sportives réparties dans 17 gouvernorats. Des partenariats ont été noués en faveur de l’insertion professionnelle des jeunes.
Ces différents volets – rigueur face aux contrôles douaniers, transition environnementale, formation massive, titularisations, éthique, intéressement, mécénat sportif et culturel, et soutien à l’éducation – dessinent le portrait d’un groupe qui construit sa performance par la transparence et l’exigence interne, bien plus que par la communication. La SFBT démontre ainsi que la robustesse financière peut s’accompagner d’une responsabilité environnementale et sociale discrète mais profondément structurante.



