Le long-métrage tunisien « Round 13 » du réalisateur Mohamed Ali Nahdi a remporté le prix du meilleur film lors du Cannes Prestige Summit. Organisé en marge du Festival de Cannes — l’un des rendez-vous cinématographiques les plus influents au monde pour l’industrie de l’image et les débats artistiques internationaux —, ce sacre marque un nouveau jalon pour le cinéma tunisien sur la scène mondiale.
Bien qu’obtenue dans le cadre d’un événement parallèle, cette consécration revêt une symbolique forte. Elle s’inscrit au cœur même de l’écosystème cannois, véritable référence mondiale en matière de critique, de révélation de talents et de tendances contemporaines. Ainsi, le prix décerné à « Round 13 » dépasse la simple distinction : il s’agit d’une reconnaissance internationale de l’aptitude du cinéma tunisien à rivaliser avec des œuvres de tous les continents, au sein d’un environnement hautement sélectif. Ce trophée ouvre également les portes d’un vaste réseau de producteurs, de distributeurs et de décideurs de l’industrie globale, offrant au film une valeur ajoutée cruciale pour sa diffusion et sa distribution internationale.
« Round 13 » : Quand le ring devient le miroir de la vie
Derrière ce triomphe se cache un drame profondément humain qui explore la vulnérabilité de l’Homme plutôt que l’action brute. Le film retrace l’histoire de Kamel, un ancien boxeur projeté hors du ring qui a façonné son identité, pour mener un tout autre combat : faire face à la maladie grave de son fils. Le conflit n’est plus seulement physique, il devient une cruelle épreuve intérieure entre l’impuissance et la résilience, l’effondrement et la dignité. Au-delà du drame, l’œuvre interroge le sens même de la force : réside-t-elle dans les muscles sur le ring, ou dans la capacité à rester debout quand tout s’écroule à l’extérieur ?
Aux côtés de Kamel, le récit tisse une autre intrigue humaine à travers le personnage de la mère, Souad. Visage silencieux de la douleur, elle incarne un carrefour où s’entremêlent l’amour, la peur, la patience et le déchirement, au sein d’une cellule familiale testée par les limites de la vie.
Pour son deuxième long-métrage, Mohamed Ali Nahdi s’est entouré d’un casting porté par Helmi Dridi, Afef Ben Mahmoud et le jeune Hédi Jabouria dans le rôle de Sabri, le fils dont la maladie bouleverse le destin familial. Le film bénéficie également de la participation remarquable de l’illustre Lamine Nahdi, ainsi que des apparitions marquantes de Salwa Mohamed et Samah Sankari dans des rôles secondaires poignants.
Avant cette consécration cannoise, « Round 13 » avait déjà entamé une belle trajectoire internationale, marquée notamment par le prix de la meilleure actrice décerné à Afef Ben Mahmoud au Festival international du film du Caire, en plus de sélections remarquées dans plusieurs festivals. Le film s’impose ainsi progressivement comme l’une des œuvres tunisiennes les plus en vue du moment.
Grâce à ce prix au Cannes Prestige Summit, « Round 13 » franchit une nouvelle étape hors de ses frontières, là où la valeur d’un film se mesure à sa capacité à emporter l’émotion. Ce succès ajoute un nouveau chapitre à l’histoire d’un cinéma tunisien qui s’impose à l’échelle internationale d’une voix feutrée mais profonde, à l’image du récit captivant de ce long-métrage.



