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Zuheiri Misrawi, ambassadeur d’Indonésie en Tunisie à la presse : «C’est toute une fête culturelle indonésienne et tunisienne ! »

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  • 30 avril 2026
  • 5 min de lecture
Zuheiri Misrawi, ambassadeur d’Indonésie en Tunisie à la presse : «C’est toute une fête culturelle indonésienne et tunisienne ! »

L’Indonésie est le pays invité d’honneur de la 40e édition de la Foire internationale du livre de Tunis. Cette présence met en valeur son patrimoine intellectuel et artistique et renforce les relations culturelles entre les deux pays. SEM l’ambassadeur indonésien, Zuheiri Misrawi, nous a accordé cet entretien.

La Presse —Est-ce que vous pouvez nous donner un aperçu sur la présence de l’Indonésie à la Foire internationale du livre de Tunis cette année ?
Je souhaite d’abord remercier monsieur le Président de la République Tunisienne et Mme la ministre des Affaires culturelles d’avoir choisi l’Indonésie en invité d’honneur. C’est le premier grand événement en 66 ans. Au cours des trois premiers jours de la foire, 20 mille visiteurs sont passés par notre stand. Nous avons des activités diverses, essentiellement autour de la lecture comme cet événement qui lui est consacré, mais aussi d’autres initiatives qui illustrent les liens et les échanges entre nos deux pays.
Nous avons des livres d’Ibn Khaldoun, le penseur tunisien de renommée mondiale. Nous avons traduit son livre «Al Muqaddima» depuis les années 80 et il est enseigné dans 6.000 établissements indonésiens. Il nous a appris que «l’homme est social par nature». C’est un ouvrage important pour le vivre-ensemble. Il y a également des livres de l’érudit Tahar Ben Achour dont «Tafsir Al Tahrir wattanwir».
Il est très célèbre en Indonésie et ses réflexions sur la tolérance nous ont toujours inspirés. Nous avons plusieurs religions, plusieurs langues, plusieurs partis.. Nous nous appuyons sur ses idées à propos de la tolérance. J’ai écrit moi-même un ouvrage «Le coran livre de tolérance», inspiré des pensées de Tahar Ben Achour.
Nous avons aussi présenté des livres indonésiens traduits en arabe sur plusieurs thèmes dont des écrits sur Jakarta, sur Bali, sur les voyages de journalistes indonésiens en Tunisie.. Il y a également le coran traduit en indonésien et nous avons offert un exemplaire à monsieur le Président. C’est un livre très important pour nous et nous appliquons ses consignes dans notre vie quotidienne. On en fait 5 millions d’exemplaires chaque année.
C’est donc l’un des livres les plus imprimés et les plus lus chez nous. Il y a d’autres livres dans notre stand, écrits par des auteurs indonésiens en français, en arabe, en anglais et en indonésien et des mémoires de master de nos étudiants en Tunisie.
L’Union des étudiants indonésiens en Tunisie participe à la foire. Il y a 600 étudiants dans les universités de La Zaytouna, La Manouba, Ibn Charaf, Kairouan, Sousse… L’année prochaine il y aura aussi Jendouba et Monastir. La présence de l’Union des étudiants indonésiens est donc symbolique et reflète l’importance accordée à la jeunesse qui est l’avenir du pays.
Nous avons dans notre stand des photos de la visite du président indonésien, Ahmad Sukrano, en 1960 sur une invitation du président Bourguiba. Il y a des cartes puisque nous sommes le pays des 18 mille îles. Nous avons au programme des danses, de la musique, des conférences et même des produits culinaires à présenter.
C’est toute une fête culturelle indonésienne-tunisienne !

Comment avez-vous sélectionné les participants dans cette manifestation ? 
Nous avons invité l’Union des éditeurs indonésiens, d’autres intellectuels pour raconter notre histoire et la beauté du pays, et évidemment les Indonésiens résidant en Tunisie.

Qu’est-ce qui différencie la littérature indonésienne des autres littératures asiatiques ? 
C’est une littérature insulaire. La diversité des traditions enrichit notre littérature, ainsi que la proximité avec la nature. Nos livres sont orientés vers le beau, vers la joie.
La porte du paradis est notre symbole comme vous le voyez ici à notre stand. Nous considérons que l’Indonésie est un paradis sur terre. Nous aimons la beauté de la nature, tout comme cette beauté intérieure que nous avons en nous et qui se voit dans le comportement convivial des Indonésiens toujours souriants.
Dans notre littérature, la vie est belle en somme et nous en profitons. Nous célébrons la vie en continu. Même nos danses traduisent cette philosophie portée par notre poésie et notre littérature d’une façon générale.

Comment les Tunisiens pourraient-ils apprendre davantage sur la culture indonésienne après la foire ? 
Il y a des informations sur Internet. Il suffit de taper «wonderfulIndonesia» qui est notre slogan. On peut découvrir le pays avec ses aspects intellectuels, économiques, géographiques et autres à travers les réseaux sociaux.
Il y a aussi des livres en vente, des cours de langue, l’été, à notre ambassade. Et j’encourage à voyager pour voir le pays de plus près.

Dans un monde en mutation rapide, quel est selon vous le rôle de la culture pour rapprocher les peuples ? 
La Tunisie se distingue pour avoir misé sur la culture.
C’est le pays du livre et elle est parmi les pionniers à l’échelle arabe. Nous aussi, nous avons cette richesse que nous célébrons en continu à travers les manifestations dont cette foire. La littérature ouvre de nouveaux horizons et nous donne l’énergie dont nous avons besoin pour avancer. Avec ces philosophies et ces idées, nous ferons certainement de grands pas vers l’avenir.

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Auteur

Amal BOU OUNI

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