Hausse des salaires : +5 % annoncés… mais beaucoup moins dans la poche (vidéo)
L’augmentation salariale de 5 % annoncée récemment ne se traduira pas intégralement en gain net pour les bénéficiaires. C’est ce qu’a expliqué l’universitaire et conseiller fiscal Mohamed Salah Ayari, précisant que cette hausse est calculée sur le salaire brut, avant déduction des cotisations sociales et des impôts.
Intervenant sur les ondes de Jawhara FM, l’expert a indiqué que le montant réellement perçu dépendra du système de prélèvements en vigueur, basé sur un barème fiscal progressif. “Les taux d’imposition varient selon les tranches de revenus et ne peuvent être contournés”, a-t-il souligné.
Selon lui, cette augmentation, qui s’étalera sur les années 2026, 2027 et 2028, repose sur trois décrets distincts publiés au Journal officiel. Ceux-ci couvrent différentes catégories : les agents de l’État, des collectivités locales et des établissements publics ; les agents des entreprises publiques soumis à des statuts spécifiques ou conventions collectives ; ainsi que les magistrats, qu’ils soient de l’ordre judiciaire, administratif ou relevant de la Cour des comptes.
Revenant sur les négociations ayant précédé cette décision, Mohamed Salah Ayari a rappelé que les discussions ont été marquées par des positions divergentes. Les députés avaient initialement plaidé pour une augmentation de l’ordre de 7 %, tandis que la ministre des Finances de l’époque avait estimé qu’un tel niveau serait difficilement soutenable, suggérant un plafond de 4 % en raison des contraintes économiques.
Dans ce contexte, le taux final de 5 % apparaît comme un compromis “prévisible”, selon l’expert, compte tenu des équilibres budgétaires et des capacités financières de l’État. Il a insisté sur le fait que ces arbitrages reflètent la nécessité de concilier amélioration du pouvoir d’achat et maintien de la stabilité des finances publiques.


