Régime “Tayyibat”: l’alerte du Dr Dhaker Lahidheb après un cas qui a failli virer au drame
Un cardiologue tunisien a lancé un avertissement appuyé contre les dangers de certains régimes alimentaires diffusés sur les réseaux sociaux, après avoir pris en charge une patiente en situation critique liée à l’arrêt de son traitement médical.
Dans une publication récente, le Dr Dhaker Lahidheb, spécialiste en cardiologie reconnu en Tunisie, a relaté le cas d’une patiente admise en urgence avec un taux de glycémie extrêmement élevé (5 g/L) et des douleurs thoraciques. Le diagnostic a révélé une angine de poitrine nécessitant une intervention immédiate.
Selon le médecin, la patiente, dont l’état était auparavant stabilisé, notamment pour son diabète, avait cessé ses injections d’insuline après avoir adopté un régime alimentaire présenté sur les réseaux sociaux comme une alternative aux traitements médicaux. Cette décision a conduit à une dégradation rapide de son état de santé, nécessitant la pose d’un stent coronarien pour lui sauver la vie.
Un régime controversé au cœur de la polémique
Le régime en question, connu sous le nom de “Tayyibat”, a été popularisé par le médecin égyptien défunt Diaa El-Awadi. Il repose sur une classification des aliments entre “bénéfiques” et “nocifs”, avec pour objectif affiché de traiter diverses maladies chroniques, dont le diabète.
Ce régime privilégie notamment la consommation de viandes rouges, de graisses animales, de certains fromages et de féculents, tout en excluant totalement des catégories d’aliments essentielles telles que les œufs, les produits laitiers, les légumineuses ou encore les légumes crus.
Le Dr Lahidheb met en garde contre les conséquences de ce type d’alimentation, notamment en raison de sa richesse en graisses saturées. Une telle alimentation favorise l’augmentation du cholestérol LDL, principal facteur de maladies cardiovasculaires, comme le rappellent les recommandations de l’American Heart Association et de l’European Society of Cardiology.
Au-delà de la composition du régime, le médecin insiste sur un danger plus critique : l’incitation implicite ou explicite à abandonner les traitements médicaux. « Les patients diabétiques qui arrêtent leur traitement sans suivi médical s’exposent à des complications graves, potentiellement mortelles », souligne-t-il.
Carences et désinformation
L’exclusion de plusieurs groupes alimentaires essentiels expose également à des carences importantes, notamment en vitamines B12 et D, en calcium et en fer. Par ailleurs, certaines déclarations associées à ce régime (comme la minimisation des risques des graisses saturées ou l’évocation de possibles effets bénéfiques de la nicotine) ont suscité une vive controverse au sein de la communauté médicale.
Face à la propagation de ces contenus sur les réseaux sociaux, le cardiologue appelle à la prudence et à la vérification des sources d’information. Il met également en garde contre l’utilisation du nom du médecin décédé pour continuer à diffuser des conseils jugés non scientifiques.
Le Dr Lahidheb insiste enfin sur un principe fondamental : aucun régime alimentaire ne peut se substituer à un traitement médical validé, en particulier dans la prise en charge de maladies chroniques comme le diabète.


