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Secteur de la construction et du bâtiment : Transition obligatoire vers l’écoconstruction

  • 26 mai 2026
  • 4 min de lecture
Secteur de la construction et du bâtiment : Transition obligatoire vers l’écoconstruction

Face à l’urgence climatique et aux impératifs du développement durable, l’écoconstruction s’impose progressivement comme une nécessité plutôt qu’un choix. Réunis à l’occasion du forum Carthage green building 2026, experts, architectes et professionnels du secteur ont plaidé pour une approche plus durable et systémique du bâtiment, intégrant dimensions environnementale, économique, sociale et culturelle, tout en misant sur l’innovation et l’intelligence artificielle pour repenser les modes de construction.

La Presse —Au regard des défis climatiques auxquels s’expose la planète, le bâtiment écologique ne constitue plus une option ou un luxe, mais une obligation incontournable pour atteindre les objectifs du développement durable (ODD) auxquels la Tunisie adhère pleinement.

La problématique a été analysée sous plusieurs angles à l’occasion du forum de «Carthage green bulding 2026» qui s’est déroulé récemment au Parc des expositions du Kram à l’occasion du Salon international de la construction et du bâtiment dans sa deuxième édition, sur le thème «Construire durablement, bâtir responsablement».

Plusieurs critères entrent en jeu

Qu’il s’agisse de construction de nouveaux bâtiments ou d’adaptation d’anciens ouvrages, l’écoconstruction renferme une dimension économique, une dimension écologique, mais aussi des aspects culturels et sociaux, voire systémiques, en rupture avec la perception jusque-là prédominante dans le domaine du bâtiment.

«Actuellement, les réponses sont techniques et quantitatives», a laissé entendre l’oratrice Emna Bchir, enseignante universitaire et codirectrice de la Commission de développement durable de l’Union internationale des architectes. Toutefois, «cela ne répond pas à la durabilité de la construction», a-t-elle expliqué, mettant l’accent sur la culture comme 4e dimension qui s’ajoute aux aspects économiques, environnementaux et sociaux de la construction.

Selon l’experte, «l’action doit partir de la réalité » qui diffère d’une cité à l’autre et qui confère une « intelligence contextuelle» aux solutions écologiques sur la base de cultures et de traditions, mais mise sur l’innovation et l’intelligence pour développer des solutions durables adaptées à chaque contexte.

Deux exemples ont été cités à l’occasion de la rencontre. Le premier consistait à reconstruire toute une ville dévastée par un séisme au Maroc, moyennant des matières et des matériaux existants sur place, pour ériger de nouveaux bâtiments plus résistants aux séismes.

Le second a montré comment, au Bengladesh, des bateaux à usage classique ont été transformés en salles de classes et dispensaires flottants pour assurer un service indispensable aux habitants affectés par les inondations…

Vers une approche durable

Dans cet ordre d’idées, l’expert Mondher Khanfir a suggéré que la construction ne doit pas être perçue comme objet technique, mais comme un écosystème composé de plusieurs éléments nécessitant une gestion des flux selon une approche systémique.

Pour lui, l’écoconstruction n’est pas simplement l’installation de matériaux d’isolation pour réduire la consommation d’énergie, mais plutôt la mise en place de mécanismes selon une approche durable favorisant l’intersection de flux de plusieurs composantes.

Il a cité en exemple l’installation de plaques photovoltaïques comme investissement permettant de rendre la construction rentable au lieu d’être énergivore comme répandu actuellement.

«Le bâtiment durable est plus cher à construire, mais moins coûteux à entretenir», a-t-il ajouté. La rencontre a, par ailleurs, permis d’évoquer l’utilisation de l’intelligence artificielle dans la construction écologique. «La technologie ne produit pas une solution à la place de l’architecte, mais l’accompagne comme outil d’aide à la décision», a-t-on convenu lors des débats.

Auteur

Lassâad BEN AHMED

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