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Arnaques en ligne – quand le piège numérique se referme sur les Tunisiens : Pishings, brouteurs et faux achats…

  • 26 mai 2026
  • 6 min de lecture
Arnaques en ligne – quand le piège numérique se referme sur les Tunisiens : Pishings, brouteurs et faux achats…

Les escroqueries en ligne prennent aujourd’hui des formes de plus en plus sophistiquées en Tunisie. Derrière des messages séduisants, des offres d’emploi “faciles”, des promesses de gain rapide ou encore des appels au soutien de clubs sportifs, des milliers d’internautes se retrouvent piégés chaque année par des réseaux frauduleux qui exploitent la naïveté, la précarité sociale ou simplement le manque de vigilance.

La Presse —Depuis plusieurs mois, de nombreux Tunisiens racontent avoir été contactés via WhatsApp, Telegram ou Facebook par de prétendus recruteurs proposant des emplois à distance particulièrement lucratifs. Parfois avec des indicatifs téléphoniques en provenance de pays et destinations douteuses comme la Bulgarie ou le Nigeria…

Le scénario est souvent le même : il suffit, disent-ils, de regarder quelques vidéos, d’aimer des publications, de noter des hôtels ou de réaliser de petites tâches numériques pour gagner de l’argent rapidement. Au début, les victimes reçoivent parfois quelques dinars afin de gagner leur confiance. Mais très vite, les fraudeurs réclament des “frais d’activation”, des “dépôts de garantie” ou des “recharges” censées débloquer des revenus plus importants. Une fois l’argent transféré, les escrocs disparaissent.

Cette mécanique touche particulièrement les jeunes, les étudiants et les personnes à la recherche d’un emploi, dans un contexte économique difficile où beaucoup espèrent trouver une source de revenu complémentaire. Certains perdent quelques dizaines de dinars, d’autres plusieurs milliers, après avoir été convaincus qu’ils allaient intégrer une plateforme internationale ou une société étrangère.

Le «pishing» s’amplifie…

Parallèlement, les tentatives de piratage de comptes de réseaux sociaux se multiplient. Des internautes reçoivent des liens prétendument envoyés par Facebook, Instagram ou TikTok les invitant à “sécuriser leur compte”, “éviter une suspension” ou “récupérer une page”. En réalité, il s’agit de techniques de phishing destinées à voler les identifiants et mots de passe des victimes.

Une fois le compte récupéré, les pirates l’utilisent pour demander de l’argent aux proches, diffuser d’autres arnaques ou encore vendre les pages piratées. Qui d’entre nous n’a pas été victime d’une tentative frauduleuse par une opératrice via une ligne mobile fourbe et malhonnête qui demande à récupérer le mot de passe reçu sur tel ou tel smartphone…

Le phénomène prend parfois une tournure encore plus inquiétante lorsque des cybercriminels se font passer pour des banques, des opérateurs téléphoniques ou même des administrations. Des SMS ou des e-mails frauduleux imitant parfaitement les plateformes officielles poussent les utilisateurs à communiquer leurs coordonnées bancaires ou leurs codes confidentiels.

Avec la progression du paiement numérique et des services en ligne, ces méthodes gagnent du terrain. Et pour parler de terrain, cela touche même le football où de fausses pages sur les réseaux sociaux demandent aux fans de clubs de mettre la main à la poche, ou plutôt à la carte bancaire…

Faux «bons de soutien»

Le football et la passion sportive ne sont pas non plus épargnés. En Tunisie, plusieurs supporters ont déjà été victimes de ventes frauduleuses de “bons de soutien” virtuels, de faux maillots ou de billets inexistants pour des matchs importants. Des pages anonymes profitent de l’engouement populaire autour des grands clubs pour collecter de l’argent avant de disparaître. Dans certains cas, des escrocs usurpent même l’identité de groupes de supporters ou de structures proches des clubs afin de crédibiliser leurs opérations.

Il y a également les brouteurs qui pullulent sur le Net. Les « brouteurs » sont des cyberescrocs, principalement basés en Afrique de l’Ouest (notamment en Côte d’Ivoire et au Nigeria). Ils utilisent de fausses identités sur les réseaux sociaux et les sites de rencontre pour manipuler leurs victimes, gagner leur confiance et leur soutirer de l’argent.

Se méfier des brouteurs

Les «brouteurs», comme on les appelle dans le jargon des arnaques en ligne, sont devenus un véritable fléau sur les réseaux sociaux et les plateformes de messagerie. Derrière de faux profils séduisants, de prétendues offres d’emploi ou des promesses d’argent facile, ces escrocs manipulent leurs victimes avec patience et habileté afin de leur soutirer de l’argent.

Certains se font passer pour des investisseurs, des militaires à l’étranger, des célébrités ou encore des responsables de sociétés fictives proposant des gains rapides contre de petits versements initiaux. En Tunisie comme ailleurs, de nombreux internautes tombent dans le piège, attirés par l’espoir d’améliorer leur quotidien ou simplement abusés par la confiance instaurée au fil des échanges. Avec la montée du numérique, les autorités et les spécialistes de la cybersécurité appellent à davantage de vigilance face à ces pratiques qui exploitent la naïveté, l’isolement ou la détresse financière des victimes.

Les marketplaces et les réseaux sociaux sont également devenus un terrain fertile pour les vendeurs fantômes. Des consommateurs paient des acomptes pour des téléphones, des consoles, des vêtements ou des appareils électroménagers qui ne seront jamais livrés. D’autres reçoivent des produits sans rapport avec la commande initiale ou totalement défectueux, sans aucun moyen de recours.

Face à cette montée des arnaques numériques, les spécialistes de la cybersécurité rappellent quelques règles essentielles : ne jamais payer pour obtenir un emploi, vérifier l’identité réelle des pages et des interlocuteurs, éviter de cliquer sur des liens suspects, activer la double authentification sur les réseaux sociaux et ne jamais communiquer ses données bancaires ou ses mots de passe.

Car derrière l’écran, les fraudeurs misent avant tout sur les émotions humaines : l’espoir de gagner de l’argent rapidement, la peur de perdre un compte ou encore la passion pour un club. Et dans un monde de plus en plus connecté, la vigilance numérique devient désormais une nécessité quotidienne.

Auteur

Mohamed Salem Kechiche

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