Textile : Le Maroc ouvre une enquête antidumping
Le ministère marocain de l’Industrie et du Commerce a annoncé l’ouverture d’une enquête antidumping portant sur les importations d’étoffes à longs poils destinées à la fabrication de couvertures, en provenance de Chine et d’Egypte.
La Presse — La procédure, officialisée dans un avis public daté du 22 mai 2026, fait suite à une requête déposée par les sociétés marocaines « Mazafil » et « Cosyfil ». Les deux entreprises estiment que certaines importations sont réalisées à des prix inférieurs à leur valeur normale, exposant ainsi la production nationale à une menace de dommage important.
Le produit concerné correspond à des étoffes de bonneterie à longs poils en fibres synthétiques (100 % polyester), teintes ou imprimées, commercialisées sous forme de rouleaux de plus de 150 cm de largeur et utilisées principalement dans la fabrication de couvertures.
Des marges de dumping jugées significatives
Selon les éléments communiqués par le ministère, l’analyse préliminaire repose sur une comparaison entre les prix pratiqués sur les marchés domestiques des pays exportateurs et les prix à l’exportation vers le Maroc.
Pour la Chine, les estimations s’appuient sur des factures de ventes locales et d’exportation ajustées au stade « sortie usine ». Dans le cas de l’Égypte, la valeur normale a été reconstituée à partir des coûts de production, auxquels ont été ajoutés des frais administratifs, commerciaux ainsi qu’une marge bénéficiaire jugée raisonnable.
Les autorités marocaines considèrent que les données fournies dans la requête sont suffisamment documentées pour justifier l’ouverture d’une enquête. Elles évoquent également des marges de dumping supérieures au seuil minimal de 2 % prévu par la réglementation.
Selon le ministère marocain de l’Industrie et du Commerce, l’examen des données disponibles fait apparaître une hausse des importations en provenance de Chine et d’Égypte depuis 2022, accompagnée d’une tendance à la sous-cotation des prix par rapport aux produits locaux
Un dossier suivi de près dans la région
Bien que cette procédure concerne directement le marché marocain, le dossier pourrait retenir l’attention des industriels du textile dans plusieurs pays de la région, notamment en Tunisie, où les acteurs du secteur évoquent régulièrement les défis liés à la concurrence des produits importés à bas coût.
Le textile et l’habillement demeurent des secteurs stratégiques au Maghreb, représentant une source importante d’emplois industriels et de recettes à l’exportation, en particulier vers le marché européen.
Dans ce contexte, plusieurs pays renforcent progressivement leur recours aux instruments de défense commerciale afin de protéger certaines branches industrielles face à l’intensification de la concurrence internationale.
Cette enquête intervient quelques mois après l’imposition par le Maroc de droits antidumping définitifs sur certaines importations de PVC en provenance d’Égypte, dans le cadre d’une autre procédure de défense commerciale.
Une enquête qui pourrait déboucher sur des mesures
Conformément à la loi marocaine n°15-09 relative aux mesures de défense commerciale, l’enquête devra déterminer l’existence effective du dumping, son ampleur ainsi que son éventuel impact sur la branche de production nationale.
La procédure prévoit la collecte et la vérification d’informations auprès des exportateurs étrangers, des importateurs marocains et des producteurs locaux concernés.
À l’issue de l’enquête, les autorités marocaines pourraient décider de l’instauration de droits antidumping si les pratiques dénoncées et le préjudice allégué sont confirmés.



