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Entre la pénibilité de la migration irrégulière et l’expérience du retour volontaire : des migrants témoignent

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  • 28 mai 2026
  • 5 min de lecture
Entre la pénibilité de la migration irrégulière et l’expérience du retour volontaire : des migrants témoignent

« La plupart d’entre nous ont commencé à penser sérieusement à retourner dans leur pays après une longue attente et face à la dureté des conditions. » C’est par ces mots que Souleymane, un migrant ivoirien, a résumé son expérience de la migration irrégulière qui l’a mené en Tunisie, sur un ton où la fatigue se mêlait aux stigmates d’un long voyage éprouvant et marqué par la souffrance.

Le témoignage de Souleymane, confié à l’agence Tunis Afrique Presse (TAP) juste avant d’embarquer à bord d’un vol de retour volontaire depuis la Tunisie vers la Côte d’Ivoire le 23 mai, reflète une partie des expériences de migrants que les années d’attente en situation irrégulière ont poussés à envisager le retour dans leur pays d’origine.

Au moment des préparatifs pour quitter le camp de retour volontaire de la délégation d’El Amra (gouvernorat de Sfax) en direction de l’aéroport international de Tunis-Carthage, les sentiments des migrants oscillaient entre l’épuisement consécutif à un long périple et l’espoir du retour pour commencer une nouvelle étape dans leur pays.

L’un des migrants a souligné que « le programme tunisien a permis d’accélérer les procédures de retour, la période d’attente n’ayant pas dépassé deux semaines, contre des délais beaucoup plus longs dans d’autres parcours ». Il a ajouté que le séjour au camp se limitait aux effets personnels en attendant la finalisation des formalités de voyage.

Ce programme humanitaire, lancé à la mi-juillet 2025, s’inscrit dans le cadre d’un mécanisme de regroupement des migrants désireux de rentrer chez eux au sein du camp de retour volontaire d’El Amra. Ils y sont accueillis dans un cadre humanitaire et organisé visant à garantir un retour volontaire, sûr et digne, tout en bénéficiant de conditions d’hébergement et de transport appropriées.

Depuis son lancement, les opérations d’évacuation progressive vers la capitale se sont poursuivies jusqu’à l’aéroport de Tunis-Carthage, qui constitue le dernier point de passage avant le départ.

Le 23 mai courant, les autorités tunisiennes ont assuré le retour du plus grand groupe de migrants, comprenant 243 Ivoiriens. Ces derniers ont été transportés à bord de bus privés de Sfax à Tunis, pour un trajet terrestre de plus de 250 kilomètres, précédé d’une période de séjour au camp afin de finaliser les procédures logistiques liées au voyage.

Malgré la pénibilité du voyage et la longueur des périodes d’attente, plusieurs migrants ont exprimé leur soulagement quant au fait que ce retour s’est déroulé dans un cadre volontaire et organisé, après des années de séjour en situation irrégulière.

Un jeune Ivoirien, qui s’apprêtait à s’envoler pour Abidjan, a confié : « Les longues années d’attente m’ont poussé à reconsidérer le choix de la migration irrégulière », ajoutant : « Tout ce que je veux, c’est retrouver ma famille et reconstruire une nouvelle vie dans mon pays ».

Cette opération figure parmi les plus importantes vagues de retour volontaire qu’a connues la Tunisie. Elle intervient en réponse au souhait des migrants eux-mêmes, comme l’ont confirmé les accompagnateurs des autorités tunisiennes, qui ont souligné que le processus s’est déroulé selon une approche humanitaire basée sur l’organisation et la progressivité.

Aka Aimé a quant à lui affirmé que le moment du retour représente la fin d’une longue période de séparation avec la famille et la patrie, soulignant que le sentiment du retour est indescriptible après des années d’absence. Il a ajouté que son expérience en Tunisie a été globalement positive, qu’il y a noué de bonnes relations humaines et qu’il garde une bonne impression du pays, estimant que cette expérience restera une étape importante de son parcours personnel.

Il a également expliqué qu’il reprendrait dès son arrivée son activité dans le secteur du bâtiment, s’appuyant sur son diplôme et son expérience, et a exprimé son souhait de contribuer au développement de sa région.

De son côté, Dousso a déclaré qu’il se préparait à rentrer dans son pays, bien que son rêve initial fût de rejoindre l’Europe à la recherche de meilleures opportunités. Il s’est dit désormais plus convaincu que construire son avenir au pays est un choix réaliste, malgré les défis.

Il a confirmé avoir passé trois ans en Tunisie, au cours desquels il a vécu une expérience humaine équilibrée, dont il tirera des compétences et des connaissances qui l’accompagneront dans son futur parcours.

Enfin, plusieurs migrants ont exprimé leur gratitude envers la Tunisie, qu’ils considèrent comme un pays accueillant. Ils estiment que leur expérience, malgré les difficultés, leur a apporté un bagage humain et professionnel qui restera gravé dans leur mémoire.

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Auteur

La Presse

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