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Economie

Des faits et des chiffres

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  • 3 juin 2026
  • 6 min de lecture
Des faits et des chiffres

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Le classement 2026 du «Global Startup Ecosystem Index» de «StartupBlink» met en évidence une situation contrastée pour la Tunisie. Bien que le pays perde deux places au niveau mondial en passant de la 82è à la 84è position, cette évolution s’explique davantage par la montée en puissance d’autres écosystèmes que par un recul de ses propres performances. Sur le continent africain, la dynamique reste encourageante puisque la Tunisie progresse au sixième rang régional.

L’écosystème national bénéficie d’atouts reconnus, notamment une population de jeunes diplômés qualifiés, une expertise technologique croissante et des coûts de développement relativement compétitifs. Ces facteurs favorisent l’émergence de projets innovants dans plusieurs secteurs stratégiques tels que l’intelligence artificielle, l’exploitation des données, les sciences du vivant et les activités liées à l’économie maritime. Le soutien institutionnel constitue également un levier important grâce à des dispositifs comme le «Startup Act» et le fonds «Anava», qui facilitent l’accès au financement des entreprises en phase de démarrage.

Toutefois, les performances enregistrées dans la création de start-up ne se traduisent pas encore par l’apparition d’un nombre significatif d’entreprises capables d’atteindre une croissance internationale rapide. Le manque de «scale-ups» demeure l’une des principales faiblesses du modèle tunisien. Cette situation est accentuée par le départ de nombreux profils hautement qualifiés vers des marchés offrant de meilleures rémunérations, notamment en Europe et dans les pays du Golfe. De plus, les incertitudes économiques et réglementaires, ainsi que les contraintes liées au marché des changes réduisent l’intérêt des investisseurs étrangers. Les résultats observés montrent donc que la Tunisie dispose d’un potentiel entrepreneurial réel et d’une capacité d’innovation reconnue. Néanmoins, la consolidation de cet écosystème passera par une amélioration de l’environnement des affaires, un accès plus important aux financements de croissance et une meilleure intégration aux marchés internationaux. Sans ces évolutions, les réussites individuelles risquent de rester exceptionnelles plutôt que de contribuer à une transformation durable de l’économie nationale.

103

Les indicateurs publiés par la Banque centrale de Tunisie montrent une légère diminution des réserves en devises du pays au début du mois de juin. Au 1er juin, les avoirs extérieurs nets s’élevaient à 25,175 milliards de dinars, représentant l’équivalent de 103 jours d’importation. Par ailleurs, la Banque centrale indique que les besoins de liquidité du système bancaire continuent d’être soutenus par ses interventions, le volume total de refinancement atteignant 11,421 milliards de dinars à la même période. Concernant la circulation fiduciaire, les données les plus récentes, arrêtées au 29 mai, révèlent que la valeur des billets et pièces en circulation a atteint 29,712 milliards de dinars. Ces chiffres reflètent l’évolution des principaux agrégats monétaires et de liquidité suivis régulièrement par l’institut d’émission.

22 %

La circulation fiduciaire en Tunisie poursuit sa progression à un rythme soutenu. Cette tendance, amorcée après l’entrée en vigueur de la réforme encadrant l’utilisation des chèques en 2025, s’est intensifiée à l’approche de l’Aïd El-Kébir, période traditionnellement marquée par une forte demande de liquidités.

À la fin du mois de mai 2026, la valeur totale des billets et pièces en circulation a atteint près de 29,7 milliards de dinars, un niveau jamais enregistré auparavant. Depuis le début de l’année, cet agrégat monétaire a augmenté de plus de 10 %, tandis que sa progression sur douze mois dépasse 22 %.

Cette évolution traduit un recours accru aux paiements en espèces par les ménages et les entreprises, dans un contexte où l’utilisation du chèque a fortement diminué. Les dépenses saisonnières liées aux préparatifs de l’Aïd ont également contribué à renforcer les besoins en numéraire, accentuant ainsi la pression sur la demande de liquidités au sein de l’économie.

49,2%

Les exportations tunisiennes d’huile d’olive ont enregistré une progression remarquable durant les six premiers mois de la campagne 2025-2026. Les recettes générées ont atteint près de 3,64 milliards de dinars, contre 2,44 milliards de dinars à la même période de la campagne précédente, soit une augmentation de près de 50 %.

Selon les données de l’Observatoire national de l’agriculture, cette performance s’explique principalement par la forte hausse des volumes exportés. Les quantités écoulées sur les marchés internationaux ont dépassé 295 mille tonnes, contre environ 180 mille tonnes un an auparavant, ce qui représente une progression de près de 64 %. Cette évolution a permis de compenser le recul du prix moyen à l’exportation, qui s’est établi à 12,67 dinars le kilogramme, en baisse de 8 % sur un an.

L’analyse de la structure des exportations révèle que l’huile conditionnée demeure minoritaire, avec seulement 12,5 % des volumes commercialisés à l’étranger, tandis que l’huile exportée en vrac représente près de 88 % des ventes.

Par ailleurs, l’huile d’olive extra vierge continue de dominer largement les exportations tunisiennes, avec une part dépassant 83 % du volume total.

Sur le plan géographique, les pays européens restent les principaux débouchés de l’huile d’olive tunisienne, absorbant plus de la moitié des exportations. L’Amérique du Nord occupe la deuxième position, devant l’Asie et l’Afrique. Au niveau des marchés individuels, l’Espagne demeure le premier client de la Tunisie, suivie de l’Italie et des États-Unis.

Le segment biologique poursuit également sa croissance. Les exportations d’huile d’olive biologique ont atteint près de 38 mille tonnes au cours de la période considérée, générant des revenus avoisinant 498 millions de dinars. Ces résultats confirment le rôle stratégique de la filière oléicole dans les recettes d’exportation du pays et son importance croissante sur les marchés internationaux.

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Auteur

Saoussen BOULEKBACHE

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