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Le plus grand champ gazier tunisien arrive-t-il à bout de souffle ?

  • 7 juin 2026
  • 3 min de lecture
Le plus grand champ gazier tunisien arrive-t-il à bout de souffle ?

Le champ gazier offshore de Miskar constitue aujourd’hui la plus importante source de gaz naturel en Tunisie. Il assure environ 12 % de la consommation nationale, dans un pays qui reste fortement dépendant des importations, notamment en provenance de l’Algérie, pour couvrir une demande énergétique en constante augmentation.

Situé au large du golfe de Gabès, en Méditerranée, ce gisement en eaux peu profondes représente depuis plusieurs décennies un élément central du système énergétique tunisien. Son exploitation est désormais assurée par l’Entreprise tunisienne des activités pétrolières (ETAP), après la fin de la concession étrangère en 2022.

Des réserves importantes mais largement exploitées

Découvert en 1975 par la compagnie française TotalEnergies, le gisement de Miskar est resté inactif pendant plus de vingt ans avant d’entrer en production en 1996, à la suite de son développement par BG Group, devenue par la suite Shell.

Le champ a atteint son pic de production au début des années 2000, avant d’amorcer une baisse progressive liée à l’épuisement naturel de ses réserves et à des investissements jugés insuffisants au fil du temps.

Les estimations issues des données du secteur énergétique évaluent les réserves initiales récupérables à environ 1,5 trillion de pieds cubes de gaz. Une grande partie de ces ressources a déjà été exploitée, avec un taux d’extraction dépassant les 85 %.

La production est assurée par plusieurs installations offshore, reliées à la côte tunisienne par un gazoduc d’environ 120 kilomètres, alimentant une unité de traitement située à Hannibal.

Retour à l’État et nouvelle gestion nationale

En 2022, la Tunisie a repris le contrôle intégral du champ après l’expiration de la concession accordée à Shell, non renouvelée par les autorités. Le site, couvrant une superficie d’environ 352 km², a alors été confié à l’ETAP pour une nouvelle période d’exploitation à long terme.

Cette transition marque un tournant dans la gestion du gisement, auparavant exploité sous un modèle de concession étrangère de plusieurs décennies.

La production gazière tunisienne a connu un repli notable en 2025, avec une baisse estimée à plus de 12 % sur un an. Cette diminution reflète un déséquilibre croissant entre une production nationale en déclin et une consommation énergétique en hausse, fortement tirée par le secteur électrique.

La Tunisie demeure ainsi largement dépendante du gaz naturel, qui représente plus de 95 % du mix de production d’électricité.

Dans ce contexte, les importations de gaz algérien ont augmenté en 2026, renforçant le rôle stratégique de l’approvisionnement extérieur pour sécuriser la demande intérieure.

Le cas du champ de Miskar illustre les défis structurels du secteur énergétique tunisien : vieillissement des gisements, baisse de production locale et dépendance croissante aux importations. Autant d’éléments qui placent la question du gaz au centre des enjeux économiques et stratégiques du pays.

Auteur

R. I

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