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Cuisant revers contre la Suede (5-1) au premier match du groupe F : La faillite de tout un système !

  • 16 juin 2026
  • 6 min de lecture
Cuisant revers contre la Suede (5-1) au premier match du groupe F : La faillite de tout un système !

De Houcine Jenayeh, vrai patron de la FTF, à Zyed Jaziri en passant par Lamouchi et ses joueurs, sans oublier les clubs et les coulisses de notre football, ce qui s’est passé va au-delà d’une lourde défaite.

La Presse — Dans toute correction en Coupe du monde, il y a une énorme déception. Un sentiment de « déshonneur » et de honte parce que le monde entier regarde la coupe du monde. Ce 5-1 contre la Suède nous rappelle le même score au Mondial russe face à la Belgique sous la conduite du fameux Nabil Maâloul.

Ce n’est pas nouveau, l’idée que les joueurs tunisiens « adorent » rater leur entrée au Mondial n’est pas un scoop. A part Qatar 2022, et, bien sûr, le Mexique 1978, l’équipe de Tunisie a souvent raté son premier match au Mondial pour diverses raisons. Cette fois, on veut porter le chapeau à Chamekh, Skhiri et Gharbi et, bien sûr, à Sabri Lamouchi, qui assument une bonne responsabilité dans cette mascarade.

Mais soyons plus honnêtes, soyons plus sobres et évitons l’émotivité inutile et les sentiments enflammés, si l’on veut comprendre pourquoi les choses se sont passées ainsi. Notre football a été spolié face à la Suède, pourtant, une équipe pas effrayante avec seulement deux attaquants de haut niveau, Izak et Gyokers.

Aucune personnalité et encore une fois cette distraction défensive qu’on a vue face à la Belgique en amical. C’est à l’image de notre sélectionneur, de nos joueurs et aussi de ceux qui dirigent le football et la sélection. L’ambiance n’est pas saine au sein de l’équipe, on l’a dit, et ce n’est pas la propagande qu’on essaye de vendre via la page officielle de l’équipe nationale qui va nous contredire.

L’ambiance est tendue, les rapports entre les joueurs ne sont pas amicaux comme souvent avec des clans qui disparaissent et d’autres qui naissent. Quand on voit un Hannibal Mejbri hurler contre son capitaine Skhiri en première mi-temps pour une mauvaise passe, on comprend tout. Ce Hannibal Mejbri, toujours nerveux et qui se comporte comme un gosse sur le terrain, incarne bien l’image d’un joueur surdimensionné et qui nous donne l’impression d’être le seul qui joue sans calcul.

Il se permet tout, il s’excite vite, il rentre dans des escarmouches avec l’arbitre, l’adversaire, et comme à la CAN, il aime jouer le héros parce que tout simplement, il n’y a pas de règles dans l’équipe nationale. Les joueurs passent et les fléaux de clientélisme et du « donnant-donnant » sont toujours là.

On n’a pas de grands joueurs       

Regardez les cinq buts, et vous comprendrez que les têtes des défenseurs étaient ailleurs. A partir de Chamekh, très lourd et accablé par les 5 buts encaissés face à la Belgique, et qui n’a pas encore l’étoffe et le vécu de défendre les bois d’une sélection ( beaucoup de travail encore à accomplir), et en passant par un Talbi quelconque et perdu dans les duels (deuxième et premier but), un Rekik jamais décisif en défense, et un Ben Hmida moyen et sans impact.

Abdi et Valéry, dans ce 5-4-1 n’avaient pas été à l’aise, non plus. Et avec ce casting brouillon de Lamouchi qui a changé ses idées et expérimenté un nouveau plan, à l’instar de Ben Slimane comme ailier droit ou Sâad en pointe de l’attaque, on ne pouvait pas avancer et espérer grand-chose. Franchement, on n’a pas de grands joueurs, notre entraîneur national est passé à côté du sujet malgré sa fermeté et son audace à évincer des joueurs finis, mais c’est encore plus complexe que cela.

Qui a accepté de retenir un Khdhira qui a snobé la sélection au passé et dont la présence gêne dans les vestiaires ? Qui a permis à des joueurs internationaux de négocier avec un club tunisien via un dirigeant du staff ? Qui a institué ce régime de quota dans la liste des 26 pour que les clubs touchent les primes de la Fifa ? Qui a désigné Zyed Jaziri et Khelil Chemmam, deux ex-joueurs qui n’ont aucune compétence pour diriger une équipe nationale et choisir les meilleurs ?

Et qui regarde depuis des années la décadence des clubs, du championnat, des sélections des jeunes, et les magouilles en championnat et dans l’arbitrage sans broncher ? Aujourd’hui, l’équipe nationale est la vitrine du football tunisien, et ce n’est pas parce que l’ossature de l’équipe est dominée par les binationaux et les expatriés que l’on a un environnement professionnel et sain. Loin de là. Aujourd’hui, la sélection et la FTF sont régies de la même manière suspecte du passé.

Et l’on est arrivé à ce point triste et pitoyable parce qu’une personne comme Houcine Jenayeh est, malheureusement, celui qui souffle le chaud et le froid. Sa présence même en tant que décideur puissant et homme clef d’un système pernicieux hérité, derrière un président de FTF docile et simple vitrine (avec tout le respect que l’on doit à Moez Nasri), dit tout. Houcine Jenayeh, un garçon parachuté sur l’Etoile et aujourd’hui sur la FTF, qui a affirmé son départ après le Mondial 2022 et la crise aiguë de la FTF, a eu le culot de revenir par la fenêtre pour récupérer la machine de Wadi El Jarry, et devenir le maître des lieux. Personne ne lui dit rien, avec des membres fédéraux relégués à un rôle d’exécutants et même comparses.

Le résultat, on l’a vu. Le dégoût, on l’a senti. Une faillite totale, collective qui nécessite de regarder la vérité avec courage : notre football va mal, très mal. Notre équipe nationale est malade depuis des années. Depuis que les agents des joueurs qui manœuvrent dans les coulisses  se sont emparés du pouvoir.

Et depuis qu’on rappelle n’importe qui parce qu’il joue à l’étranger sans qu’on soit sûr de son apport et de sa motivation. Les gens regrettent Sami Trabelsi et Jalel Kadri, mais oublient qu’ils les ont fustigés. Eux aussi n’étaient pas maîtres de leurs décisions, ce fut et c’est encore un système complexe verrouillé qui règne. Sabri Lamouchi n’est qu’un détail, les joueurs aussi. Le mal est endémique depuis très longtemps.

On ne fait qu’ administrer des palliatifs, pas plus. Et de mentir et imaginer qu’on a de grands joueurs et un prestigieux football, tout en vivant dans les fausses sagas du passé. L’équipe nationale a besoin d’un traitement de choc, et le football tunisien également, quels que soient les deux prochains résultats en Coupe du monde !

Auteur

Rafik EL HERGUEM

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