Création de l’Alliance africaine pour les droits de l’enfant regroupant plus de 12 pays
Le président de l’association tunisienne de défense des droits de l’enfant et président de l’association voix de l’enfant en Tunisie Moez Cherif, a annoncé mardi, la création de l’alliance africaine pour les droits de l’enfant, en tant qu’initiative continentale visant à renforcer les relations de coopération entre les organisations de la société civile et les états pour promouvoir les conditions de l’enfant à travers tous les pays du continent africain.
Cherif a souligné à l’ouverture du forum de l’alliance africaine pour les droits de l’enfant à Tunis, organisé à l’occasion de la Journée de l’enfant africain qui coïncide avec le 16 juin de chaque année, que cette initiative regroupe plus de 12 pays africains et plus de 300 associations couvrant les pays du continent africain.
Il a précisé que la création de cette alliance qui a nécessité trois ans de travail, ne regroupe pas uniquement les associations de la société civile œuvrant pour les droits de l’enfant, mais aussi les associations médicales et le secteur privé afin de fournir les compétences nécessaires à l’amélioration des conditions de prise en charge sanitaire des enfants en Afrique.
Il a relevé que cette alliance oeuvre à favoriser l’échange des expériences et à renforcer les capacités de la société civile en Afrique en matière de défense des droits de l’enfant, appelant les entreprises tunisiennes à s’engager davantage sur les marchés africains à travers une approche alliant investissement et responsabilité sociale.
Cherif a signalé que la protection des droits de l’enfant doit être un élément essentiel de tout partenariat économique ou projet de développement sur le continent, surtout que « la situation des enfants en Afrique est encore préoccupante », ajoutant que des millions d’enfants africains souffrent de la pauvreté, de l’exclusion et de l’exploitation, en raison des politiques coloniales et de l’épuisement des ressources du peuple africains.
Il a affirmé que plus de 50 pc de la population africaine a moins de 14 ans et que d’ici 2055, les enfants vivant sur le continent africain représenteront la majorité des enfants dans le monde, avec un nombre pouvant atteindre un milliard d’enfants en Afrique.
« Cette situation nécessite une intervention urgente pour protéger les droits de ces enfants considérés comme une force économique importante » a-t-il ajouté.
Il a indiqué que les enfants, dans la plupart des pays africains n’ont pas accès aux droits les plus élémentaires tels que l’éducation et le droit au loisir, et un grand nombre d’entre eux subissent des violations, telles que l’exploitation économique, le mariage précoce pour les filles et la mutilation génitale.
D’autre part, Cherif a souligné que la Tunisie est pionnière en matière de droits de l’enfant et peut partager son expérience positive dans ce domaine, notant que la majorité des enfants tunisiens bénéficient de leurs droits, malgré certaines défaillances, qui demeurent limitées par rapport à la situation des enfants dans plusieurs pays africains marginalisés.
Par ailleurs, la directrice du Bureau du fonds des nations unies pour la population en Tunisie, Rim Fayala, a précisé que ce forum met en lumière les violations qui menacent les droits de l’enfant dont notamment le mariage précoce ou le mariage des mineurs, ainsi que la mutilation génitale des filles, en plus des difficultés liées à l’accès à l’eau potable.
Concernant les questions de mutilation génitale féminine et de mariage précoce, les données internationales ont démontré qu’environ 230 millions de filles de moins de 18 ans dans le monde ont subi des mutilations génitales, connues sous le nom d’excision.
Selon ces données, une fille de moins de 18 ans se marie toutes les trois secondes dans le monde, ce qui entraîne des conséquences sanitaires et sociales graves, dont notamment les grossesses précoces à risque élevé, contribuant à l’augmentation des taux de mortalité maternelle.
La question de la mutilation génitale entraîne également des complications physiques et psychologiques et contribue au décrochage scolaire.
En ce qui concerne la Tunisie, Fayala a affirmé que la question de la mutilation génitale féminine n’est pas d’actualité, tandis que le mariage précoce reste un phénomène limité et peu répandu.
Elle a appelé l’Etat, la société civile, les médias et le pouvoir législatif à unir les efforts de sensibilisation en vue de promouvoir les droits des filles.



