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Sport

L’équipe nationale encore secouée par le revers face à la Suède : Soit on gagne, soit on apprend

  • 17 juin 2026
  • 6 min de lecture
L’équipe nationale encore secouée par le revers face à la Suède : Soit on gagne, soit on apprend
crédit photo : ©Mokhtar HMIMA

La Presse — À qui mieux mieux, les réseaux sociaux ont largement ouvert leurs sites aux Tunisiens de tout bord pour s’épancher après ce 5 à 1 concédé à la Suède. Comme si c’était la fin du monde. Combien de fois le grand Brésil ou d’autres nations du football ont-ils encaissé un score fleuve? Nous en rappellerons quelques-uns : Brésil-Allemagne7à1le8juillet 2014,

Uruguay-Brésil 6 à 0 le 18 septembre 1920, Hongrie- Salvador 10 à 1 en 1954 Allemagne-Arabie Saoudite8à 0en2002et Autriche-Suisse en 1954. Ces grandes nations du football ont encaissé, se sont rattrapées et continuent à dominer. Passons à l’équipe nationale. Entre 1957 et 1959, l’équipe du FLN nous a infligé maintes fois des scores-fleuves : 1er mai 1958 Tunisie- équipe FLN 2 à 9, 3 mai 1958 Tunisie-équipe FLN 1 à 5, 11 mai 1958 Tunisie-équipe FLN 1 à 6 et 3 octobre 1959 Tunisie- équipe FLN 0 à 7.

Nous pourrions remonter davantage le cours du temps et trouver ces scores mémorables. A quoi serviraient-ils?

A l’époque, ils ont servi de détonateur pour faire des progrès en améliorant la formation des jeunes en lançant de vastes programmes de prospection et en mettant en place des écoles de football qui ont donné l’équipe de 1978, en faisant appel à des techniciens formateurs et chevronnés. Et nous avons progressé.

Attaquer les vrais problèmes

Au lendemain de cette lourde défaite face à la Suède, certes restée en travers de la gorge de la plupart d’entre nous, nous devrions aller au-devant des vrais problèmes qui se posent et non tomber à bras raccourcis sur le sélectionneur. Cela ne servirait à rien d’autre qu’à détourner le fond du problème et ferait oublier les véritables coupables de cette déroute. Ceux qui s’accrochent à leurs postes et seraient disposés à marcher sur le ventre de leur mère, rien que pour rester membre fédéral. A vie, avec la bénédiction des lois en vigueur, qui bloquent tout renouvellement du personnel d’encadrement administratif. Et c’est la raison pour laquelle bien des jeunes issus des nouvelles générations s’épanchent sur les réseaux sociaux avec tout le danger que cela représente pour le pays. Ce n’est plus que clubs et régions, notre joueur et le vôtre. Le sport tunisien donne l’impression de se diluer dans cette lutte d’influence dévastatrice.

On doit, bien sûr, demander des comptes à Sabri Lamouchi qui vient d’être limogé et à ceux qui l’ont désigné et encadré. Parce qu’on est loin des temps chevaleresques, qui imposaient le devoir moral, en cas d’échec d’un entraîneur ou de ceux qui l’ont recruté, de présenter spontanément leur démission. Ni plus ni moins.

Pour ceux qui ont échoué, Lamouchi est le fusible rêvé pour gagner du temps et faire oublier cette déconvenue et non une honte.

Il n’y pas de honte après une défaite. La défaite est une composante essentielle de l’apprentissage et de la progression. Comme le disait Nelson Mandela : « Je ne perds jamais. Soit je gagne, soit j’apprends ». Cette défaite vaut un ippon en judo ou une projection sur le dos, le tombé, le « suplex » en lutte, qui signe une défaite. Lamouchi est remercié, il pourra vivre largement avec l’indemnité de remerciement, en attendant des jours meilleurs.

La honte est à l’ordre du jour si l’on faillit à son devoir, en oubliant qu’il faut de battre par tous les moyens pour rechercher la victoire.

Mais a-t on oublié que le directeur sportif Zyed Jaziri l’a annoncé en le qualifiant de l’homme de la situation ? Qui l’a obligé à assurer cette estimation qui a dérouté bien des observateurs ?

On avait donné des « directives » pour que l’entraîneur soit tunisien, a-t-on soutenu. Pourquoi pas, alors que des entraî-neurs tunisiens de qualité dominent la «Botola», que d’autres se permettent de remporter un titre national algérien ou marocain, ou continental, que d’autres enfin, sont parties prenantes, dans bien des compétitions de très bon niveau au Golfe, en Irak, au Liban, en Libye, n’a-t-on pas opté pour un pur produit du pays ?

On a trouvé la formule du Tunisien d’origine et après un certain nombre d’hésitations, on s’y est fait. Lamouchi demeure qu’on le veuille ou non un tunisien d’origine.

Il est venu plein de bonne volonté, décidé à « assainir » la situation et servir. Au fil des jours, le système en place l’a vidé de toute cette bonne volonté. Un coup d’œil sur la liste des joueurs invités en dit long sur sa rigoureuse prise en main.

Il est allé trop vite en dégarnissant une formation qui tenait la route, en dépit de tous les défauts qu’on lui reprochait. Il aretenudesjoueursà bout de souffle ou physiquement mal en point. Il a éliminé les joueurs-repères qui faisaient tourner l’équipe. La preuve, ses derniers changements effectués avec l’énergie du désespoir. Il a fait le vide et s’est retrouvé à court d’arguments.

Comment dans ce football moderne où tout le monde attaque et tout le monde défend et alors qu’il n’y a plus de «postes», mais des éléments qui s’adaptent en fonction de leur position sur le terrain, peut-on jouer avec une défense aussi fébrile, qui ne sait pas anticiper en lisant le jeu de l’adversaire, avec des latéraux absents, physiquement et psychiquement, un milieu mal inspiré et des joueurs qui n’ont que quelques semaines de vie et de travail collectif?

Ce Mondial, quels que soient les prochains résultats, a été mal préparé. Les joueurs retenus, grisés sans doute par cette sacrée rencontre livrée à l’Autriche, se sont sentis propulsés sur une autre planète. Alors qu’ils ont encore bien du chemin à faire.

Auteur

Kamel GHATTAS

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